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Subdivision des degrés de danger dans le bulletin d'avalanches

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28.11.2022  |  Martin Heggli  |  News SLF

 

À partir de cet hiver, le SLF subdivise les degrés de danger dans le bulletin d’avalanches. Cette nouvelle mention indique si le danger se situe plutôt en partie basse, au milieu ou en partie haute du degré de danger. Les utilisatrices et utilisateurs bénéficient ainsi d’une information supplémentaire pour l’évaluation du risque.

 
 

Quoi de neuf? À partir de cet hiver, le SLF subdivise les degrés de danger du bulletin d’avalanches en ajoutant des niveaux intermédiaires. Les cinq degrés de danger actuels, qui décrivent le danger d’avalanches sur une échelle allant de « faible » (niveau 1) à « très fort » (niveau 5), restent inchangés. Ils sont désormais complétés par une indication précisant si le danger se situe plutôt en partie basse (-), plutôt au milieu (=) ou plutôt en partie haute (+) du degré de danger, ce qui correspond mieux à l’évolution continue du danger d’avalanches. Cette indication supplémentaire s’applique à partir du degré 2 et exclusivement pour les avalanches de neige sèche. Jusqu’à présent, cette information était déjà implicitement contenue dans la description des dangers ; elle est désormais explicite. L’interprétation du bulletin d’avalanches est ainsi simplifiée.

Pourquoi ce changement? Depuis des années, le SLF est régulièrement sollicité pour indiquer plus précisément le danger d’avalanches. Le degré 3, en particulier, représente une plage très large pour les personnes pratiquant des sports de neige. Les prévisionnistes d’avalanches ressentent eux aussi depuis longtemps le besoin de pouvoir indiquer le danger avec plus de précision. L’introduction des niveaux intermédiaires permet désormais de répondre à ces souhaits.

Pourquoi ne pas simplement ajouter un degré de danger supplémentaire ? Des degrés de danger supplémentaires ne sont pas possibles dans le contexte international et ils n’auraient d’ailleurs aucun sens. Kurt Winkler, prévisionniste d’avalanches, explique : « Un des avantages du nouveau système est qu’il tient compte des connaissances issues de la recherche en psychologie. » Le cerveau humain peut en effet distinguer au maximum cinq à sept classes définies. Il s’agit donc toujours des degrés de danger pour lesquels il existe des définitions claires. Cette classification se fait par une réflexion logique - et donc lente. Mais en plus, nous sommes capables sans problème d’appréhender une hiérarchie au sein des classes. Une telle subdivision se comprend de manière intuitive et donc rapide.

Cette nouveauté fonctionne-t-elle dans la pratique? Pendant six hivers déjà, le service de prévision d’avalanches du SLF a attribué une subdivision à toutes les évaluations du danger, mais ne l’a pas publiée. Afin d’établir la pertinence de cette nouveauté, cet important ensemble de données a fait l’objet d’une analyse statistique. Celle-ci a clairement montré que les écarts entre le degré de danger prévu dans le bulletin d’avalanches et les informations fournies par le terrain sont plus faibles lorsque le niveau intermédiaire est pris en compte. En outre, une relation claire avec des facteurs objectivement mesurables de formation d’avalanches est apparue. D’un niveau intermédiaire à l’autre, par exemple, la fréquence des bruits sourds et des avalanches déclenchées par des personnes augmente, tandis qu’à l’inverse, les résultats des tests de stabilité se détériorent. Comme l’expérience a également montré que ce principe ne fonctionne pas en cas d’avalanches de neige mouillée, aucun niveau intermédiaire n’est indiqué dans ces situations.

 

À qui s’adressent les niveaux intermédiaires et comment les utiliser à bon escient? Chacun et chacune peut bénéficier de ces informations supplémentaires. « Si l’on veut échapper aux situations les plus dangereuses d’un hiver, on peut par exemple tout simplement éviter les régions où le degré de danger est égal ou supérieur à 3+ et choisir à la place une région où le danger est plus faible, ou renoncer à sortir en montagne ce jour-là », explique Kurt Winkler. Mais les niveaux intermédiaires peuvent également être utilisés de manière quantitative. Ainsi, le calcul du risque d’avalanche sur skitourenguru.ch tient compte de ces subdivisions.

Les niveaux intermédiaires sont également utiles lors de l’application de la méthode de réduction graphique. Pour une estimation approximative, on peut continuer à y utiliser le degré de danger. Il est également possible d’entrer dans le diagramme sur la base du niveau intermédiaire à gauche ou à droite de chaque degré de danger et d’utiliser ensuite le code de couleur diagonal.

Peut-on également se passer des nouveaux niveaux intermédiaires? Les évaluations montrent qu’avec les niveaux intermédiaires, le danger est en moyenne mieux appréhendé, même si, comme pour toute prévision, il peut y avoir des erreurs d’appréciation. Si l’on ne tient pas compte du niveau intermédiaire, on renonce à une information supplémentaire permettant de mieux évaluer le risque. « Mais dans tous les cas, il est important de continuer à prendre le degré de danger au sérieux », souligne Kurt Winkler pour conclure. « Un degré 3- reste un degré 3, qui signifie “danger marqué d’avalanches”, et ne doit pas être enjolivé en un degré 2. »

 

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