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Rapport hebdomadaire 13 - 19 mars 2020

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Fin brutale de la saison de ski en raison de la pandémie de coronavirus

La météo s’est présentée sous son meilleur jour et la situation avalancheuse n’a cessé de s’améliorer. Cela aurait dû être une semaine parfaite de sports d’hiver – mais les choses se sont passées tout autrement. Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, tous les domaines skiables ont dû fermer au cours du week-end et, pour les autres activités également, de plus en plus de restrictions ont été imposées.

 

 
Photo 1 de 14
Confinement lié au coronavirus: un calme inquiétant alors que les conditions sont idéales. Vue depuis le Chäserrugg (2262 m) en direction du Gamsberg (photo: P. Diener, 14.03.2020).
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L’importante activité avalancheuse du mercredi 11 mars a laissé des traces. Cette photo montre une avalanche de plaque de neige, qui s’est décrochée sur une grande superficie dans la neige ancienne sur une pente exposée au nord-ouest près du Wuosthorn, 2814 m (Davos, GR) (photo: SLF/S. Mayer, 15.03.2020).
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Dans le Val Barlas-ch (Zernez, GR) également, ces randonneurs ont été confrontés à d’épais cônes d’avalanches de la semaine écoulée (photo: F. Guler, 15.03.2020).
Photo 4 de 14
Cette semaine encore, il y a également eu des déclenchements d’avalanches dans la neige ancienne. Sur cette photo, on peut voir une avalanche de plaque de neige sur la façade est du Chrachenhorn, 2891 m (Davos, GR), qui a été déclenchée à distance depuis la crête le mercredi 18 mars (photo: J. Schwarz).
Photo 5 de 14
La douceur du temps de ces derniers jours a donné lieu en de nombreux endroits à des avalanches de neige meuble humide, comme ici près du col de Fenestral, 2450 m (Salvan, VS) (photo: J.-L. Lugon, 15.03.2020).
Photo 6 de 14
Au cours la période analysée, on a également enregistré des avalanches de glissement et des ruptures de corniches. Ce glissement d’une petite superficie près du Tube, 2106 m (Saanen, BE) s’est produit peu de temps après le passage de randonneurs à ski au bas de la pente (ligne rouge). Même si la superficie est petite, l’avalanche aurait suffi pour provoquer un ensevelissement (photo: U. Grundisch, 16.03.2020).
Photo 7 de 14
Dans le Jura sur la façade sud-est de La Dôle, 1677 m (Chéserex, VD), des avalanches de glissement de grande superficie ont été constatées (photo: J.-P. Wagnières, 17.03.2020).
Photo 8 de 14
Ici aussi, il y a eu plusieurs avalanches de glissement sur une pente exposée à l’est à l’entrée du Val Strem (Tujetsch, GR) à 2000 m (photo: N. Levy-Schmid, 18.03.2020).
Photo 9 de 14
Le flanc est du Haupter Horn, 2585 m (Arosa, GR) offrait, à une altitude relativement élevée, un panorama similaire. Ce ne seront pas les dernières avalanches de glissement, de sorte que les pentes avec des avalanches de glissement doivent être évitées dans toute la mesure du possible (photo: M. Hohl, 19.03.2020).
Photo 10 de 14
La chaleur n‘a pas seulement eu des effets sur la neige, les arbres ont également senti le printemps. Floraison près de Sevelen (SG) avec des sommets blancs en arrière-plan (photo: P. Diener, 15.03.2020).
Photo 11 de 14
Le samedi 15 mars, le foehn avait donné lieu à des conditions difficiles dans la montée vers l’Alvier, 2341 m (Wartau, SG). Malgré le vent fort, les accumulations de neige soufflée restaient petites, car la neige transportable faisait défaut. En dessous, on peut voir les sillons d’écoulement de la dernière période de pluie (photo: P. Diener).
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De fréquentes tempêtes ont donné lieu cet hiver, y compris à moyenne altitude, à la formation de corniches et d’accumulations de neige soufflée. MétéoSuisse a même enregistré le mois de février avec le plus de tempêtes depuis le début des mesures. Sous l’effet de la douceur du temps, une petite avalanche de neige mouillée s’est décrochée sous la corniche à Hinderselun, 1800 m (Wildhaus-Alt St. Johann, SG) (photo: R. Bösch, 15.03.2020).
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En altitude, les corniches prennent du volume, comme ici près de la Bächilicke, 3377 m (vallée de Conches, VS) (photo: R. Imsand, 16.03.2020).
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De l’eau sous différentes formes: Sillons d’écoulement à la surface de la neige et surface gelée du lac d’Emosson, 1920 m (Finhaut, VS). A l’arrière-plan, on peut voir les Aiguilles du Vent (photo: J.-L. Lugon, 15.03.2020).
 

Météo

Dans la nuit du jeudi au vendredi 13 mars, il est tombé de 10 à 20 cm de neige dans les Alpes vaudoises et dans le Bas-Valais, et jusqu’à 30 cm dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais. Mais ce n’était d’abord qu’à haute altitude, car la limite des chutes de neige n’est descendue que progressivement depuis 2400 m à 2000 m. Dans le Haut-Valais et, au cours de la matinée, également sur le versant nord des Alpes, l’apport de neige fraîche était souvent de 5 à 15 cm, la limite des chutes de neige descendant à la fin à environ 1200 m. La journée du vendredi était assez ensoleillée en Valais et dans le sud, mais nuageuse ailleurs.

Le samedi était partiellement ensoleillé uniquement dans le sud du Valais et sur l’est du versant nord des Alpes, et nuageux ailleurs. Un foehn parfois fort soufflait dans les vallées du nord, tandis qu’en haute montagne les vents n’étaient généralement que modérés. Il est tombé un peu de neige dans le sud-est, la neige fraîche étant la plus abondante avec environ 20 cm dans le val Poschiavo ainsi que sur les plus hauts sommets du Sottoceneri.

Le dimanche était encore couvert et frais dans le sud (cf. photo 1), mais le soleil brillait partout ailleurs. A partir du lundi, le soleil brillait dans toute la Suisse et les températures à la mi-journée à 2000 m étaient douces avec +5 °C.

 

Manteau neigeux et danger d’avalanche

Passage d’une situation de neige fraîche et de neige soufflée à "aucun problème avalancheux marqué"

Dans la nuit du jeudi au vendredi 13 mars, comme c’était déjà le cas les jours et les semaines précédents, des chutes de neige se sont succédé surtout dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais (cf. le rapport hebdomadaire du 12 mars). Même si, par rapport aux semaines précédentes, la situation s’était déjà nettement améliorée, un danger "marqué" d’avalanche (degré 3) et un problème avalancheux lié à la neige fraîche devait encore être annoncé dans cette région.

Contre toute attente, une avalanche spontanée de plaque de neige d’une ampleur exceptionnelle a été signalée le vendredi dans la partie postérieure du val Ferret (cf. photos 2 et 3). Elle s’était décrochée à environ 3500 m comme avalanche de plaque de neige sèche. Sur son parcours vers la vallée, elle a également emporté plus bas de la neige mouillée et ne s’est arrêtée qu’après environ 3,5 km et près de 2000 m plus bas. Comme elle s’était produite en terrain avalancheux typique, elle n’a pas provoqué de dommages. Au vu de l’épaisseur de rupture, elle a emporté plus que la neige fraîche du jeudi 12 mars. L’endroit précis de la rupture est encore inconnu actuellement.

 

Par ailleurs, un problème avalancheux lié à la neige soufflée prévalait au début de cette période examinée par le rapport hebdomadaire. Les accumulations de neige soufflée pouvaient parfois se décrocher très facilement, mais elles étaient généralement si petites que le danger résidait plutôt dans le risque d’être entraîné dans une chute que dans le risque d’ensevelissement (cf. photo 4).

Par la suite, la situation avalancheuse n’a cessé de s’améliorer. Au début, le danger d’avalanche était considéré comme "faible" (degré 1) dans le Jura, dans les Préalpes et dans le Sottoceneri. A partir du mardi, le degré de danger inférieur prévalait partout, sauf dans les régions intra-alpines où persistait un problème avalancheux lié à la neige ancienne. Le danger subsistant résidait dans les couches proches de la surface, mais il ne pouvait plus être clairement attribué à un problème avalancheux typique. Dans ces conditions, la formulation utilisée cet hiver est "aucun problème avalancheux typique".

 

Neige ancienne

"Surtout dans les régions intra-alpines du Valais et des Grisons, tout particulièrement sur les pentes abritées du vent et rarement empruntées au-dessus de 2400 m environ, le manteau neigeux renferme à certains endroits des couches fragiles profondes…" Les prévisionnistes d’avalanches n’ont-ils pas plus d’imagination, ou veulent-ils noircir le tableau des risques liés à la neige? Evidemment, les adeptes des sports d’hiver n’aiment pas entendre des phrases ou des formulations de ce genre ! Et pourtant: Les couches fragiles enneigées composées de grands cristaux anguleux persistent très longtemps. Après que début mars, on n’a plus constaté de ruptures dans la neige ancienne, de nombreuses avalanches se décrochant dans ces couches fragiles se sont à nouveau produites à cause de la pluie au cours de la dernière période examinée par le rapport hebdomadaire. Avec le refroidissement du temps, le risque de déclenchement d’avalanche a à nouveau nettement diminué pendant cette période analysée. Un déclenchement à distance dans la région frontalière du val Poschiavo (cf. photo 5) et un autre dans la région de Davos (cf. photos 6 et 7) montrent que de telles ruptures étaient néanmoins possibles localement.

Les endroits dangereux étaient également si rares y compris dans les régions intra-alpines, ce qui correspond plutôt à un degré de danger 1. En raison de la taille des avalanches, un danger d’avalanche limité (degré 2) était cependant encore annoncé.

 

Neige mouillée et neige glissante

Au cours des nuits claires, la surface neigeuse gelait et devenait portante à moyenne altitude à toutes les expositions et sur les pentes raides orientées au sud jusqu’aux alentours de 3000 m. Sous l’influence du réchauffement diurne et de l’ensoleillement, le danger d’avalanche de neige mouillée augmentait à chaque fois en cours de journée (cf. photo 8). Mais globalement, l’activité avalancheuse demeurait limitée, de sorte que seul un danger "limité" d’avalanche de neige mouillée (degré 2) était annoncé. Avec le ciel dégagé et l’air sec, la neige restait froide et largement sèche sur les pentes raides orientées au nord de haute altitude, malgré les températures douces de l’air.

 

 

Au cours de la période examinée, des avalanches de glissement ont également été signalées, et pas seulement à partir de pentes exposées au sud. Elles se sont essentiellement produites dans les régions avec beaucoup de neige de la partie la plus occidentale et du nord du Bas-Valais (cf. figure 9). Certaines avalanches de glissement avaient une grande ampleur voire même une très grande ampleur (cf. photo 10).

 

 

Situation neigeuse

A la mi-mars, il y avait à 2000 m de 1 à 2 m de neige sur une grande partie du territoire. Dans les vallées supérieures de la Viège et en Haute-Engadine, les hauteurs de neige étaient plus faibles. Dans le Jura, seuls les plus hauts sommets étaient encore couverts de neige. A moyenne altitude, les hauteurs de neige étaient partout inférieures aux valeurs moyennes. A haute altitude, en revanche, ce n’était que sur le versant nord des Alpes qu’elles étaient inférieures aux moyennes de saison. Dans les autres régions, elles correspondaient aux données moyennes, et en Valais, elles étaient même nettement supérieures à ces valeurs (cf. photo 11).

 

 

Fin précoce de saison en raison de la pandémie de coronavirus

Après la décision du Conseil fédéral du vendredi après-midi 13 mars, tous les domaines skiables ont dû cesser leurs activités. La plupart d’entre eux se sont immédiatement conformés à cette exigence le soir même ; les derniers ont suivi dans le courant de la journée du samedi 14 mars.

Avec la fin de la saison de ski, le Service des avalanches disposait de nettement moins d‘informations qu’habituellement en cette période de l’année. Par conséquent, la diffusion du bulletin d‘avalanches matinal a été arrêtée le mardi 17 mars. Le bulletin diffusé en soirée paraît toujours quotidiennement à 17h00.

Après un renforcement des mesures prises par le Conseil fédéral le lundi 16 mars, les randonnées organisées et guidées étaient interdites dans toute la Suisse. Des randonnées privées à ski n'étaient pas interdites dans toute la Suisse. Il est important de respecter les recommandations de l’OFSP, c’est-à-dire de rester à distance, de s’abstenir des voyages inutiles et de faire preuve d’une prudence particulière, afin de ne pas aggraver davantage encore, à cause d’accidents supplémentaires, la situation des services de santé qui seront bientôt de toute façon surchargés. Afin de ne pas attirer l’attention sur des conditions parfaites de randonnées et ainsi de promouvoir éventuellement les activités de randonnées, le Service des avalanches a suspendu à partir du dimanche 15 mars toutes les interviews de radio portant sur la situation neigeuse et avalancheuse. Si, en cas de danger d’avalanche accru, des voies de communication devaient être menacées, ces interviews seraient à nouveau organisées en fonction de la situation.

Accidents d’avalanche

Avec la prédominance d’une bonne situation avalancheuse, il n’y avait que peu d’endroits dangereux, et en raison de la pandémie de coronavirus, les activités de sports d’hiver étaient limitées. Même si plusieurs avalanches ont été déclenchées et une personne a été emportée au cours de la période examinée, il n’y a heureusement pas eu de dégâts.

 

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Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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