AvaBlog 14 - 15 mars 2026

Court et intense: 1 m de neige fraîche et fort danger d'avalanche dans le sud

En deux jours, il a neigé un mètre sur la crête principale des Alpes dans le Haut-Valais et dans l'ouest du Tessin. Ce n'est pas seulement là que le danger d'avalanche est passé au degré 4 (fort), cela a aussi été le cas en direction de l'Engadine. Là-bas, il est certes tombé moins de neige, mais sur un manteau de neige ancienne encore fragile.

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Avalanche de plaque de neige au Piz Corvatsch (Silvaplana, GR). Le type de déclenchement est inconnu (photo : A. Wünsch, 15.03.2026).
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Au Tessin, de grandes quantités de neige fraîche sont tombées au cours du week-end. Ici, à 1200 m dans le Val Pontrione (Biasca), on a mesuré 65 cm de neige en une journée. (Photo : F. Vanza, 15.03.2026)
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Il a également bien neigé dans le Haut-Valais. Rosswald (Termen, VS) a reçu une couche de peinture hivernale très particulière. (Photo : A. Agrusti, 15.03.2026)
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La neige fraîche a été transportée par un vent modéré à fort. Au Crap da Radons (Surses, GR), cela s'est traduit par un champ de dunes étendu... (Photo : B. Rieser, 15.03.2026)
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... et quelques mètres plus loin, des avalanches se sont déclenchées en terrain accidenté dès les petites transitions de terrain avec une pente légèrement supérieure à 30°. (Photo : B. Rieser, 15.03.2026)
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Les accumulations de neige soufflée ne se sont pas déclenchées partout. Au-dessus d'Ovronnaz (Leytron, VS), le vent avait manifestement déplacé une partie de la neige, mais le manteau neigeux est néanmoins resté stable lors du passage des skieurs. Il est toutefois difficile de prédire si l'on déclenchera ou non quelque chose sur de telles pentes en terrain raide. (Photo : A. Melly, 15.03.2026)
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Le vent était également à l'œuvre en Suisse centrale. Au Ruchen et au Windgällen (3100 m, Unterschächen, UR), on pouvait voir de grands panaches de neige avec le vent du sud. (Photo : A. Furrer, 15.03.2026)
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Dans le nord des Grisons, l'apport de neige était nettement moins important que plus au sud, avec 20 à 40 cm ; mais des avalanches de plaque de neige d'une superficie étonnante pouvaient tout de même être déclenchées - même à distance - comme ici sur les pentes nord du Sentischhora (Davos, GR). La couche fragile était probablement le givre de surface enneigé. (Photo : S. Johnston, 15.03.2026)
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Des phénomènes similaires ont été observés dans l'ouest du Valais. Lors de ce déclenchement à distance au Bec Rond (Liddes, VS), c'est probablement à nouveau le givre de surface enneigé qui constituait la couche fragile. (Photo : X. Fournier, 15.03.2026)
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Sur la pente ouest du Chüealphora (3077 m, Davos, GR), la surcharge de neige fraîche et de neige soufflée a déclenché une très grande avalanche dans la neige ancienne, avec une grande hauteur de rupture (photo : N Gianelli, 15.03.2026).

Ce qui s'est passé jusqu'à présent

A un moment donné, même dans les régions intra-alpines des Grisons, il y avait moins d'endroits où des avalanches pouvaient se déclencher dans la neige ancienne fragile. C'est la raison pour laquelle, le dimanche 7 mars, il n'a plus fallu mettre en garde contre un danger marqué d'avalanche (degré 3) nul part dans les Alpes suisses, et ce pour la première fois depuis le 8 janvier, c'est-à-dire depuis près de deux mois. Avec la diminution au degré 2, le problème de la neige ancienne n'a bien entendu pas disparu. Quelques avalanches dans la neige ancienne se sont encore déclenchées (photo 1).

Au nord et à l'ouest, en revanche, les conditions sont devenues majoritairement favorables. Cependant, un important givre de surface s'est formé sur les pentes raides à l'ombre, là où presque aucun rayon de soleil ne parvenait (figure 2).

Entre le jeudi 12 et le vendredi 13 mars, de 10 à 20 cm de neige sont tombés dans le nord et, sous l'influence d'un vent modéré de secteur sud-ouest, de petites accumulations de neige soufflée se sont généralement formées. Là où elles se sont déposées sur le givre de surface, elles se sont avérées particulièrement fragiles (photo 3).
 

Météo

Dans la nuit du vendredi au samedi 14 mars, de faibles précipitations ont d'abord touché le sud, puis elles se sont intensifiées et se sont étendues vers le nord. Jusqu'à la fin des précipitations dimanche, de 90 à 120 cm de neige sont tombés sur la crête principale des Alpes dans le Haut-Valais et dans l'ouest du Tessin, principalement entre samedi et dimanche matin (figures 4 à 6). Les chutes de neige étaient accompagnées d'un vent souvent modéré à fort, d'abord de secteur sud, puis de secteur nord (figure 7).

Manteau neigeux et avalanches

Les chutes de neige étaient très intenses et il fallait s'attendre à trois types de couches fragiles dans le manteau neigeux (figure 8) :

- Couches fragiles à l'intérieur de la neige fraîche et de la neige soufflée. Celles-ci peuvent être très fragiles (en rouge, tout en haut à droite de la figure 8) et largement répandues. Mais elles se stabilisent généralement en peu de temps, souvent en l'espace d'un ou deux jours (passage au vert).

- Givre de surface, une couche fragile proéminente de longue durée. Celui-ci était localement présent de manière limitée, sur des versants nord plutôt abrités du vent (figure 2). Sur la figure 8, on le voit à l'extrême gauche sur 130 cm (en rouge sur la figure 8 à gauche), puis il a été détruit juste avant l'enneigement.

- Des couches fragiles importantes constituées de cristaux ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux (bleu clair sur la photo 8 à gauche) ou même de gobelets (bleu foncé) sont profondément enfouies dans le manteau neigeux. Avant les chutes de neige, elles ne pouvaient pratiquement pas se rompre (en vert sur la photo 8 à droite). Avec la surcharge due à l'abondance de neige fraîche, il était cependant envisageable qu'elles soient temporairement réactivés, du moins en altitude (rouge).
 

Pour le dimanche 15 mars, un fort danger d'avalanche (degré 4) a été annoncé de Zermatt à la Haute-Engadine en passant par le Tessin. En effet, de nombreuses avalanches se sont déclenchées spontanément pendant les chutes de neige dans la nuit de samedi à dimanche. Entre l'obscurité, les chutes de neige et le brouillard, personne n'a pu les voir. C'est là l'avantage des systèmes de détection basés sur des radars: ils détectent les avalanches en tout temps pour surveiller les infrastructures critiques (figure 9).

Sur la crête principale des Alpes dans le Haut-Valais, le degré de danger 4 (fort) est confirmé avec des départs spontanés d'avalanches de grande et localement de très grande ampleur. Ces avalanches se sont produites dans les couloirs habituels, parfois jusque dans le fond des vallées en altitude. En revanche, il n'y avait pratiquement pas d'avalanches signalées dans le Tessin avant la clôture de la rédaction. Cela indique qu'aucune avalanche n'a atteint une taille suffisante pour se propager jusque dans les vallées. Mais des dizaines d'avalanches enregistrées par deux radars dans le Val Blenio ont montré que des avalanches se sont bel et bien produites pendant les chutes de neige. Les données disponibles étaient toutefois encore insuffisantes pour vérifier le degré de danger.

Même après les chutes de neige, de nombreuses avalanches se sont encore déclenchées spontanément dans certaines régions le dimanche 15 mars (vidéos 1 et 2). Dans la plupart des cas, la cause pourrait être le vent du sud qui s'est levé et qui a intensivement transporté la neige encore meuble. Ce n'est pas pour rien que le vent est considéré comme l'architecte des avalanches.
 

Accidents d'avalanche

Après qu'une personne ait été emportée dans une avalanche dès le vendredi 13 mars, 20 déclenchements par des personnes se sont ajoutés au cours du week-end des 14 et 15 mars, au cours desquels 10 personnes ont été emportées dans 4 avalanches. Heureusement, selon l'état actuel des connaissances, personne n'a été blessé.

Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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