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Rapport hebdomadaire 11 - 17 février 2022

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Persistance d’une situation avalancheuse «neige ancienne» et pluie jusqu’à haute altitude

La situation avalancheuse était encore déterminée par la problématique de la neige ancienne. Celle-ci était surtout présente sur l’ouest du versant nord des Alpes et dans les régions intra-alpines. Il y a eu constamment de faibles chutes de neige. Vers la fin de la période, il a plu sous l’influence d’un front chaud jusqu’à haute altitude. Plusieurs accidents d’avalanche ont eu lieu, surtout vendredi et samedi coûtant la vie à 2 personnes.

 

 
Photo 1 de 13
La composition du manteau neigeux est comparable à celle d’un dessert à la crème – cette photo en apporte la preuve. Le sable transporté par le vent a «coloré» les différentes couches du manteau neigeux à environ 2350 m en dessous du Breithorn (3176 m, St. Niklaus, VS). Elles ont finalement aussi été mises au jour par la rupture dans la neige ancienne le 11.02.2022 (photo: A. Cheda, 15.02.2022).
Photo 2 de 13
Une autre rupture au Wannelsgrat (1798 m, Guggisberg, BE) illustre la problématique de la neige ancienne pendant la période analysée. La date de décrochement était le 13 février (photo: M. Känzig, 15.02.2022).
Photo 3 de 13
Malgré le manque de neige, la problématique de la neige ancienne prévalait également dans le sud. Dans le Tessin, cette avalanche a été déclenchée à distance par des skieurs dont les traces sont visibles à l’avant-plan (près de Poncione Val Piana, 2400 m, Bedretto, TI) (photo: J. Von Wartburg, 11.02.2022).
Photo 4 de 13
Lorsqu’un des skieurs s’est arrêté, une petite avalanche de plaque s’est déclenchée à une distance d’environ 200 m (!) sur le versant est du Piz Tomül (2946 m, Safiental, GR) (photo: P. Felder, 13.12.2022).
Photo 5 de 13
La neige fraîche transportée par le vent était très propice à se décrocher. Comme le montre cette photo prise dans le domaine skiable de Titlis (Innertkirchen, BE) (photo: J. Merz, 11.02.2022).
Photo 6 de 13
La déclivité des pentes ne devait pas être particulièrement forte. Cette masse de neige soufflée s’est décrochée dans un passage d’une zone fortement enneigée vers une zone avec peu de neige, immédiatement en dessous du sommet de La Dotse (2491 m, Orsières, VS) (photo: S. Arnold, 12.02.2022).
Photo 7 de 13
Alors que la descente à des altitudes relativement élevées entre sastrugi et anciennes avalanches paraissait assez sportive (environ 2700 m, Tomülgrat, Safiental, GR) (photo: SLF/T. Stucki, 12.02.2022), …
Photo 8 de 13
… les virages dans les zones abritées du vent … (Wildhaus-Alt St. Johann, SG) (photo: P. Diener, 12.02.2022)
Photo 9 de 13
… étaient un pur plaisir (2600 m, Saillon, VS) (photo: M. Derivaz, 11.02.2022) !
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Dans le sud, la neige s’est longtemps fait attendre. Puis, finalement, les palmiers ont aussi revêtu leur bonnet de neige à 700 m à Acquarossa, TI (photo: F. Vanza, 15.02.2022).
Photo 11 de 13
Soigneusement préparé, des canaux gelés d’eau de fonte ont pu être observés sur pratiquement toute l’épaisseur du manteau neigeux de ce profil de neige relevé à environ 2100 m à Bergün Filisur (GR) (photo: SLF/J. Trachsel, 11.02.2022).
Photo 12 de 13
La neige fraîche humide a glissé sur la surface de neige ancienne sur une pente exposée au sud à Brienz (BE) en dessinant des formes originales (photo: F. Hofstetter, 11.02.2022).
Photo 13 de 13
Sous l’effet de la pluie, de nombreuses avalanches de neige mouillée se sont décrochées jeudi. Cette photo montre le couloir de la Pointe du Van (2278 m, Trient, VS) (photo: J.-L. Lugon, 17.02.2022).
 

Pendant la période couverte par le rapport hebdomadaire, la situation avalancheuse était diversifiée et complexe. D’une part, la météo actuelle avait comme toujours une influence sur le danger d’avalanches, mais d’autre part, les phénomènes météorologiques des mois passés avaient également encore des répercussions sur la situation avalancheuse sous la forme d’une problématique marquée «neige ancienne».

 

 

Situation avalancheuse typique «neige fraîche» et «neige soufflée»: Neige fraîche et vent du vendredi 11 au mardi 15 février

Le vendredi, le passage d’un front froid a apporté de 10 à 20 cm de neige fraîche sur le versant nord des Alpes (cf. figure 1). 

 

 

Le samedi avant-midi, cette neige fraîche a surtout été transportée par le foehn parfois modéré de secteur sud sur l’est du versant nord des Alpes donnant lieu à la formation d’accumulations de neige soufflée généralement petites mais pouvant se décrocher très facilement. Plusieurs avalanches ont été déclenchées dans ces couches (cf. photo 2).

 

 

Du dimanche au lundi, le foehn s’est encore un peu intensifié devenant modéré à fort dans les régions typiques de foehn du versant nord des Alpes. Contre toute attente, il n’a toutefois plus transporté beaucoup de neige. Rétrospectivement, l’influence du foehn a probablement été un peu surestimée dans le bulletin d’avalanches.

A partir du lundi soir, il y a eu dans le sud de faibles précipitations accompagnées de courants de secteur sud. Le mardi, la brève situation de barrage météorologique côté sud a pris fin et un front froid a apporté des précipitations également dans le nord. Globalement, du lundi au mardi, il était tombé de 10 à 20 cm de neige sur une grande partie du territoire, et dans les Grisons localement jusqu’à 30 cm. Depuis le centre du Valais jusque dans la région du Gothard, l’apport de neige n’était que de quelques centimètres. Dans les régions touchées par les précipitations, la neige fraîche et la neige soufflée ont entraîné une légère augmentation du danger d’avalanches.

 

 

Situation avalancheuse typique «neige ancienne»: Comment la météo de décembre et janvier a donné lieu à des accidents d’avalanche en février

Alors que la météo jusqu’au mardi 15 février exerçait surtout une influence sur la problématique des avalanches proches de la surface, les conséquences des phénomènes météorologiques des mois passés étaient également encore présentes au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire. Dans le voisinage de la croûte due à la pluie de fin décembre, des couches fragiles marquées s’étaient formées sur une grande partie du territoire pendant la longue période de beau temps de janvier, et elles ont par la suite été recouvertes de neige. La figure 4 reprend un profil relevé dans les Préalpes fribourgeoises qui présente, de manière exemplaire, la constitution fragile du manteau neigeux dans les Préalpes occidentales. Ce profil montre une série de couches «parfaite» pour une avalanche de plaque: Sur une base dure se trouve une couche très molle (la couche fragile), qui à son tour est recouverte de couches plus compactes de neige fraîche et de neige soufflée (la plaque de neige). Des avalanches ont été déclenchées dans cette couche fragile à proximité immédiate de l’endroit où a été relevé ce profil de neige (Märe, FR), mais aussi, entre autres, dans les Alpes vaudoises (cf. photo 5).

 

 
 
 

Dans les vallées de la Viège, dans la région du Simplon, sur le versant sud des Alpes et dans le val Poschiavo, il n’était tombé que peu de neige depuis le début de l’année. Dans ces régions, le manteau neigeux était toutefois globalement souvent mince et fortement travaillé par le vent (cf. photo 7). Une situation avalancheuse étendue «neige ancienne» n’y était donc guère pensable.

Dans les autres régions, c’est-à-dire sur l’ouest du versant nord des Alpes, dans le reste du Valais et dans de grandes parties des Grisons, les couches fragiles profondes du manteau neigeux étaient encore insuffisamment recouvertes de neige et pouvaient à certains endroits encore se décrocher. Alors que pendant la période couverte par le rapport précédent, le problème était très marqué, surtout dans les Grisons et dans le centre du Valais, la situation semblait lentement s’y normaliser quelque peu. Le nombre d’endroits dangereux diminuait légèrement et, de plus, les avalanches ne s’y étendaient généralement plus sur des superficies aussi grandes. Même si elles pouvaient encore atteindre une grande ampleur, de très grandes avalanches n’y ont plus été déclenchées. Mais lorsque le manteau neigeux était soumis à une surcharge au «bon» endroit, des avalanches pouvaient encore se décrocher facilement; et quelques déclenchements à distance ont à nouveau été observés.

Sur l’ouest du versant nord des Alpes, en revanche, la situation avalancheuse «neige ancienne» s’est plutôt accentuée au cours de cette semaine couverte par le rapport hebdomadaire. La semaine précédente, il n’y avait que localement des signes montrant que la neige ancienne fragile pouvait, ici aussi, se décrocher. Cela s’est confirmé pendant la période actuelle avec presque quotidiennement des avalanches dans la neige ancienne.

 

Alors que les régions intra-alpines (centre du Valais, centre des Grisons, Engadine), où les précipitations étaient plutôt faibles, sont souvent confrontées à une situation avalancheuse «neige ancienne», la situation sur l’ouest du versant nord des Alpes est plutôt inhabituelle. La dernière fois que la problématique de la neige ancienne était si marquée dans ces régions c’était au cours de l’hiver 2018/19.

 

 

Situations avalancheuses «neige mouillée» combinée à «neige ancienne»: De la pluie jusqu’à haute altitude les mercredi 16 et jeudi 17 février

Pendant la nuit de mardi à mercredi, il y a eu des précipitations à partir de l’ouest. Au début des précipitations, la limite des chutes de neige se situait encore brièvement à environ 1000 m. Mais, comme c’est souvent le cas en présence de courants de secteur ouest, la limite des chutes de neige est montée rapidement: jusqu’aux alentours de 2200 m sur une grande partie du territoire (cf. figure 8); des observateurs ont même signalé localement de la pluie jusqu’à 2600 m.

 

 

Le mercredi et le jeudi, un vent fort à tempétueux soufflait de secteur ouest. Globalement, il était tombé au-dessus de 2500 m de 15 à 30 cm de neige sur l’ouest du versant nord des Alpes et dans le nord du Valais et de 10 à 20 cm dans le reste du Valais et sur le versant nord des Alpes; ailleurs, l’apport de neige était plus faible. Dans le Jura, les précipitations étaient tombées quasi intégralement, soit quelque 40 mm, sous forme de pluie. En altitude, la neige fraîche et le vent ont donné lieu à la formation d’accumulations parfois importantes de neige soufflée. En raison de la pluie, le manteau neigeux était humidifié jusqu’à haute altitude.
La douceur du temps, la pluie, la neige fraîche et le vent ont entrainé dans de nombreuses régions une situation avalancheuse délicate. Un danger marqué d’avalanches était annoncé sur une grande partie du versant nord des Alpes et des régions intra-alpines. En altitude, le danger résidait surtout dans la neige fraîche et la neige soufflée. Mais la problématique de la neige ancienne était toujours d’actualité. Elle était réactivée en raison de la pluie et de la douceur du temps, et des avalanches se sont déclenchées spontanément, se décrochant parfois dans la neige ancienne. Il y a eu en outre de nombreuses avalanches de glissement surtout sur le versant nord des Alpes. Etant donné que jusqu’à la clôture du la rédaction la visibilité était très mauvaise, il n’a pas encore été possible de tirer un bilan définitif de cet épisode de précipitations, mais de grandes avalanches de plaque et de glissement ont été signalées localement.

 

Accidents d’avalanche

C’est surtout au début de la période examinée que se sont à nouveau produits de nombreux accidents d’avalanche. On dénombre 61 avalanches déclenchées par des personnes. Elles ont emporté 16 personnes, dont 8 ont été entièrement ensevelies. Deux personnes ont perdu la vie lors d’un accident de randonnée (Sachseln, OW).

 

 

Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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