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Rapport hebdomadaire 24 - 30 décembre 2021

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Pluie intense: Nombreuses avalanches mouillées et fort danger d’avalanches

En cette dernière semaine de l’année, l’air chaud et humide évoque plutôt les Caraïbes que le danger d’avalanches. Mais c’est précisément de cet endroit du monde que nous est arrivé l’air qui a apporté mercredi des précipitations intenses et a fait monter dans l’ouest la limite des chutes de neige à l’altitude incroyable de 2800 m. Beaucoup d’avalanches mouillées et un fort danger d’avalanches (degré 4) sur une grande partie du territoire en ont résulté.

 

 
Photo 1 de 12
Les masses d’air chaud et humide en provenance des Caraïbes ont donné lieu à de la pluie jusqu’à haute altitude, ce qui a humidifié le manteau neigeux. Par conséquent, des avalanches mouillées se sont déclenchées en de nombreux endroits descendant parfois jusque dans les vallées. Bovernier à environ 600 m (VS) (photo: J.-L. Lugon, 28.12.2021).
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Des bruits sourds et des fissures sont des signes évidents de danger d’avalanches. Cette fissure est également l’origine du déclenchement à distance du décrochement de l’ancienne accumulation de neige soufflée. Val Cassinello, Bedretto, TI. (photo: T. Schneidt, 26.12.2021).
Photo 3 de 12
Le déclenchement a été provoqué par une seule personne au niveau du point rouge (2488 m), avec en bas l’avalanche de plaque de neige (également marquée en rouge). Le choix réfléchi de l’itinéraire a été récompensé. Val Cassinello, Bedretto, TI (photo: T. Schneidt, 26.12.2021).
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Également dans la neige soufflée, mais fraîche dans ce cas, une petite avalanche de plaque de neige a été déclenchée en dessous du Hoganthore à environ 2470 m (Reichenbach dans la vallée de la Kander, BE) (photo: M. Gilgien, 27.12.2021).
Photo 5 de 12
Dans le Chummertälli (Davos, GR), la surface neigeuse balayée par le vent de ces derniers jours était protégée contre les précipitations (photo: S. Estermann, 27.12.2021).
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Une couche fragile redoutée: Le givre de surface se forme lorsque de l’air humide, ou plus précisément de la vapeur d’eau se dépose sur la surface neigeuse froide (sublimation). Ce phénomène donne naissance à de très grands cristaux lamellaires (Drusatsch, S-chanf, GR) (photo: F. Baumgartner, 27.12.2021).
Photo 7 de 12
La douceur du temps s’était déjà manifestée avant les fortes pluies, ici au Höllersberg à Diemtigen (BE). L’avalanche de glissement est descendue jusqu’à près de 1150 m (photo: A. Wiedmer, 27.12.2021).
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Après Noël, on a à nouveau observé une plus grande activité d'avalanches de glissement: Cette photo montre une avalanche de glissement récente et une autre plus ancienne au Chumigalm (Zweisimmen, BE) ainsi que diverses gueules de baleines qui annoncent d’autres avalanches (photo: T. Bärtschi, 29.12.2021).
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Ces boules de neige constituent le dépôt d’une avalanche mouillée survenue au Chenau près de Trient (VS) (photo: J.-L. Lugon, 29.12.2021).
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Déclenchements réussis d’avalanches provoquées au moyen d’explosifs pour sécuriser les pistes de ski sur une pente exposée au nord à 2400 m à Anzère, VS. Les avalanches de plaques se sont partiellement décrochées dans la neige ancienne proche du sol (photo: E. Morard, 30.12.2021).
Photo 11 de 12
Avant, lorsqu’il y avait encore réellement de la neige en montagne: Finhaut le 10 décembre (photo: J.-L. Lugon, 10.12.2021)…
Photo 12 de 12
… et ce que le soleil, la douceur du temps et la pluie en ont laissé le 30 décembre (photo: J.-L. Lugon, 30.12.2021).
 

Du vendredi 24 au lundi 27 décembre: Assez bonne situation avalancheuse

Après la phase de beau temps relativement longue, le danger d’avalanches provenait d’abord de la neige ancienne fragile (cf. le rapport hebdomadaire du 23 décembre). Dans le nord, les couches fragiles étaient recouvertes de tant de neige que des personnes ne pouvaient plus guère déclencher des avalanches et qu’à Noël le danger a été ramené au degré 1 (faible). Dans le sud du Valais, dans le nord du Tessin et dans les Grisons, les couches fragiles étaient plus proches de la surface. Des avalanches sporadiques relativement petites ont comme auparavant encore été déclenchées dans la neige ancienne par degré de danger 2 (limité) (cf. photo 1).

 

Ces journées étaient généralement nuageuses et, dans le nord, il est tombé quotidiennement quelques centimètres de neige au-dessus de 1200 à 1800 m. Un vent modéré et localement fort de secteur ouest à sud-ouest transportait un peu de neige fraîche et de neige ancienne (cf. photo 2). Surtout sur les pentes à l’ombre, les accumulations de neige soufflée se déposaient sur une surface souvent défavorable de neige ancienne composée de cristaux ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux ou sur du givre de surface (cf. photo 3). Elles étaient dès lors susceptibles de se décrocher (cf. photo 4). Dans le nord, la neige soufflée est devenue le problème principal et le danger a à nouveau été réévalué au degré 2 (limité) dès le 26 décembre.

 

Du mardi 28 au jeudi 30 décembre: D’abord des chutes de neige, puis de la pluie: nombreuses avalanches mouillées et fort danger d’avalanches

Le mardi, il a neigé partout sauf dans l’extrême sud. Au nord de l’axe Rhône-Rhin et dans le Bas-Valais, il était tombé de 15 à 30 cm de neige et, à la frontière française, 40 cm. Le vent fort à tempétueux de secteur ouest transportait la neige fraîche et, à certains endroits, également de la neige ancienne meuble. Etant donné la constitution partiellement défavorable de la surface de neige ancienne, le danger d’avalanches augmentait nettement, atteignant le degré 3 (marqué) dans une grande partie du nord et du Valais. Dans le nord, la limite des chutes de neige était montée temporairement à environ 2000 m provoquant déjà des avalanches spontanées de neige mouillée.

Après une brève accalmie, il y a eu des précipitations intenses le mercredi qui ont persisté jusque dans la nuit du mercredi au jeudi. Venant du nord-ouest, le jet stream atteignait les Alpes et y acheminait en altitude de l’air exceptionnellement doux. Au début, la limite des chutes de neige se situait à environ 1300 m, mais elle est descendue temporairement jusqu’à basse altitude dans le Haut-Valais sous l’effet des précipitations intenses et du refroidissement qui y était associé. En raison du front chaud, elle est cependant ensuite montée partout sensiblement, dans l’ouest dès le mercredi matin et dans les régions intra-alpines des Grisons seulement dans la nuit du mercredi au jeudi. Selon la région climatique, des altitudes de 2400 à 2800 m ont été atteintes (cf. figure 5). Par conséquent, même à de nombreuses stations automatiques IMIS, une grande partie des précipitations étaient tombées sous forme de pluie. Etant donné qu’en raison du vent et de la fonte de la neige, les valeurs, y compris celles enregistrées par les pluviomètres de haute altitude, étaient peu fiables, les données les plus précises de précipitations liquides étaient fournies par le radar de précipitations (cf. figure 6). Entre le lundi soir et le jeudi matin, de 50 à 100 m de précipitations sont ainsi tombées sur la crête nord des Alpes, dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais, dans certaines parties du sud du Valais et dans l’ouest du Jura. En haute montagne, cela correspondrait à de 50 à 100 cm de neige sèche, mais à cause du vent tempétueux de secteur nord-ouest et des déplacements de neige qui y sont associés, il n’y a guère d’endroits où ces valeurs moyennes ont été atteintes.

 

La pluie a donné lieu à de nombreuses avalanches spontanées de neige humide descendant parfois jusque dans les vallées. Etant donné qu’il n’y avait globalement encore que peu de neige et que les avalanches mouillées ne se transforment pas en avalanches poudreuses, les avalanches sont toutefois clairement restées dans les trajectoires habituelles (cf. photo 7). Un fort danger d’avalanches (degré 4) était déjà annoncé pour le mercredi sur la crête nord des Alpes depuis le Chablais jusque dans les Alpes uranaises et dans de grandes parties du Valais. Avec la montée de la limite des chutes de neige également dans l’est, ce deuxième degré de danger le plus élevé a été étendu le mercredi soir à l’est du versant nord des Alpes, au nord des Grisons et à la vallée de Samnaun. Le mercredi 29 décembre était, jusqu’à ce jour, la journée avec la plus forte activité avalancheuse de cet hiver, la plupart des avalanches étant des avalanches mouillées (barres rouges dans la figure 8).

Après la fin des précipitations, on ne craignait plus guère d’avalanches spontanées sur l’ouest du versant nord des Alpes et le long des Préalpes et, le jeudi matin, le danger y a été ramené au degré 3 (marqué). Après l’abondante pluie et le vent tempétueux, une amélioration rapide de la situation avalancheuse était à prévoir ici (cf. figure 9). En Valais, le temps est devenu de plus en plus ensoleillé. En raison de la constitution fragile du manteau neigeux, le degré de danger 4 y a encore été maintenu, tout comme dans l’est, où la pluie n’a finalement cessé que dans le courant de la matinée.

Dans l’extrême sud et dans le sud des Grisons, le temps était largement sec pendant toute la période couverte par le rapport hebdomadaire, de sorte que la situation avalancheuse n’y a que peu changé.

 

Accidents d’avalanche

Jusqu’au moment de la clôture de la rédaction, 11 avalanches déclenchées par des personnes avaient été signalées au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire, mais heureusement il n’y a pas eu de victime ni de blessé. Il est vrai que pendant l’apogée de l’activité avalancheuse, il n’y avait guère en montagne d’adeptes des sports d’hiver à cause de la pluie persistante.

 

 

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Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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