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Une année à Davos

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Le soleil se lève sur le 31 octobre 2021. Je viens d’arriver à Davos, chez Martin, après un vol interminable depuis la Nouvelle-Zélande. Heureusement, nos enfants supportent bien les longs voyages. Mon partenaire Huw travaille sur le terrain en Antarctique et nous rejoindra à Davos à la fin du mois de janvier. Je n’ai emporté que des shorts et des baskets pour les enfants, car c’est ce qu’ils portent à Wellington toute l’année. Je m’attends à avoir encore un bon mois pour leur trouver des vêtements d’hiver adaptés à Davos. Quelle surprise de voir arriver la neige dès le jour suivant: mes enfants sont bien courageux de se rendre pour la première fois à l’école et au jardin d’enfants avec les jambes gelées et les pieds mouillés. Mais heureusement, les magasins qui vendent des articles d’hiver sont nombreux à Davos, et le reste de la première semaine se déroule sans encombre. Même si certains de mes enfants refusent toujours d'enfiler des pantalons (il faudra attendre encore un mois pour qu’ils les considèrent acceptables), ils possèdent maintenant des chaussures d’hiver chaudes et portent des sous-vêtements longs sous leurs shorts.

 

Tout est nouveau en Suisse

Le premier mois à Davos est un peu chaotique parce que tout est nouveau et que la logistique est complexe avec trois enfants dans trois «écoles» différentes.  Cependant, l’assistance que nous apportent les collègues du SLF et les enseignants est plus qu’exceptionnelle, si bien que nous adoptons rapidement des routines différentes. À Noël, les petits ne renâclent même plus à l’idée de commencer l’école presque une heure plus tôt qu’à la maison. Cette nouvelle aventure était trop géniale pour se plaindre de quoi que ce soit pendant trop longtemps. La présence d’un beau manteau neigeux multiplie par trois la durée de chacun de nos trajets, car apparemment «la neige est super excitante». Moi, bien sûr, je ne trouve rien à redire, et les enfants ont pu entendre beaucoup de théories révolutionnaires sur la neige et la glace le long de l’Albertibach. Peut-être qu’ils devraient les publier un jour.

 
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Science sur l'Albertibach: les couches de glace et les inclusions d'air fascinantes ont été étudiées à l'aide de bouts de bois et même à mains nues. Photo: Ruzica Dadic
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La première personne de neige de la saison. Elle a été suivie de quelques versions gigantesques plus tard dans la saison, mais celle-ci reste ma préférée. Photo: Ruzica Dadic
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La grande excitation d'essayer les nouveaux skis sur le tapis, et les pyjamas. Photo: Ruzica Dadic
 

Des modèles numériques d’élévation pour l’Arctique

Ma bourse va me permettre de collaborer plus étroitement avec les collègues du SLF sur les données MOSAiC. Je travaille principalement sur la génération de modèles numériques d’élévation à petite échelle et à haute résolution pour déterminer la rugosité de surface de la neige. Celle-ci est importante pour la détection à distance de la concentration et de l’épaisseur de la glace de mer. Les résultats sont passionnants, notamment parce qu’il est difficile de ne pas être fasciné par le large éventail de topographies de surface de la neige. L’équipe MOSAiC du SLF se réunissait déjà deux fois par semaine par visioconférence depuis la fin de l’expédition, mais il est bon de rappeler la différence qu’apporte la communication en présence des autres: les connaissances scientifiques s’élaborent souvent pendant les pauses café, dans les couloirs ou les réunions d’équipe, plutôt que lors de colloques programmés exclusivement consacrés à un projet spécifique.

 

La vraie valeur de ma bourse réside dans les conversations aléatoires avec les gens que je rencontre pendant le café et le déjeuner, dans les couloirs, ou sur la route en allant et en revenant du travail. Ou encore lors des discussions inspirantes que nous avons au cours de nos réunions de groupe hebdomadaires. Ces échanges, qui peuvent paraître au premier abord éloignés de nos recherches actuelles, sont essentiels pour notre progression scientifique. J’ai toujours apprécié le temps passé au SLF, mais mes visites ont souvent été précipitées et occupées par des expériences de laboratoire parfois difficiles. Cette bourse me permet non seulement de travailler de manière plus intensive avec le jeu de données unique de MOSAiC, mais aussi de favoriser de nouvelles collaborations qui inspireront mes recherches dans les années à venir.