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Rapport hebdomadaire 08 - 13 avril 2022

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Météo maussade d’avril: Pluie, neige, rafales d‘ouragan et avalanches spontanées

La météo agitée annoncée dans le dernier rapport hebdomadaire, qui avait fait l’objet d’une préalerte, s’est confirmée: Avec des précipitations intenses et un vent tempétueux, le danger d’avalanches a augmenté jusqu’au degré fort (ou 4). De nombreuses avalanches de neige sèche de taille moyenne, mais aussi de grande ampleur, se sont décrochées spontanément. L’activité d’avalanches mouillées était, elle aussi, accrue à cause de la pluie jusqu’à plus de 2000 m. Le dimanche 10 avril, la tempête hivernale a pris fin et le temps est devenu ensoleillé.

 

 
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L’embarras du choix ! La situation au Bec des Etagnes (3232 m, Nendaz, VS) montre à quel point les déclenchements d’avalanches sont imprévisibles. Les avalanches se sont vraisemblablement décrochées le 10 avril, l’une d’entre elles a enseveli une partie des traces de descente. Aucun dommage n’a été signalé (photo: S. Albert, 11.04.2022).
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Grâce à la neige tombée pendant la semaine couverte par le présent rapport, on pouvait trouver de la poudreuse compacte à haute altitude. Comme ici au glacier de Tungel, à environ 2900 m (Lauenen, BE) (photo: P. Degonda, 12.04.2022).
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A droite ou à gauche? Situation difficile dans la région du Hoganthorn (2775 m, à gauche sur la photo) et du Schwalmere (2777 m, à droite sur la photo, Lauterbrunnen, BE) – Sur ces deux randonnées, des avalanches de plaque ont été déclenchées avec, dans chaque cas, une personne touchée par les masses de neige. Heureusement, elles n’ont pas été ensevelies et s’en sont tirées indemnes. Date des avalanches: 10.04.2022 (photo: B. Ott, 10.04.2022).
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A Anniviers (VS), une petite avalanche de plaque a été déclenchée par des adeptes des sports d‘hiver le dimanche après-midi à environ 2600 m à l’est du Roc d’Orzival (2854 m). Personne n’a été touché (photo: D. Wicki, 10.04.2022).
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Cette avalanche typique déclenchée par des skieurs dans la zone de hors-piste de Crans-Montana (env. 2400 m, VS) n’a pas non plus eu de conséquences graves – Trois traces entrent et sortent de la zone de l’avalanche (photo: V. Bettler, 11.04.2022).
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Après les chutes de neige, davantage d’avalanches, y compris de grande ampleur, comme ici à la Pointe de Boveire (3212 m, Val de Bagnes, VS) ont été signalées. Elles se sont vraisemblablement décrochées spontanément le 10.04.2022 dans une couche fragile au-dessus de la croûte avec la poussière du Sahara (photo: S. Passaquay, 11.04.2022).
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Coup double! Deux ruptures d’avalanches en même temps ont été observées le dimanche en dessous de la crête menant vers le Stellibodenhorn (2988 m, Realp, UR) (photo: M. Fontboté Schmidt, 10.04.2022).
 

Météo, neige et danger d’avalanches

 

Du vendredi 8 au dimanche 10 avril: Tempête hivernale avec de la pluie, des chutes neige et un fort danger d’avalanches (degré 4) dans certaines régions

La Suisse était dans la zone d’influence de plusieurs systèmes de puissants fronts dépressionnaires. Ceux-ci acheminaient alternativement de l’air humide chaud puis plus froid. Les précipitations, qui ont commencé le mercredi soir 6 avril, se sont poursuivies.

Le vendredi 8 avril, il est tombé de 30 à 50 cm de neige dans une grande partie de la région du Trient et du nord du Bas-Valais, et de 20 à 30 cm sur le reste de la crête nord des Alpes et dans le sud du Bas-Valais. Ailleurs, l’apport de neige était plus faible, et dans le sud ainsi que dans les Grisons, il y a eu des éclaircies relativement longues. La neige était humidifiée en surface jusqu’à environ 2500 m par les températures douces et en dessous de 2000 m par la pluie. En altitude, le vent d’ouest souvent fort à tempétueux transportait intensément la neige donnant lieu à la formation d’importantes accumulations de neige soufflée, y compris loin des crêtes. Les rafales les plus fortes ont été mesurées aux stations du versant nord des Alpes, où elles atteignaient jusqu’à 150 km/h.

 

Le danger d’avalanches a augmenté sensiblement et dans une grande partie du Valais jusqu’au degré 4 (fort). Dans la zone avec les précipitations les plus abondantes de la partie la plus occidentale du Bas-Valais le long de la frontière française, le danger concernait également les voies de communication exposées; dans les autres régions, il se limitait aux zones alpines de sports de neige (Fort - skieurs). De nombreuses avalanches spontanées de taille moyenne et aussi de grande ampleur ont été signalées (cf. figure 1). Des avalanches de neige mouillée ont également parcouru de longues distances descendant jusqu’à basse altitude dans les couloirs d’avalanches connus.

Après une brève pause, les précipitations ont repris dans la nuit du vendredi au samedi 9 avril. La limite des chutes de neige était descendue pendant cette nuit depuis environ 2000 m jusqu’aux alentours de 600 m (cf. figure 2 et photo 3).

 

Dans la partie la plus occidentale et le nord du Bas-Valais, de 30 à 50 cm supplémentaires de neige fraîche se sont encore ajoutés. Le danger d‘avalanches sèches demeurait souvent délicat. Avec la lente diminution des précipitations et du vent tempétueux dans le courant de la journée, l’activité d’avalanches spontanées a régressé. De même, le danger d‘avalanches mouillées à, lui aussi, diminué avec le refroidissement du temps.

 

 

Pendant la nuit du samedi au dimanche 10 avril, il a encore neigé surtout sur le versant nord des Alpes; par la suite, le soleil s’est de plus en plus imposé. Pendant tout l’épisode de précipitations entre mercredi soir et dimanche matin, il était tombé au-dessus de 2200 m environ de 80 à 120 cm de neige dans la partie la plus occidentale et le nord du Bas-Valais (cf. figure 4). Sur le versant nord des Alpes et dans le reste du Valais, la hauteur de neige fraîche était de 40 à 60 cm, dans la région du Gothard et dans le nord des Grisons, elle était de 20 à 40 cm. En haute montagne, ces valeurs moyennes n’étaient guère atteintes en raison du vent d’ouest tempétueux et des déplacements de neige qui y sont associés.

 

 
Avec la fin des précipitations, on ne s’attendait plus guère à des avalanches spontanées dans l’ouest et le danger a été rétrogradé. Un danger marqué d’avalanches prévalait donc sur une grande partie de l’ouest. Ce n’était que dans les Préalpes, dans les Grisons et sur le versant sud des Alpes, que le danger était plus faible avec un degré 2 (limité). Sous l’effet du réchauffement diurne et de l’ensoleillement, il y avait en outre un danger de coulées et d’avalanches de neige humide (cf. photo 5).

Photo 5: Comparaison de la couverture neigeuse de la Schrattenflue (2091 m, Marbach, LU) le dimanche 10 avril vers la mi-journée (14h00) et le soir (20h00). Sous l’effet de l’ensoleillement, de nombreuses avalanches de neige meuble s‘étaient décrochées au cours de l’après-midi (photos: roundschot.com).
 

Du lundi 11 au mercredi 13 avril: Diminution du danger d’avalanches sèches, augmentation du danger sous l’effet des températures très douces

A partir du lundi 11 avril, le temps était généralement ensoleillé et nettement plus doux. L’isotherme zéro degré était montée à plus de 3000 m (cf. figure 6). Le danger d‘avalanches sèches diminuait progressivement et le danger d‘avalanches mouillées augmentait à chaque fois en cours de journée. Le mercredi 13 avril, cette augmentation était si forte qu’un danger limité (degré 2) d’avalanches sèches avec carte double et une augmentation du danger d’avalanches mouillées en cours de journée jusqu’au degré marqué (degré 3) étaient annoncés.

 

 

Dans certaines régions, en particulier sur les pentes exposées au nord, les importantes accumulations de neige soufflée recouvraient une surface meuble de neige ancienne. Même si les avalanches étaient nettement plus rares que pendant les précipitations, elles pouvaient encore atteindre une grande ampleur (cf. photos 7 et 8).

 

 

Situation avalancheuse et vérification

Malgré l’augmentation de l’indice AAI (cf. figure 9), le nombre d‘avalanches signalées en relation avec les chutes de neige et les conditions météorologiques était plutôt faible. Cela devrait, du moins en partie, être dû au fait qu’un grand nombre d’avalanches n’ont pas été signalées.

 

 

D’une manière générale par faible visibilité et en particulier lorsque cela se passe à haute altitude, les avalanches sont difficiles à reconnaître. Si de surcroît il neige encore par la suite, comme pendant la dernière période de précipitations, les dépôts d’avalanches sont recouverts de neige fraîche et les avalanches ne sont souvent pas constatées. Les systèmes automatiques de détection peuvent réduire ce manque d’informations. Le radar d’avalanches de Geoprävent à Loèche-les-Bains le montre de façon impressionnante: Le vendredi 8 avril, plus de 20 phénomènes avalancheux ont été enregistrés (cf. photo 10). A la fin des précipitations, aucune n’était sans doute encore visible, de sorte que pas la moindre observation d’avalanche n’a été signalée.

 

 

Après chaque annonce d’un degré de danger 4, le Service des avalanches procède à une vérification – et cette opération s’est une fois de plus révélée difficile. Sur la base des détections automatiques et des signalements d’avalanches reçus, il a été possible de confirmer le degré de danger 4 pour le vendredi 8 avril dans la zone de précipitations les plus abondantes de la partie la plus occidentale du Bas-Valais et dans le nord du Valais à l’ouest du Wildstrubel. Nous avons reçu relativement peu de feed-back du sud du Valais. Les détections d’un autre radar d’avalanches à Zinal indiquent cependant que le degré 4 a également été atteint dans certaines régions. Pour le samedi 9 avril, il n’a pas été possible d’évaluer avec pertinence le degré de danger. En raison des précipitations et du vent, on peut déduire que le degré de danger 4 a été atteint, tout au moins en altitude.

 

 

Couche fragile au-dessus de la croûte avec la poussière du Sahara

Dans de nombreux cas, les avalanches se sont décrochées dans des couches fragiles entourant la couche avec la poussière du Sahara. La poussière du Sahara proprement dite se trouvait dans une croûte de couleur brun-orange qui réapparaissait après l’avalanche (cf. photo 11). Cela permet d’en déduire que les avalanches s’étaient décrochées dans la poussière du Sahara. Ce n’est cependant pas tout à fait exact, car la poussière du Sahara se trouvait dans une croûte de regel, et pour qu’il y ait avalanche de plaque il faut une couche fragile. La couche de poussière proprement dite n’intervient donc pas en tant que couche fragile. Au-dessus ou en dessous d’une croûte, il y a souvent formation de grands grains anguleux de neige – qui constituent alors une couche fragile. Lorsque celle-ci est recouverte d’un couche consolidée (la plaque de neige), tous les ingrédients sont réunis pour des avalanches de plaque.

 

 

Avalanches déclenchées par des personnes

Pendant la période couverte par le présent rapport, 23 avalanches déclenchées par des personnes ont été signalées au Service des avalanches. Un grand nombre d’entre elles se sont produites dans les régions avec les précipitations les plus abondantes, à savoir en Valais et sur l’ouest du versant nord des Alpes (cf. figure 12). Ces 23 avalanches ont touché au total 9 personnes dont une a été entièrement ensevelie.

 

 

Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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