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Rapport hebdomadaire 28 janvier - 03 février 2022

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Avec le vent soufflant en tempête et beaucoup de neige fraîche, fin de la situation avalancheuse favorable

Comme c’était déjà le cas pendant la semaine précédente, la situation avalancheuse était encore le plus souvent favorable au cours du week-end. Un manteau défavorable de neige ancienne, un vent tempétueux et de grandes quantités de neige fraîche sur une grande partie du territoire ont ensuite donné lieu à une augmentation sensible du danger d’avalanches et à une situation avalancheuse critique. Seuls le centre et le sud du Tessin ainsi que le val Poschiavo étaient totalement épargnés. Dans le sud, il y avait toujours exceptionnellement peu de neige.

 

 
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La période de précipitations de cette semaine a compliqué les prises de vues de nos photographes du rapport hebdomadaire. Grâce aux phares des dameuses, plusieurs glissements spontanés ont pu être observés malgré la tempête de neige. Sur cette photo, l’engin prépare le chemin de randonnée hivernal de Bivio - Marmorera (env. 1800 m, Surses, GR). (photo: G. Vellacher, 02.02.2022)
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Le calme avant la tempête. Au début de la semaine analysée, tout était encore calme autour de la station IMIS de mesure de la neige sur l’Alp Nual (2200 m, Tujetsch, GR) (photo: A. Stella, 30.01.2022).
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La pluie verglaçante a transformé l’herbe de cette prairie du Jura en ce qui ressemble à un récif corallien (1000 m, Chasseral, Nods, BE) (photo: M. Grünig, 27.01.2022).
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Vue par-dessus le Fisetengrat (env. 2100 m, Spiringen, UR) sur le Tödi (3570 m, au centre à l’arrière-plan). Le vent fort en altitude dessinait de belles vagues parmi les nuages associés au front chaud. Pour fin janvier, il y avait encore très peu de neige ici (photo: S. Fröhlich, 29.01.2022).
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Un vent infernal soufflait sur la Muotta Roduna (2400m) à Laax (GR) sculptant des formes typiques d’érosion (photo: N. Büchi, 30.01.2022).
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Le vent fort à tempétueux de secteur ouest donnait lieu à un «spindrift» sur la paroi est du Chäserrugg (2261 m, Wildhaus-Alt St. Johann, SG). Ici, il est dû au tourbillonnement de la neige à grains fins le long de la roche (photo: P. Diener, 30.01.2022).
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Malgré la situation avalancheuse souvent favorable au début de la semaine examinée, des avalanches sporadiques ont été observées. Les accumulations de neige soufflée dues au vent fort et recouvrant une surface fragile de neige ancienne constituaient un danger particulier. Cette plaque de neige s’est décrochée directement en dessous du Piz Ault (2454 m, Medel (Lucmagn), GR, à droite sur la photo). L’élément déclencheur de cette avalanche était inconnu (photo: K. Fuchs, 31.01.2022).
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Le 31 janvier a enfin commencé une période longtemps attendue de précipitations et la situation avalancheuse est subitement devenue plus délicate. Des signaux de danger tels que la formation de fissures et des bruits sourds ont été constatés en de nombreux endroits. Les fissures témoignent de la présence d’une couche fragile dans le manteau neigeux. Ces fissures étaient provoquées par des adeptes des sports de neige et peuvent apparaître également en terrain plat et sur de grandes distances (Celerina/Schlarigna, GR) (photo: P. Degonda, 02.02.2022).
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Même sous la limite de la forêt, sur des pentes non soumises à l’action du vent, il était possible de déclencher des avalanches. Comme sur cette photo de la forêt à 1550 m au Rinerhorn (Davos, GR) (photo: R. Stoeckel, 01.02.2022).
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La zone de hors-piste du domaine skiable de Parsenn (Davos, GR) a été abondamment empruntée – avec comme conséquence de nombreux départs d’avalanches. La plupart des avalanches sur cette photo ont été déclenchées à distance par les adeptes des sports d’hiver en dessous du Totalphorn dans une vallée appelée « In den Arelen » (photo: SLF/Margreth, 03.02.2022).
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Une opération de minage réussie a permis de déclencher cette très grande avalanche de poudreuse le jeudi 3 février en Basse-Engadine (photo: P. Caviezel, Vinadi GR).
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Les avalanches parcourent parfois des distances plus grandes que ce que l’on imagine. Cette avalanche illustre de manière impressionnante l’importance des déclenchements artificiels d’avalanches pour la sécurisation des pistes. Parsenn, Dorftälli, GR, rupture au Schafläger à environ 2500 m, pente exposée au nord-est (photo: SLF/B. Zweifel, 03.02.2022).
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Après les glissements étendus de neige sur les talus, il a fallu régulièrement dégager des routes à Bivio (1780 m, Surses, GR) (photo: M. Pontiggia, 02.02.2022).
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Des glissements de neige ont été observés en dessous de 1400 m sur les pentes côté sud (Schiers, GR). Les fissures de ce genre apparaissent lorsque la friction entre la neige et son substrat devient si faible que tout le manteau neigeux peut glisser vers le bas. Dans le cas présent, la plaque de neige entraînée n’était composée que de neige fraîche (photo: G. Voide, 01.02.2022).
 

Météo, manteau neigeux et danger d’avalanches

 

Du vendredi 28 au dimanche 30 janvier: Prédominance d‘une situation avalancheuse encore favorable

Le vendredi et le week-end étaient toujours essentiellement ensoleillés. Pendant les nuits du jeudi au vendredi et du samedi au dimanche, il a cependant neigé un peu dans le nord-est: Au cours de la nuit du jeudi au vendredi, il était tombé de 5 à 10 cm de neige jusqu’à basse altitude sur le centre et l’est du versant nord des Alpes ainsi que dans le Prättigau. Ailleurs et pendant la nuit du samedi au dimanche, il n’était tombé que quelques flocons. Le vent de secteur nord-ouest s’était intensifié. Sur le versant sud des Alpes ainsi que dans les régions centrales et orientales, il était souvent fort et temporairement tempétueux en altitude.

Le vent fort à tempétueux de secteur ouest à nord-est transportait surtout le peu de neige fraîche (cf. photo 1). Aux endroits à l’ombre et abrités du vent ainsi qu’en général dans les zones où il y avait de la neige meuble métamorphosée à la surface neigeuse, le vent emportait également de la neige ancienne. Globalement, il n’y avait toutefois que peu de neige pouvant être déplacée par le vent.

 

Les accumulations de neige soufflée étaient surtout susceptibles de se décrocher lorsqu’elles avaient été déposées sur des surfaces de neige ancienne meuble qui avaient subi une métamorphose constructive pendant la période de beau temps de la seconde moitié de janvier. Au cours de ces trois journées, les accumulations de neige soufflée ont grossi progressivement, de sorte que davantage d’avalanches de taille petite à moyenne (taille 1-2) pouvaient être déclenchées (cf. vidéo 2).

 

 

Vidéo 2: Les randonneurs à ski passent d’abord sur une surface neigeuse dure (vraisemblablement la croûte formée pendant la dernière semaine de 2021) et par un parcours cahoteux avec des figures irrégulières d’érosion (sastrugi). Ils arrivent ensuite à une accumulation de neige soufflée avec une surface lisse et portante. C’est ici que la descente est la plus agréable. On y décèle déjà une trace. C’est sans doute au premier virage du deuxième skieur que l’avalanche de plaque s’est décrochée – en tout cas, la rupture semble se propager dans le sens du déplacement des skieurs. Il y avait manifestement une couche fragile sous la neige soufflée. L’accumulation de neige soufflée n’avait qu’une faible épaisseur et la superficie qui s’est décrochée était petite. Tout est bien qui finit bien ! (Vidéo: M. Solymosi, Spitzmeilen, SG).

 

Dans le bulletin d’avalanches, le danger d’avalanches était toujours évalué au degré 1 (faible) dans la plupart des régions. Avec la formation accrue de neige soufflée, il a toutefois augmenté légèrement au cours des trois journées. Dans certaines parties du centre et de l’est du versant nord des Alpes ainsi que dans le nord du Prättigau et dans la Silvretta, le degré 2 (limité) prévalait sur les pentes aux expositions ouest, nord et est. C’était dans ces régions qu’il y avait le plus de neige pouvant être transportée par le vent si l’on tient compte de la neige meuble et métamorphosée proche de la surface, des précipitations du jeudi 20 au samedi 22 janvier et de celles de la nuit du jeudi au vendredi 28 janvier.

Les pentes raides exposées au sud étaient croûtées et, surtout dans les régions intra-alpines et sur le versant sud des Alpes, partiellement sans neige jusqu’à haute altitude. En altitude ainsi qu’en général dans le voisinage des crêtes et des cols, la surface neigeuse était souvent travaillée par le vent de secteur nord. Dans le Jura, sur le versant nord des Alpes et dans l’ouest du Bas-Valais jusqu’à haute altitude, le manteau neigeux renfermait plus en profondeur des croûtes parfois épaisses dues à la pluie de la dernière semaine de 2021. Dans ces régions, ces épaisses croûtes stabilisaient la partie inférieure du manteau neigeux. Depuis le centre du Valais en direction des Grisons en passant par le nord du Tessin, en revanche, tout le manteau neigeux avait subi une métamorphose constructive et n’était traversé que par de minces croûtes de regel. On s’enfonçait de plus en plus souvent avec les skis jusqu’au sol.

 

Du lundi 31 janvier au mercredi 2 février: Fortes chutes de neige, vent tempétueux et fort danger d’avalanches sur une grande partie du territoire

Du lundi jusque dans la nuit du mercredi au jeudi, la fée des neiges était à l’ouvrage – et avec elle aussi de nombreux responsables de la sécurité en matière d’avalanches. Les précipitations se sont poursuivies dans le courant de la journée du lundi. Les chutes de neige étaient les plus intenses pendant la nuit du lundi au mardi et le mercredi – après une pause dans les précipitations le mardi. Jusqu’au mardi, la limite des chutes de neige se situait à basse altitude, mais le mercredi, elle est montée à environ 1400 m sur le versant nord des Alpes et dans le Bas-Valais et elle se situait à 1000 m dans le Haut-Valais et dans les Grisons. Le vent était le plus souvent fort à tempétueux de secteur nord-ouest; le mardi, il était généralement modéré à fort, et dans l’ouest, faible à modéré. Les cumuls de neige fraîche sont indiqués dans la figure 3. Les quantités de neige tombée en un jour sont reprises dans la figure 4.

 

 
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Figure 4.1: Analyse des hauteurs de neige tombée en 24 heures à partir des mesures radar avec calibrage des données, le 01.02.2022 à 07h00 (source: MétéoSuisse).
Photo 2 de 3
Figure 4.2: Analyse des hauteurs de neige tombée en 24 heures à partir des mesures radar avec calibrage des données, le 02.02.2022 à 07h00 (source: MétéoSuisse).
Photo 3 de 3
Figure 4.3: Analyse des hauteurs de neige tombée en 24 heures à partir des mesures radar avec calibrage des données, le 03.02.2022 à 07h00 (source: MétéoSuisse).
 

Le vent généralement fort à tempétueux transportait beaucoup de neige. Les quantités de neige déplacées augmentaient avec les quantités de neige fraîche et avec la durée et la force du vent (cf. figure 5).

 

 

La neige fraîche tant attendue et les importantes accumulations de neige soufflée s’étaient déposées sur un substrat défavorable. Aux expositions ouest à est en passant par le nord, les surfaces neigeuses avaient souvent subi une métamorphose constructive et étaient meubles. Depuis le centre du Valais en direction des Grisons en passant par le nord du Tessin, tout le manteau neigeux était en de nombreux endroits meuble et métamorphosé à grains anguleux (cf. photo 6). Il fallait s’attendre à des déclenchements d’avalanches, tant au niveau du passage vers la neige ancienne que, dans certaines régions, également dans les couches profondes de neige ancienne.

 

 
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Photo 6.1: Des fissures se propageant sur de longues distances lorsque des skieurs traversent la neige sont des indices révélateurs qu’au niveau du passage de la neige fraîche vers la neige ancienne … (photo: J. Bischoff)
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Photo 6.2: … ou, comme sur ces photos du Grüenihorn (Davos, GR) à environ 2300 m, des déclenchements d’avalanches sont également possibles en profondeur dans le manteau neigeux (photo: J. Bischoff, 01.02.2022).
 

Il fallait s’attendre à ce que de plus en plus de grandes et très grandes avalanches puissent être provoquées facilement par des personnes ou se déclenchent spontanément (cf. photo 7).

 

 

Etant donné qu’avant les chutes de neige, il y avait généralement peu de neige pour la saison, le danger concernait surtout les adeptes des sports de neige et les voies de communication de haute altitude. Dans les régions avec les précipitations les plus abondantes, le danger d’avalanches était passé au degré 4 (fort) pendant la nuit du lundi au mardi et il était marqué (degré 3) sur une grande partie du reste du territoire.

De plus en plus de fissures et d’avalanches de glissement étaient observées, surtout aux endroits où la neige fraîche se déposait sur un sol sans neige.

Au moment de la clôture de la rédaction, il n’était pas encore possible de dresser un bilan définitif de l’activité avalancheuse. Depuis le lundi 31 janvier jusqu’au jeudi 3 février, quelque 750 avalanches ont été signalées. 4% d’entre elles étaient très grandes, 22% étaient grandes, 47% étaient moyennes et 24% étaient petites (cf. figure 8).

 

Jeudi 3 février: Première journée de «beau temps»

Pendant la nuit du mercredi au jeudi, les derniers flocons de neige sont encore tombés dans le nord et l’est. La limite des chutes de neige se situait entre 1200 et 1400 m. Dans le nord, la journée était partiellement ensoleillée après le passage des nuages résiduels vers l’est. Dans les régions intra-alpines et dans le sud, le temps était assez ensoleillé. En journée, le vent était encore faible à modéré de secteur ouest.
La première «belle» journée après une période de chute de neige s’est révélée particulièrement propice aux accidents pour plusieurs raisons :

  • Parce que la stabilité des couches fragiles n’a généralement pas encore augmenté suffisamment en si peu de temps. C’est en particulier le cas lorsque les couches fragiles se composent de neige ancienne métamorphosée à grains anguleux. Les couches fragiles se stabilisent plus rapidement dans la neige fraîche et la neige soufflée.
  • Parce que la neige fraîche se tasse rapidement et que dans certaines circonstances ses propriétés comme plaque de neige peuvent s’améliorer favorisant la propagation de la rupture.
  • Parce que de nombreux adeptes des sports de neige profitent du plaisir de la poudreuse fraîche et qu’en conséquence la stabilité du manteau neigeux est mise à l’épreuve en de nombreux endroits.

Dans le bulletin d’avalanches, le danger d’avalanches était toujours évalué au degré 4 (fort), le danger concernant essentiellement les zones alpines de sports de neige. Des avalanches spontanées étaient encore possibles localement.

Le jeudi, plusieurs avalanches déclenchées par des personnes ont été signalées (cf. photos 9 et 11).

 

Situation neigeuse

Avec la neige fraîche, les hauteurs de neige correspondaient souvent aux données moyennes pluriannuelles dans le nord et étaient légèrement supérieures à ces valeurs dans l’est. Dans le sud, l’enneigement était toujours vraiment faible (cf. figure 10).

 

 
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Figure 10.1: Hauteurs de neige comparées aux moyennes pluriannuelles entre 1000 et 2000 m. Dans le nord, les valeurs correspondaient plus ou moins aux moyennes calculées sur de nombreuses années. Dans l’ouest, il y avait plutôt un peu moins de neige et dans l’est un peu plus de neige qu’habituellement en cette période de l’année. Dans le sud, il n’y avait que très peu de neige.
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Figure 10.2: Hauteurs de neige comparées aux moyennes pluriannuelles entre 2000 et 3000 m. Dans le nord, les valeurs correspondaient plus ou moins aux moyennes calculées sur de nombreuses années. Dans le sud, il n’y avait que très peu de neige.
 

Accidents d’avalanche

Au cours de la période analysée, 30 avalanches ont été déclenchées par des personnes (situation au moment de la clôture de la rédaction, cf. figure 11).

Une personne a perdu la vie dans un accident à Scuol au Mot da Ri.

Le mercredi 2 février, le dernier wagon d’un train sans passagers a été touché par une avalanche et a déraillé en dessous du col des Bouquetins (Ollon, VD). Personne n’a été blessé.

 

Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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