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Rapport hebdomadaire 03 - 08 avril 2020

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Soleil, neige gros sel et coronavirus

La météo s’est présentée sous son meilleur jour et après les nuits claires, le danger d’avalanche était généralement faible (degré 1). En cours de journée, le soleil ramollissait la surface neigeuse donnant lieu à quelques avalanches de neige mouillée et avalanches de glissement.

 
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Le chalet d’alpage à 2060 m sur la façade sud du Louwenehore (Gstaad, BE) peut être touché par des avalanches, même lors d’un hiver avec peu de neige. Il est protégé par une étrave (photo: U. Grundisch, 03.04.2020).
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Pas de home office, mais réduit au chômage: Le mât de déclenchement d’avalanches au nord-est du Glogghüs (2534 m, Hasliberg, BE) a pour fonction de sécuriser les pistes du domaine skiable de Melchsee-Frutt. Il n’est actuellement pas utilisé en raison de l’arrêt de l’activité lié au coronavirus (photo: B. Henauer, 04.04.2020).
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En dessous des rochers, on peut voir la ligne de rupture de cette avalanche de plaque de neige dans le Chüealptal (Davos, GR) au nord-ouest du Sattelhorn, 2979 m. Les rebords latéraux font penser à une coulée de boue (photo: SLF/C. Lucas, 04.04.2020).
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Cette avalanche ne voulait-elle pas rencontrer les autres, ou pour quelles raisons a-t-elle opéré un virage à 90 degré juste avant de s’arrêter? Les avalanches de neige mouillée prennent parfois des directions très bizarres, comme ici dans la vallée de Süs, Klosters-Serneus, GR (photo: SLF/S. Ziegler, 04.04.2020).
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Sur les pentes raides exposées au nord de haute altitude, le manteau neigeux est généralement encore sec. Ici au Brisi (2277 m, Wildhaus-Alt St. Johann, SG) avec en surface de la neige ancienne ayant parfois subi une métamorphose constructive (photo: P. Diener, 04.04.2020).
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Dépôts déjà un peu plus anciens d’avalanches de neige meuble mouillée en dessous d’un couloir exposé au sud-est sur les Unghürhörner (Klosters-Serneus, GR; photo: SLF/S. Ziegler, 04.04.2020).
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Important givre de surface dans le val de Nendaz (VS). Mais attention s’il est recouvert de neige fraîche (photo: G. Cheseaux, 05.04.2020).
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Dans les zones sans neige, les crocus printaniers (lat. Crocus vernus) fleurissent déjà. La couleur typique est le blanc, mais parfois aussi le violet. Ici, à proximité du lac des Préalpes (Grabs, SG; photo: P. Diener, 05.04.2020).
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Fissure de glissement sur la façade sud-est du Golegghorn (3075 m, Guttannen, BE). La neige tient sur le substrat plat – mais pour combien de temps encore? (Photo: B. Henauer, 06.04.2020).
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Pour combien de temps la solide couche de glace résistera-t-elle encore sur le lac de Sils (Engadine, GR)? Les pentes orientées au sud-est sur la rive gauche sont largement sans neige jusqu’au-dessus de 2200 m (photo: J.-A. Bisaz, 07.04.2020).
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Désir de montagne: Isetällispitz près de Davos, GR (photo: SLF/M. Marty, 07.04.2020).
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Afin de disposer des informations de base nécessaires en cas de dégradation de la situation, un minimum de mesures sont encore effectuées régulièrement. Vue depuis un des champs de mesure les plus hauts situé au Felskinn au-dessus de Saas Fee, VS. Sur les pentes ensoleillées, la limite de la neige se situe déjà aux alentours de 2200 m (photo: P. Schneiter, 07.04.2020).
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Même à moyenne altitude, des avalanches de glissement peuvent toujours se décrocher, surtout pendant la seconde moitié de la journée. En voici un exemple impressionnant sur le Dejenstogg qui culmine seulement à tout juste 2021 m au-dessus du lac de Klöntal, Glaris (photo: M. Scherrer, 08.04.2020).
 

Météo

Le temps était beau (cf. photo 1) et à partir du dimanche 5 avril, il faisait doux en journée, surtout dans le nord. Pendant la journée, l’isotherme zéro degré a parfois grimpé jusqu’à 3000 m (cf. figure 2). Au cours de la nuit du dimanche au lundi 6 avril, un foehn modéré à fort soufflait dans le nord. A part cela, le vent n’était que faible à modéré.

 

Manteau neigeux et avalanches

Sur les pentes raides exposées au nord de haute altitude, c’est-à-dire au-dessus de 2000 m environ, le manteau neigeux était encore sec. Ailleurs, il était humide au moins en surface, et après des nuits claires, il était gelé et offrait à chaque fois le matin une surface portante. Par conséquent, le danger d’avalanche était souvent faible (degré 1) le matin, avec les exceptions suivantes:

  • Au cours de la dernière période examinée par le rapport hebdomadaire, il était tombé un peu de neige par des températures hivernales sur une grande partie du territoire, et dans le sud localement jusqu’à 40 cm. Cette neige fraîche ne s’était pas encore suffisamment stabilisée, de sorte que le vendredi 3 avril un danger d’avalanche limité (degré 2) était annoncé dans les régions intra-alpines du Valais ainsi que dans de grandes parties du Tessin et des Grisons. Le samedi 4 avril, cela ne concernait plus que certaines parties du Tessin et le sud Moesano. 
  • Pendant la nuit du dimanche au lundi 6 avril, le foehn parfois fort de secteur sud pouvait déplacer un peu de neige ancienne sur les pentes à l’ombre de haute altitude. C’est la raison pour laquelle un degré limité d’avalanche de neige sèche (degré 2) était annoncé pour une journée pour les montagnes relativement hautes du versant nord des Alpes.

Surtout dans les régions intra-alpines aux endroits orientés au nord, abrités du vent et avec peu de neige au-dessus de 2400 m environ, le manteau neigeux renfermait localement des couches fragiles profondes (cf. série de photos 2). Même si les tests de stabilité donnaient encore localement lieu à des ruptures dans ces couches, il n’y a plus eu d’avalanches depuis un certain temps déjà. Le danger d’avalanche de neige sèche a dès lors, ici aussi, été évalué comme faible (degré 1), mais assorti du problème avalancheux typique lié à la "neige ancienne".

 
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Série de photos 2, photo 1: L’hiver n’est pas encore terminé, sur les pentes exposées au nord la neige est encore sèche. Pour pouvoir prévoir des situations futures avec de très grandes avalanches, les prévisionnistes d’avalanches doivent connaître la constitution du manteau neigeux…
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Série de photos 2, photo 2: … car celui-ci renferme certainement encore des couches fragiles composées de cristaux grossiers anguleux (taille de la grille: 1 mm). Lors du premier début d’humidification de la neige, ces cristaux peuvent devenir problématiques. Pente à l’ombre sur le Gmeinboden, Klosters-Serneus, GR. (photo: SLF/T. Stucki, 04.04.2020).
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Série de photos 2, photo 3: Autre profil de neige fragile relevé sur plan horizontal d’une pente exposée au nord à 2340 m dans la Leventina (Quinto, TI). La neige de fin mars recouvrait une couche fragile composée de grains grossiers. L’émission d‘un bruit sourd et la fissure signalaient que la neige était encore susceptible de se décrocher. En cas de nouvelles chutes de neige, le givre recouvrant la surface formera une nouvelle couche fragile (photo: A. Dotta, 07.04.2020).
 

Sous l’effet de l’ensoleillement et du réchauffement, le danger d’avalanche de neige mouillée augmentait à chaque fois en cours de journée jusqu’au degré limité (degré 2), de sorte qu’à partir du dimanche 5 avril, l’estimation du danger d’avalanche était à chaque fois assortie d’une double carte. Après analyse approfondie, le fait que malgré des températures douces, on n’ait pratiquement pas signalé de grandes avalanches de neige mouillée n’est pas surprenant (cf. photo 3):

  • En présence d’air sec, la surface neigeuse refroidissait fortement pendant les nuits claires. C’est la raison pour laquelle, malgré les températures douces, il n’y avait pas encore d’humidification totale du manteau neigeux. 
  • Sur les pentes orientées au sud, l’ensoleillement et le réchauffement diurne mouillaient certes à chaque fois le manteau neigeux, y compris à haute altitude. Mais l’élément critique pour les avalanches de neige mouillée est surtout le premier début d’humidification d’une couche molle composée de cristaux anguleux grossiers. Sur les pentes exposées au sud, ce premier début d’humidification était déjà intervenu il y a pas mal de temps. Les calculs du bilan énergétique montrent que, pendant cette période examinée par le rapport hebdomadaire, sans doute uniquement les pentes exposées à l’ouest et à l’est à environ 2700 m d’altitude ont subi une première humidification.
 

Situation neigeuse

Le mercredi 8 avril, les hauteurs de neige à haute altitude étaient inférieures aux valeurs moyennes sur le versant nord des Alpes et dans les Grisons au nord du Rhin antérieur. Plus loin vers le sud, elles correspondaient aux données moyennes (cf. photo 4 et figure 5). Dans le sud du Valais, il y avait parfois en altitude encore plus de neige que normalement en cette période de l’année.

En dessous de 2000 m, les hauteurs de neige étaient partout inférieures aux valeurs moyennes. La raison n’en est pas le manque de précipitations, mais la douceur du temps et la succession d’épisodes de pluie jusqu’au-dessus de 2000 m. Un résumé de l’évolution de l’hiver jusqu’à ce jour – le deuxième hiver le plus doux depuis le début des mesures en 1864 – est repris dans le Flash hiver qui vient d’être publié.

 

Accidents d’avalanche

Sur la base des informations fournies, aucun accident.

Randonnées à ski en cette période de coronavirus

"Restez à la maison. Sauvez des vies." – Malgré les conditions météorologiques et avalancheuses parfaites pendant cette période couverte par le rapport hebdomadaire, de nombreux randonneurs à ski ont résisté à la tentation de sortir. D’autres ne sont pas parvenus à suivre l’injonction de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le samedi 4 avril, une vidéo tournée au col de la Flüela (Davos, GR) est devenue virale: Des promeneurs et des randonneurs à ski avaient garé sur une distance de deux kilomètres plus d’une centaine de véhicules des deux côtés de la route. La police du canton des Grisons faisait état d’un nombre record de visiteurs et d’une situation qu’elle ne pouvait plus tolérer. Le lendemain, l’accès a été interdit.

Dans cette situation exceptionnelle, on attend de nous tous le respect d’autrui et la volonté de renoncer à certaines pratiques.

 

Vers le haut

Evolution du danger

Bulletins d'avalanche de cette période.

 

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