L'hiver n'est pas encore terminé ¶
Suite à une situation de barrage météorologique au nord, jusqu'à un mètre de neige fraîche y est tombé. Un fort danger d'avalanche (degré 4) a été prognostiqué. L'activité avalancheuse est cependant restée en deçà des attentes.
Rétrospective de la période écoulée depuis le dernier AvaBlog ¶
Depuis le dernier AvaBlog, il y a près de deux semaines, le temps en montagne a souvent été ensoleillé, interrompu par des épisodes neigeux brefs mais parfois intenses. Il convient de mentionner les chutes de neige du dimanche 22 mars, au cours desquelles 15 à 30 cm de neige sont tombés sur une grande partie du Valais et du sud. En Valais, quelques avalanches ont alors été déclenchées par des personnes dans les couches proches de la surface.
Dans les Grisons, des bruits sourds accompagnaient encore régulièrement les personnes à la trace au cours de cette phase. Dans la neige ancienne proche du sol, les avalanches n'ont plus été déclenchées que localement (photo 1). Les déclenchements étaient un peu plus fréquents dans les couches fragiles proches de la surface (photo 2). Le coupable était souvent un givre de surface enneigé (cf. blog de la semaine dernière). Globalement, les déclenchements d'avalanches étaient plutôt rares, raison pour laquelle le danger d'avalanche a été ramené au degré limité (degré 2) pour le mercredi 25 mars.
Situation de barrage du nord avec beaucoup de neige fraîche ¶
Le mercredi 25 mars, un front froid a traversé la Suisse en cours de journée depuis le nord-ouest. L'isotherme zéro degré est descendu en quelques heures d'environ 2400 m à 500 m (illustration 3). Le front froid était accompagné d'un vent d'ouest fort à tempétueux et de précipitations. Par la suite, le vent s'est orienté au nord et une situation de barrage météorologique du nord importante s'est installée jusqu'au vendredi 27 mars.
De mercredi après-midi à vendredi après-midi, il a neigé abondamment dans le nord jusqu'à basse altitude, accompagné d'un vent du nord fort à tempétueux. Dans le sud, le temps est resté généralement sec et assez ensoleillé pendant la journée. Là aussi, le vent du nord soufflait fort à tempétueux.
Sur la crête nord des Alpes, environ un mètre de neige fraîche est tombé en altitude entre le mercredi après-midi et le vendredi après-midi sur une grande partie du territoire (figure 4). L'apport de neige était plus faible dans certaines parties de l'ouest du versant nord des Alpes, dans le sud du Bas-Valais et dans le nord des Grisons, avec environ 30 à 50 cm. Dans le sud du Haut-Valais, dans le Tessin et en Engadine au sud de l'Inn, seuls quelques centimètres de neige fraîche sont tombés. Dans ces régions, les valeurs plus élevées de neige fraîche aux stations automatiques sont souvent dues à un transport intensif de neige par le vent fort du nord. D'une manière générale, il est à chaque fois assez difficile de déterminer les quantités effectives de précipitations durant les phases où le vent est fort, car la neige fraîche se dépose localement de manière très différente.
Un regard critique sur l'activité avalancheuse et le danger d'avalanche prévu ¶
Avec les chutes de neige intensives, le danger d'avalanche a augmenté de manière significative. Dès la nuit du mercredi au jeudi 26 mars, un fort danger d'avalanche (degré 4) a été signalé sur une grande partie de la crête nord des Alpes et dans le nord du Prättigau. Sur la crête nord des Alpes, cet avertissement était surtout dû aux grandes quantités de neige fraîche. Dans le nord des Grisons, c'est la combinaison de couches fragiles marquées dans la neige ancienne proche de la surface et d'environ un demi-mètre de neige fraîche qui a conduit les prévisionnistes à cette évaluation. Dans le nord des Grisons, la quantité de neige fraîche était plutôt inférieure aux attentes jusqu'au jeudi matin. Le danger prévu a alors été rétrogradé au niveau marqué (degré 3).
Le nombre de retours d'informations sur les avalanches qui se sont produites pendant les chutes de neige du jeudi ou du vendredi était assez faible. Il est possible que de nombreuses ruptures d'avalanches aient été rapidement recouvertes de neige fraîche ou soufflée, ou encore érodées par le vent, de sorte qu'elles n'étaient plus reconnaissables le samedi 28 mars lorsque la visibilité s'est améliorée. Au moment de la clôture de la rédaction, le service des avalanches n'a eu connaissance que de très rares avalanches qui sont descendues jusque dans les vallées.
Il n'est pas possible de déterminer avec certitude si le degré de danger 4 (fort) a été atteint pendant les chutes de neige, en raison des fissures d'avalanche éventuellement recouvertes de neige. Pour la journée du vendredi 27 mars, le danger était probablement surestimé, car ces avalanches auraient dû être encore visibles le samedi.
Accidents ¶
Au cours de la période examinée par le rapport hebdomadaire, quelques avalanches ont été déclenchées par des personnes ; la plupart d'entre elles le samedi (p. ex. photo 5). Jusqu'à la clôture de la rédaction, 8 personnes touchées par des avalanches ont été signalées au SLF.