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Météo, manteau neigeux et danger d'avalanche dans les Alpes suisses. L'année hydrologique 2012/13

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Résumé

Résumé de l'hiver 2013 (octobre 2012 à mai 2013)

  • Au cours de l’hiver 2012/13 (novembre à avril), les quantités de précipitations étaient supérieures à la normale surtout sur le Plateau central. Les nombreux jours avec de la neige fraîche ont apporté à la mi-décembre, sur une grande partie du Plateau central, un manteau neigeux d’une épaisseur de 30 à 50 cm égalant ainsi parfois les hauteurs de neige de décembre 1998 (hiver avalancheux de 1999).
  • Considérées sur l’ensemble de la saison hivernale, les hauteurs de neige
  • - étaient supérieures aux valeurs moyennes dans de grandes parties des Alpes suisses et du Valais,
  • - correspondaient aux données moyennes dans le nord et le centre des Grisons ainsi qu’en Basse-Engadine et
  • - étaient inférieures aux moyennes en Haute-Engadine et sur la façade sud des Alpes.
  • L’hiver a commencé dès le mois d’octobre avec deux épisodes de chutes de neige jusqu’à basse altitude.
  • Entre fin novembre et mi-décembre, il a neigé abondamment à diverses reprises surtout dans le nord et dans l’ouest. A la mi-décembre, les hauteurs de neige atteignaient déjà dans le nord et dans l’ouest, deux à trois fois la moyenne pluriannuelle. Des avalanches ont été déclenchées surtout dans les couches superficielles, mais parfois également dans les épaisses couches de neige fraîche et de neige soufflée.
  • Les fortes chutes de neige se sont poursuivies jusqu’à mi-janvier. Au nord de l’axe Rhône-Rhin et sur le versant sud des Alpes, la constitution du manteau neigeux était généralement favorable. Les avalanches se décrochaient surtout aux passages de la neige fraîche à la neige ancienne. Au sud de cet axe, les avalanches se décrochaient généralement dans les couches plus profondes, plus particulièrement aux endroits plutôt faiblement enneigés ou sur les pentes très raides à l’ombre.
  • Au cours de la première moitié de février, il a neigé fréquemment et abondamment, surtout dans le nord. La neige fraîche et la neige soufflée se déposaient sur une croûte de regel sur laquelle s’était souvent formée une couche molle de neige ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux. Ces conditions ont donné lieu à une situation avalancheuse délicate. Sous l’influence croissante d’une zone de haute pression, le temps est devenu ensoleillé à partir de la seconde moitié du mois et, vers la fin du mois également, il a fait nettement plus doux.
  • La première humidification du manteau neigeux est intervenue début mars. De nombreuses avalanches petites et moyennes de neige mouillée et de glissement se sont produites. Par la suite, deux offensives hivernales, peu après mi-mars et à la fin du mois, ont donné lieu à une activité accrue d’avalanches de neige sèche.
  • Au cours de la première moitié du mois d’avril, il a neigé à diverses reprises. Dans les hautes montagnes du nord et de l’ouest, le danger d’avalanche de neige sèche était accru. Sous l’influence des températures élevées mi-avril, l’humidification du manteau neigeux progressait rapidement à haute altitude. Ces conditions ont donné lieu à une importante activité d’avalanches de neige mouillée et d’avalanches de glissement. De nombreuses avalanches de neige mouillée de taille moyenne, et localement aussi de grande taille, se sont produites. Puis, une nouvelle offensive hivernale a succédé à ce temps très doux.
  • Dans l’ouest du Bas-Valais, les hauteurs de neige étaient encore supérieures à la moyenne – y compris à la fin du mois d’avril. Dans de grandes parties du versant nord des Alpes et du reste du Valais, elles correspondaient aux valeurs moyennes, tandis qu’ailleurs elles étaient inférieures aux moyennes. 
  • Normalement, les hauteurs de neige diminuent fortement pendant le mois de mai. Au cours de l’hiver 2012/13 en revanche, les hauteurs de neige aux stations automatiques IMIS ont souvent augmenté entre mi-mai et fin mai, et ce de manière particulièrement importante sur la crête principale des Alpes.
  • Le bulletin d’avalanches a été diffusé quotidiennement du 27.11.2012 au 05.05.2013. Le degré de danger 1 (faible) était moins fréquent alors que les degrés de danger 2 et 3 (limité et marqué) étaient un peu plus fréquents que dans la moyenne pluriannuelle.
  • Sur le versant nord des Alpes, en Valais et dans les Grisons, les accidents d’avalanche ont coûté la vie à 22 personnes (situation au 31. mai 2013, la moyenne pluriannuelle étant de 25 morts).
 

Résumé de l'été 2013 (juin à septembre 2013)

  • De juin à septembre, six périodes neigeuses ou avalancheuses significatives se sont succédé. Il n'a généralement neigé qu'en haute montagne. Fin juin et fin août, la neige est tombée à deux reprises à haute altitude. En septembre, il a neigé faiblement à plusieurs reprises à haute altitude, et même une fois à moyenne altitude.
  • En septembre, la formation d'un nouveau manteau neigeux a commencé en haute montagne. A l'exception des zones de glaciers, les altitudes élevées étaient en grande partie sans neige en raison des conditions météorologiques douces.
  • Au cours de l'été 2013, trois bulletins d'avalanches ont été diffusés (la moyenne étant de deux à trois bulletins en été).
  • En juin 2013, deux avalanches avec des dégâts matériels et quatre avalanches ayant touché des personnes ont été signalées au Services des avalanches. Il n'y a pas eu d'accidents mortels d'avalanche. La moyenne pluriannuelle des victimes au cours des mois de juin à septembre est de deux décès.

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Évolution des hauteurs de neige

 

Hauteurs relatives de neige

Les graphiques suivants montrent les pourcentages d’écart des hauteurs mensuelles moyennes de neige de l’hiver 2013, à l’altitude de la station, par rapport à la moyenne pluriannuelle de la période de 1971 à 2000. Les hauteurs de neige inférieures aux valeurs moyennes sont indiquées en rouge et les hauteurs supérieures aux valeurs moyennes en bleu. Les données proviennent des stations avec observateur du SLF et des stations de MétéoSuisse ainsi que des stations automatiques du réseau IMIS (Système intercantonal de mesure et d’information). Lors de l’interprétation, il y a lieu de tenir compte du fait que seuls les modèles à grande échelle sont intéressants. Il convient de ne pas donner une importance excessive aux échantillons de données à petite échelle ou aux grands écarts entre les valeurs. Dans la section "Sélection de stations avec observateur" (cf. ci-après), l’évolution de la hauteur de neige dans le temps est indiquée pour différentes stations.

Le mois d’octobre était plutôt doux avec des précipitations abondantes. Au début, il a plu pratiquement jusqu’en haute montagne. Il y a eu ensuite deux épisodes de chutes de neige jusqu’à basse altitude. Entre les deux, l’isotherme zéro degré est montée à plus de 4000 mètres.

 

Au cours de la première moitié du mois de novembre, il a neigé à diverses reprises au-dessus de 2500 mètres environ. Le temps était ensuite celui d’une fin d’automne, généralement ensoleillé et doux entraînant de plus en plus la fonte totale de la neige sur les pentes exposées au sud. A la fin du mois, il a neigé d’abord abondamment dans le sud, puis également dans le nord. Fin novembre (figure 1, en haut), les hauteurs de neige correspondaient aux valeurs moyennes à haute altitude dans le Valais et sur la crête principale des Alpes, tandis qu’ailleurs elles étaient plutôt inférieures aux données moyennes.

Le mois de décembre a commencé par d'abondantes chutes de neige, surtout dans le nord et dans l’ouest. Mi-décembre, les hauteurs de neige à 2000 m y atteignaient déjà 120 à 200 cm, c’est-à-dire deux à trois fois la moyenne pluriannuelle. Les nombreux jours de chutes de neige ont apporté sur une grande partie du Plateau central un manteau neigeux d’une épaisseur de 30 à 50 cm. Pendant la seconde moitié de décembre, des précipitations sont également survenues à diverses reprises, parfois sous forme de pluie jusqu’à plus de 2000 m. La météo de dégel qui prévalait à Noël était si marquée que la neige n’a plus persisté qu’au-dessus de 800 m. Fin décembre, les hauteurs de neige (figure 1, en bas) étaient nettement supérieures aux valeurs moyennes dans le nord et dans l’ouest, tandis que dans les autres régions, elles correspondaient aux données moyennes ou étaient légèrement inférieures.

 

Le mois de janvier a commencé par un temps assez ensoleillé. Il a ensuite neigé surtout dans le nord à diverses reprises jusqu’à basse altitude avec parfois une intensité très élevée. C’est ainsi par exemple que la station IMIS „Schilthorn“ (BE) a enregistré près de 40 cm de neige fraîche en l’espace de 7 heures. Peu après mi-janvier, une forte situation de foehn de secteur sud s’est installée. En l’espace de deux jours, les températures à la mi-journée ont augmenté de quelque 20 degrés dans le nord. A la fin de la situation de foehn de secteur sud, une phase de brouillard élevé a débuté dans le nord. La limite supérieure du brouillard se situait aux alentours de 2000 m. Au-dessus de cette altitude, le temps était le plus souvent ensoleillé. Vers la fin du mois, il y a eu des précipitations avec une limite des chutes de neige au-dessus de 2000 m. Fin janvier, les hauteurs de neige (figure 2, en haut) étaient légèrement supérieures aux moyennes dans de grandes parties du versant nord des Alpes et du Valais, tandis que sur le reste du territoire, elles correspondaient aux données moyennes. Dans de grandes parties du versant sud des Alpes, les hauteurs de neige étaient déjà inférieures aux valeurs moyennes.

Le mois de février a commencé avec d’importantes chutes de neige, surtout dans le nord, où trois périodes de précipitations avaient apporté au 10 janvier plus de 200 cm de neige. Les températures ont ensuite diminué sensiblement. Il a fait le plus froid au cours de la nuit du 9 au 10 février sur la Glattalp dans le Muotatal (1850m) avec -40°C. En raison du froid, la neige ne s’est tassée que lentement. Sous l’influence croissante d’un anticyclone, le temps est devenu assez ensoleillé à partir de mi-février, sauf sur le versant nord des Alpes où s’étendait du brouillard élevé avec une limite supérieure aux alentours de 1800 m. Ce brouillard a donné temporairement lieu à des chutes de neige. Peu avant la fin du mois, il a neigé dans le sud. La fin du mois de février était ensoleillée et douce au-dessus du brouillard élevé dans le nord ainsi que dans les autres régions. Fin février, les hauteurs de neige (figure 2, en bas) étaient supérieures aux valeurs moyennes avec 200 à 300 cm dans le nord et dans l’ouest, et elles étaient inférieures aux données moyennes dans le sud. Dans les autres régions, l’enneigement correspondait plus ou moins à la normale avec environ 100 cm de neige.

 

Au-dessus du brouillard élevé sur le versant nord des Alpes, le début du mois de mars était ensoleillé. L’ensoleillement a de plus en plus humidifié le manteau neigeux. Le refroidissement qui a suivi a de nouveau stabilisé la couverture neigeuse. Après mi-mars et à la fin du mois, deux épisodes de chutes de neige ont donné lieu à des conditions de plein hiver aux alentours de Pâques. Fin mars, les hauteurs de neige (figure 3, en haut) étaient encore légèrement supérieures aux moyennes, surtout dans le Bas-Valais et dans l’Oberland bernois alors que dans les autres régions, elles étaient légèrement inférieures aux valeurs moyennes.

Au cours du mois d’avril, le temps était variable. A partir du 11 avril, les températures ont nettement augmenté. L’humidification du manteau neigeux a progressé à haute altitude et aux expositions côté nord. Il y a eu ensuite une offensive hivernale avec des chutes de neige exceptionnellement fortes pour la saison. Par la suite, les conditions étaient brièvement printanières, mais à la fin du mois, il a de nouveau neigé. Les hauteurs de neige (figure 3, en bas) correspondaient aux valeurs moyennes sur le versant nord des Alpes, dans de grandes parties du Valais, dans le nord et le centre des Grisons, en Basse-Engadine ainsi que dans le Val Müstair, et elles étaient inférieures aux moyennes dans la vallée de Conches sur le versant sud des Alpes ainsi qu’en Haute-Engadine.

En mai également, il a neigé à diverses reprises, parfois abondamment et jusqu’à basse altitude. Sauf en Engadine, la plupart des stations situées au-dessus de 1400 m environ affichaient un nombre de jours de chutes de neige supérieur à la moyenne. A la fin du mois de mai, la limite de la neige se situait aux alentours de 2000 à 2200 m dans le nord, et elle était légèrement plus élevée dans le sud. A 2500 m d’altitude, sur une grande partie du territoire, on mesurait encore de 120 à 200 cm de neige et jusqu’à environ 300 cm dans le nord et l’ouest du Valais ainsi que sur le centre de la crête principale des Alpes. Normalement, les hauteurs de neige diminuent fortement au cours du mois de mai. Pendant l’hiver 2012/13, elles ont en revanche augmenté à un grand nombre de stations automatiques IMIS entre mi-mai et fin mai, et de manière particulièrement sensible sur la crête principale des Alpes.

 

Pendant l’hiver 2012/13 (novembre à avril), les quantités de précipitations étaient supérieures à la normale, surtout sur le Plateau central. Au-dessus de 1700 m environ, aucune station à l’exception du centre du Valais et du Bas-Valais n’a enregistré des quantités de neige fraîche supérieures à la moyenne. Sur le Plateau central entre Genève, Bâle, Zurich et St-Gall, les quantités de neige fraîche étaient deux fois plus élevées que la normale. Ce ne sont cependant pas les quantités de neige fraîche qui étaient vraiment inhabituelles, mais le grand nombre de jours avec des chutes de neige. Pour de nombreuses stations du Plateau central suisse, il faut remonter à l'hiver 1986/87 pour trouver davantage de jours avec de la neige fraîche. En dessous de 1000 m, il a neigé environ un jour sur quatre à un jour sur six de décembre à mars, et au-dessus de cette altitude, la fréquence des chutes de neige était même d’un jour sur deux à un jour sur trois. Sur une grande partie du Plateau central, les nombreux jours avec de la neige fraîche se sont traduits, mi-décembre, par un manteau neigeux d’une épaisseur de 30 à 50 cm, égalant ainsi parfois les hauteurs de neige de décembre 1998 (hiver avalancheux de 1999) et donnant même lieu dans certains cas à de nouvelles valeurs maximales aux stations de l’ouest situées à une altitude relativement élevée. La période qui a suivi, aux alentours de Noël, était ensuite caractérisée par une météo de dégel si marquée que ce n’est qu’au-dessus de 800 m que la neige a pu persister.

Si l’on considère les hauteurs de neige moyennes pour l’ensemble de l’hiver, on observe des valeurs supérieures aux données moyennes (figure 4) pour le Valais sans la vallée de Conches ainsi pour le versant nord des Alpes. Dans la vallée de Conches, dans la région du Gothard et en Haute-Engadine, les hauteurs de neige correspondaient aux valeurs moyennes, tandis que dans le nord et le centre des Grisons, sur le versant sud des Alpes et en Basse-Engadine, elles étaient inférieures à ces valeurs.

 

Sélection de stations d'observation

Les graphiques suivants reprennent à chaque fois l’évolution des hauteurs de neige relevées quotidiennement comparées à la hauteur de neige la plus élevée mesurée à cette station chaque jour, au minimum absolu et à la moyenne pluriannuelle. Le nombre d’hivers (n) depuis le début des relevés jusqu’en 2013 est mentionné dans la légende. Les régions avec une évolution comparable des hauteurs de neige au cours de l’hiver 2013 sont regroupées et décrites sur la base de stations représentatives.

Régions sur le versant nord des Alpes

 

L’évolution des hauteurs de neige sur le versant nord des Alpes peut être suivie à l’appui de la station comparative Hasliberg, 1825 m (figure 5), qui effectue des relevés depuis de nombreuses années: Deux offensives hivernales ont apporté de la neige dès le mois d’octobre. Fin octobre, on observait environ 20 cm de neige sur le champ de mesure. Le temps ensoleillé et doux de fin d’automne qui a prévalu au cours de la première moitié du mois de novembre a fait totalement fondre la neige sur le champ de mesure entre le 17 et le 28 novembre. Avec les fortes chutes de neige de début décembre à mi-janvier, la hauteur de neige a rapidement augmenté pour dépasser la valeur moyenne dès début décembre. Les trois épisodes de chutes de neige abondantes de début février ont donné lieu à une augmentation de 93 cm de la hauteur de neige, qui est passée à 241 cm entre le 1er février et le 9 février. Cette valeur est le maximum atteint au cours de l’hiver 2012/13. Elle a été atteinte près de deux mois plus tôt que la normale. A l’exception de deux épisodes de chutes de neige, le mois de mars était le plus souvent sec, de sorte que l’enneigement total avoisinait la valeur moyenne. La situation météorologique avec des courants opposés qui a prévalu après mi-avril a de nouveau fait augmenter la hauteur de neige, qui était auparavant inférieure à la moyenne jusqu’au-delà de la moyenne pluriannuelle. Par la suite, l’enneigement correspondait plus ou moins aux données moyennes avant les précipitations plutôt exceptionnelles de la fin du mois de mai qui ont fait remonter les hauteurs de neige à un niveau supérieur aux valeurs moyennes.

Les hauteurs de neige au cours de l’hiver 2012/13 étaient supérieures aux données moyennes sur le versant nord des Alpes depuis début décembre jusqu’à mi-avril.

Valais

 

L’évolution des hauteurs de neige en Valais peut être suivie à l’appui de la station comparative Fionnay, 1500 (figure 6) qui effectue les relevés depuis de nombreuses années. Si l’on fait abstraction des chutes de neige de fin octobre, le champ de mesure était sans neige jusqu’au 27 novembre. Les abondantes chutes de neige entre début décembre et mi-janvier, et au cours de la première moitié de février ainsi qu'en mars, ont fait en sorte que la hauteur de neige dépassait la moyenne pluriannuelle du 29 novembre jusqu’au 26 avril. La hauteur de neige maximale a été atteinte le 8 février avec 164 cm, c’est-à-dire comme pour le versant nord des Alpes, environ deux mois plus tôt que la normale. Si l’enneigement avait augmenté rapidement fin novembre/début décembre, il a diminué tout aussi rapidement à la fin du mois d’avril. C’est ainsi qu’à partir du 20 avril, il a diminué de 110 cm en 14 jours. Le dernier mètre de neige avait fondu tout aussi rapidement au cours des hivers 1986, 1994, 1995, 1996, 2001 et 2002. La fonte du dernier mètre avait été plus rapide encore en 1938 (11 jours) et au cours des années 1968, 1983 et 1985 (13 jours). La valeur enregistrée cette année se situe ainsi au troisième rang dans la comparaison pluriannuelle. Le 4 mai, le champ de mesure était pour la première fois sans neige au cours de l’hiver 2012/13. Le temps variable du printemps avec des chutes de neige répétées jusqu’à l’altitude de la station a fait en sorte que la hauteur de neige a sans cesse légèrement augmenté au cours du mois de mai.

La caractéristique de l’évolution des hauteurs de neige est très semblable à celle des stations du versant nord des Alpes au cours de l’hiver 2012/13. Les hauteurs de neige étaient également supérieures aux valeurs moyennes de début décembre à mi-avril.

 

Nord et centre des Grisons ainsi que Basse-Engadine

 

L’évolution des hauteurs de neige dans le nord et le centre des Grisons ainsi qu'en Basse-Engadine peut être suivie à l’appui de la station comparative Weissfluhjoch, 2540 m (figure 7) qui effectue des relevés depuis de nombreuses années. Lors de l’interprétation de l’évolution des hauteurs de neige, il faut tenir compte du fait qu’à la différence de la situation aux autres stations, les données portent sur toute l’année et que la station à 2540 m d’altitude est située nettement plus haut que les stations Hasliberg, Fionnay et San Bernardino. Contrairement aux stations du versant nord des Alpes et du Valais, la hauteur de neige au Weissfluhjoch considérée sur l’ensemble de l’hiver n’était „que“ moyenne, et inférieure aux valeurs moyennes en novembre, en mars, en avril et en mai.

Les deux offensives hivernales de mi-octobre et de fin octobre ont brièvement donné lieu à une augmentation de la hauteur de neige. Entre les deux, le champ de mesure était sans neige du 23 au 27 octobre. Les fortes chutes de neige de début décembre ont eu pour conséquence que la hauteur de neige au cours de l’hiver 2012/13 au Weissfluhjoch correspondait à la valeur moyenne à partir du 11 décembre. A partir de mi-février, elle était inférieure à la moyenne. La hauteur de neige maximale de 190 cm a été atteinte les 21 et 31 mars, 1er avril et 2 juin. Le temps variable du mois de mai a donné lieu à une nouvelle augmentation de la hauteur de neige. Fin mai, l’enneigement au Weissfluhjoch dépassait à nouveau la moyenne pluriannuelle.

Par la suite, la hauteur de neige a rapidement diminué. Après une période de temps froid à la fin du mois de juin, avec une interruption de la fonte de la neige, celle-ci a repris début juillet et atteignait en moyenne 6 à 7 cm par jour. Le champ de mesure était sans neige le 13 juillet – soit quatre jours après la date moyenne pluriannuelle de fonte totale de la neige.

Versant sud des Alpes

 

L’évolution des hauteurs de neige sur le versant sud des Alpes peut être suivie à l’appui de la station comparative San Bernardino, 1640 m (figure 8): Contrairement aux stations du versant nord des Alpes, la hauteur de neige à moyenne altitude sur le versant sud des Alpes était inférieure aux valeurs moyennes tout au long de l’hiver 2012/13, sauf pour quelques jours.

Etant donné que la limite des chutes de neige se situait aux alentours de 1800 m ou était même plus élevée, y compris pendant la forte situation de barrage météorologique côté sud de fin novembre, les seules précipitations automnales significatives dans le sud sont tombées à cette altitude sous forme de pluie. La station San Bernardino a profité principalement des fortes situations de barrage météorologique côté nord au cours desquelles les précipitations se sont étendues jusque dans le sud à la faveur de courants intensifs, mais également de trois situations de barrage météorologique côté sud (du 20 au 22 janvier / du 17 au 19 mars / du 26 au 30 avril) avec de la neige jusqu’à basse altitude. La hauteur de neige maximale au champ de mesure de San Bernardino a été atteinte le 19 mars avec 93 cm. Le 26 avril, la neige avait fondu entièrement pour la première fois avant que le temps variable du mois de mai avec des chutes de neige répétées jusqu’à basse altitude apporte à nouveau un peu de neige, y compris sur le versant sud des Alpes.

 

Haute-Engadine

 

L’évolution des hauteurs de neige aux altitudes élevées de Haute-Engadine peut être suivie à l’appui de la station comparative Corvatsch, 2690 m (figure 9). Lors de l’interprétation de l’évolution des hauteurs de neige, il y a lieu de tenir compte du fait que la station à 2690 m d’altitude est située nettement plus haut que les stations Hasliberg, Fionnay et San Bernardino.

L’évolution de la hauteur de neige montre qu’à haute altitude en Haute-Engadine, l’enneigement au cours de l’hiver 2012/13 était déjà supérieur à la moyenne dès le mois d’octobre. Avec une situation intensive de barrage météorologique côté sud, la hauteur de neige atteignait 108 cm le 12 novembre et 105 cm le 13 novembre, ces valeurs constituant de nouveaux records. Un autre élément remarquable était l’apport de neige fraîche à deux reprises de 47 cm en deux jours en mars et en avril en raison de forts courants de secteur sud-ouest du 17 au 19 mars, ainsi que d’une situation avec des courants opposés du 19 au 22 avril. La hauteur de neige maximale au cours de l’hiver 2012/13 de 210 cm a été atteinte le 21 avril; c’est-à-dire un peu plus tôt que la normale. Mi-mai et fin mai, deux situations de barrage météorologique côté sud ont à nouveau apporté de la neige en abondance avec comme conséquence des hauteurs de neige avoisinant les valeurs maximales enregistrées jusqu’à présent.

 

Principales périodes de précipitations

Les paragraphes qui suivent commentent brièvement les périodes de précipitations ayant une importance toute particulière pour la situation neigeuse et avalancheuse au cours de l’hiver 2012/13. „Importance toute particulière“ signifie, par exemple, les périodes de chutes de neige avec une somme de neige fraîche supérieure à 50 cm en trois jours, des chutes de neige avec une limite très basse ou des chutes de neige qui ont entraîné une augmentation sensible du danger d’avalanche. Entre les chutes de neige relativement importantes énumérées ci-après figuraient également de plus petits épisodes de chutes de neige. Les chiffres entre parenthèses se rapportent aux cycles d'avalanches décrits dans le chapitre "Activité avalancheuse".

  • Du 07.10. au 11.10.2012: De 50 à 100 mm de pluie sont tombés sur une grande partie du versant nord des Alpes. Les quantités diminuaient à mesure que l'on se dirigeait vers le sud. Ce n’est qu’en haute montagne que ces précipitations sont tombées sous forme de neige.
  • Le 15.10.2012: Une nette poussée d’air froid a donné lieu à de fortes précipitations. La limite des chutes de neige est descendue jusqu’aux alentours de 600 m. Au-dessus de 2000 m environ, l’apport de neige était le plus important sur le centre de la crête principale des Alpes avec 50 à 70 cm, alors que dans le nord, il n’était que de 20 cm.
  • Du 27.10. au 30.10.2012: Une situation météorologique avec des courants forts de secteur nord-ouest a donné lieu à une deuxième offensive hivernale jusqu’à basse altitude. Sur certaines parties du versant nord des Alpes, dans le sud du Haut-Valais et sur la crête principale des Alpes depuis le Rhin postérieur jusqu’en Haute-Engadine, on enregistrait de 30 à 50 cm de neige fraîche; ailleurs, l’apport de neige était plus faible.
  • Du 10.11. au 11.11.2012: Une situation de barrage météorologique côté sud a apporté de la neige fraîche surtout sur la crête principale des Alpes et au sud de celle-ci. Il a plu brièvement dans le Tessin jusqu’à 2200 m environ, et dans les autres régions jusqu’à 2600 m environ. Sur la crête principale des Alpes depuis le Mont Rose jusqu’à la région de la Bernina et dans les régions situées plus au sud, on enregistrait au-dessus de 2500 m environ près d’un demi-mètre de neige fraîche, et localement même davantage.
  • Du 26.11. au 30.11.2012: Il a neigé abondamment d’abord sur la crête principale des Alpes et au sud de celle-ci avec de 80 à 140 cm de neige fraîche. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 1800 m. Le vent s’est ensuite orienté au nord et il a également neigé sur le versant nord des Alpes où l’on enregistrait quelque 20 à 40 cm de neige fraîche jusqu’à basse altitude.
  • Du 03.12. au 06.12.2012: Des vents soufflant en tempête accompagnaient des chutes de neige généralement jusqu’à basse altitude. Dans le Bas-Valais, dans le nord du Valais et sur le versant nord des Alpes, on enregistrait de 80 à 120 cm de neige fraîche. Dans le sud de Haut-Valais, dans la région du Gothard et dans le Prättigau, l’apport de neige était de 40 à 80 cm.
  • Du 07.12. au 08.12.2012: Avec un vent modéré à fort de secteur nord, le centre des précipitations se situait dans les Préalpes de l’est de l’Oberland bernois, où l’on enregistrait quelque 100 cm de neige fraîche. Depuis l’Oberland bernois jusque dans le Pays de Glaris, l’apport de neige était de 40 à 80 cm sur une grande partie du territoire, et dans les autres régions du versant nord des Alpes et en Valais, il était de 20 à 40 cm. Sur une grande partie du Plateau central et du Jura, il est également tombé de 20 à 40 cm de neige. Les avalanches atteignaient parfois une grande ampleur.
  • Du 10.12. au 11.12.2012: Des vents modérés à forts de secteur nord accompagnaient des chutes de neige jusqu’à basse altitude sur une grande partie du territoire. La neige fraîche était la plus abondante sur l’est du versant nord des Alpes où elle atteignait souvent de 40 à 80 cm; dans les Alpes glaronnaises et saint-galloises, on enregistrait environ 100 cm de neige fraîche. A mesure que l’on se dirigeait vers l’ouest et vers le sud, les quantités de neige fraîche diminuaient nettement.
  • Du 15.12. au 19.12.2012: Au-dessus de 1800 m environ, les quantités les plus importantes de neige fraîche sont tombées dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais et dans le nord du Valais avec de 100 à 140 cm de neige fraîche. Sur l’ouest du versant nord des Alpes, dans le reste du Valais ainsi que dans la région du Gothard et dans la région de la Bernina, l’apport de neige était de 30 à 80 cm. Quelques avalanches spontanées parfois de grande ampleur se sont déclenchées dans l'ouest et dans le nord.
  • Le 23.12.2012: Au cours de la nuit, de 20 à 40 cm de neige sont tombés sur une grande partie du territoire. Avec une limite élevée des chutes de neige, il a plu jusqu’au-dessus de 2000 m. De nombreuses avalanches de neige mouillée et de glissement, parfois de grande ampleur, se sont produites. C’est à cette date ainsi que le 15 avril qu'a été atteinte l’activité avalancheuse la plus élevée.
  • Du 26.12. au 28.12.2012: Des vents tempétueux de secteur nord-ouest accompagnaient à nouveau d’abondantes chutes de neige. Dans l'extrême ouest, sur la crête nord des Alpes, dans le nord des Grisons ainsi qu’en Basse-Engadine, on enregistrait de 30 à 50 cm de neige fraîche; ailleurs, l’apport de neige était plus faible. Les épaisses couches de neige fraîche et de neige soufflée pouvaient se décrocher très facilement, de sorte que l’on a enregistré une activité avalancheuse élevée.
  • Du 10.01. au 12.01.2013: Un front froid a apporté de 30 à 50 cm de neige et localement jusqu’à 70 cm sur le versant nord des Alpes et dans certaines parties du Valais. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 800 m. Pendant un certain temps, le risque de décrochement était élevé.
  • Du 20.01. au 22.01.2013: Une situation de barrage météorologique côté sud était accompagnée de chutes de neige dans le Tessin jusqu’aux altitudes les plus basses, tandis que dans le nord, la limite des chutes de neige se situait aux alentours de 1800 m. Dans l’est du Tessin, dans le Valle Calanca et dans le Misox, dans le Rheinwald ainsi que dans le Valle Bregaglia et la vallée de Poschiavo, on enregistrait de 30 à 50 cm de neige fraîche. Dans les régions avoisinantes, l’apport de neige était de 20 à 30 cm; plus au nord et à l’ouest, il était nettement plus faible.
  • Du 01.02. au 03.02.2013: De 60 à 80 cm de neige sont tombés au-dessus de 2000 m environ sur le versant nord des Alpes, dans le Bas-Valais et dans le nord du Valais. En raison des précipitations intensives, de nombreuses avalanches se sont déclenchées tout particulièrement dans les régions les plus occidentales du Valais.
  • Du 04.02. au 05.02.2013: Des chutes de neige accompagnées d’un vent fort de secteur nord-ouest ont apporté quelque 50 cm de neige sur le centre et l’est du versant nord des Alpes. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 1000 m.
  • Du 06.02. au 10.02.2013: L’apport de neige était le plus abondant dans les Préalpes où il atteignait localement 140 cm. Dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais et sur le reste du versant nord des Alpes, on enregistrait souvent de 80 à 120 cm de neige fraîche; les quantités de neige diminuaient nettement à mesure que l’on se dirigeait vers le sud. La limite des chutes de neige était descendue jusqu’à basse altitude, de sorte que de 10 à 30 cm de neige était également tombés sur le Plateau central et dans le Jura.
  • Du 24.02. au 26.02.2013: Une situation météorologique avec des vents de secteur sud-est a apporté de 50 à 70 cm de neige dans le Mendrisiotto et dans la région du Simplon, et de 20 à 30 cm sur le reste de la crête principale des Alpes depuis Saas Fee jusque dans la vallée de Binn ainsi que dans l’ouest du Tessin. Dans les autres régions, il n’avait neigé que faiblement.
  • Du 17.03. au 19.03.2013: De chutes de neige accompagnées de vents tempétueux de secteur sud-ouest ont touché tout d’abord le sud et l'ouest. Lorsque le foehn a cessé de souffler, les précipitations se sont également étendues aux autres régions. Sur l’ouest du versant nord des Alpes, dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais ainsi que dans le nord du Valais, sur le versant sud des Alpes et en Haute-Engadine, on enregistrait quelque 50 cm de neige fraîche. De nombreux départs d’avalanches ont été signalés.
  • Du 28.03. au 31.03.2013: Il a neigé quotidiennement et le plus intensivement dans l’ouest et dans le nord. La limite des chutes de neige est descendue temporairement jusqu’à basse altitude. Au-dessus de 1600 m environ, on enregistrait de 30 à 60 cm de neige fraîche dans l'extrême ouest du pays, dans le nord du Valais et sur le versant nord des Alpes; dans les autres régions, l’apport de neige était de 10 à 30 cm. Pendant un certain temps, le risque de décrochement était très élevé.
  • Du 19.04. au 22.04.2013: Une situation météorologique avec des courants opposés a donné lieu à une offensive hivernale avec des chutes de neige d’une intensité exceptionnelle pour la saison. En l’espace de 12 heures, de 30 à 50 cm de neige sont tombés sur le centre du versant sud des Alpes, sur le centre et l’est du versant nord des Alpes, dans le centre des Grisons et en Haute-Engadine, et jusqu’à 80 cm dans la région du Gothard et dans la Surselva. Au total, de 80 à 100 cm de neige étaient tombés dans les régions citées ci-dessus touchées par les précipitations les plus abondantes, et localement jusqu’à 120 cm dans le nord du Tessin. Au début des précipitations, la limite des chutes de neige se situait aux alentours de 2000 m dans le nord et 2500 m dans le sud, mais elle est rapidement descendue à environ 1000 m.
    Si on les compare aux données pluriannuelles, les chutes de neige du 20.04.2013 étaient exceptionnelles pour un mois d’avril, mais elles n’atteignaient des valeurs record que très localement. De nombreuses stations de moyenne altitude (entre 1000 et 2000 m) avaient entre autres enregistré davantage de neige fraîche le 16 ou le 17.04.1999. Bivio (75 cm) et Innerglas (65 cm), dans le centre des Grisons, ont enregistré au cours de cet épisode du 20.04.2013, autant de neige fraîche qu'au cours de l’hiver avalancheux de 1999. Aucune des stations effectuant des relevés depuis de nombreuses années n’a battu le record existant pour le mois d’avril. Même la quantité considérable de neige fraîche de 60 cm à Vals (GR) qui n’est situé qu’à une altitude de 1260 m avait été dépassée aux dates suivantes: 05.04.1975 (87 cm), 12.04.1978 (62 cm) et 16.04.1999 (62 cm).
  • Du 26.04. au 30.04.2013: Une situation intensive de barrage météorologique côté sud a apporté au-dessus de 2500 m environ, de 50 à 80 cm de neige sur la crête principale des Alpes depuis le Cervin jusque dans la région du Gothard ainsi que dans l’ouest du Tessin, et plus de 100 cm dans certaines régions. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 2000 m. Dans les régions immédiatement avoisinantes ainsi que sur la crête principale des Alpes depuis le Lukmanier jusqu’à la région de la Bernina et dans les régions situées plus au sud, on enregistrait de 25 à 50 cm de neige fraîche.
  • Du 14.05. au 21.05.2013: A l’exception d’une brève pause le 18 mai, des chutes de neige ininterrompues se sont abattues dans le sud accompagnées d’un vent modéré à fort de secteur sud. La limite des chutes de neige se situait d’abord aux alentours de 2400 m et elle est descendue ensuite à 2000 m environ. Dans la région du Simplon, dans le Val Bedretto et dans les vallées supérieures de la Maggia, on enregistrait jusqu’à 200 cm de neige au-dessus de 2500 m environ. Dans la région du Grand-St-Bernard ainsi que sur la crête principale des Alpes, depuis Saas Fee jusqu’au Col de la Bernina et dans l’est du Tessin, l’apport de neige était de 70 à 120 cm. Les quantités de neige fraîche diminuaient nettement à mesure que l’on se dirigeait vers le nord.
  • Du 27.05. au 30.05.2013: Une situation de barrage météorologique côté sud accompagnée du passage d'un front froid a fait descendre la limite des chutes de neige au cours de la nuit du 28 au 29 mai à environ 1000 m dans le nord. Ailleurs, elle se situait aux alentours de 1400 m. Au-dessus de 2200 m environ, de 40 à 60 cm de neige sont tombés sur la crête principale des Alpes depuis le Grand-St-Bernard jusque dans le Valle Bregaglia et dans les régions situées plus au sud, tandis que dans les autres régions, l’apport de neige était de 20 à 40 cm; dans l'extrême est, les chutes de neige étaient plus faibles.

Du 31.05. au 03.06.2013: Une dépression au-dessus de la Pologne a donné lieu à d’abondantes précipitations dans le nord. Au-dessus de 2500 m environ, on enregistrait de 50 à 80 cm de neige fraîche sur la crête nord des Alpes à l’est du Wildstrubel et localement jusqu’à 100 cm. Dans les autres régions du versant nord des Alpes, dans le centre des Grisons ainsi que dans le nord de l’Engadine, l’apport de neige était de 20 à 50 cm; ailleurs, il était plus faible. Comparé aux moyennes pluriannuelles, un tel épisode neigeux ne se produit qu'une fois environ tous les 5 à 10 ans.

 

Teneurs en eau du manteau neigeux

Les stations du SLF avec observateur auxquelles la teneur en eau de tout le manteau neigeux est relevée toutes les deux semaines n’ont pas enregistré de nouveaux minima au cours de l’hiver 2012/13. Une nouvelle valeur maximale a été mesurée dans l'ouest du Bas-Valais, à la station la Creusaz (1720 m, 686 mm, 14 années de relevés).

La comparaison des teneurs maximales en eau relevées au cours de l’hiver 2012/13 avec la moyenne des teneurs maximales en eau de toutes les années donne pour chaque station les résultats suivants: en dessous de 1500 m, les teneurs maximales actuelles en eau s’élevaient à 89% (écart type 18%) de la valeur moyenne (en comparaison avec l'hiver neigeux de 2011/12: 128% / 34%), entre 1500 et 1800 m, elles étaient de 96 % (écart type 31%) (2011/12: 125% / 41%) et au-dessus de 1800 m, de 97% (écart type 22%) (2011/12: 123% / 26%). Ces valeurs indiquent que les hauteurs de neige aux altitudes supérieures à 1500 m environ correspondaient plus ou moins aux valeurs moyennes au cours de l’hiver 2012/13. En dessous de cette altitude, elles étaient légèrement inférieures aux données moyennes.

Des valeurs maximales de teneur en eau supérieures aux données moyennes ont été enregistrées aux stations suivantes:

  • Corvatsch, GR (2690 m), 19 années de relevés, 146%
  • Kühboden, VS (2210 m), 24 années de relevés, 116%
  • Grindel, BE (1950 m), 14 années de relevés, 120%
  • Creusaz, VS (1720 m), 14 années de relevés, 157%
  • Mürren, BE (1650 m), 63 années de relevés, 114%
  • Rigi, SZ (1640 m), 52 années de relevés, 125%
  • Gantrisch, BE (1510 m), 34 années de relevés, 157%
  • Fionnay, VS (1500 m), 40 années de relevés, 130%
  • Adelboden, BE (1350 m), 11 années de relevés, 112%
  • Stoos, SZ (1280 m), 58 années de relevés, 123%

C’est surtout aux stations de l’ouest et du centre du versant nord des Alpes ainsi que du Valais que les teneurs maximales en eau à moyenne altitude étaient supérieures aux valeurs habituelles.

Par région, la comparaison des teneurs maximales actuelles en eau par rapport aux valeurs moyennes donne les résultats suivants:

  • ouest du versant nord des Alpes: 118% (19%)
  • centre du versant nord des Alpes: 105% (18%)
  • est du versant nord des Alpes: 90% (7%)
  • Valais: 111% (21%)
  • nord et du centre des Grisons: 77% (10%)
  • Engadine et régions avoisinantes du sud des Grisons: 89% (25%)
  • centre du versant sud des Alpes: 68% (15%)

Ces valeurs reflètent bien la répartition moyenne des hauteurs de neige au cours de l’hiver 2012/13: Les hauteurs de neige étaient les plus importantes sur l'ouest et le centre du versant nord des Alpes ainsi qu'en Valais, et les plus faibles dans le nord et le centre des Grisons ainsi que sur le centre du versant sud des Alpes.

A mesure que l’altitude augmente, le moment où l’on a relevé les teneurs en eau les plus élevées intervient normalement de plus en plus tard au cours de l’hiver. La date la plus précoce a été atteinte mi-février aux stations Hasliberg, BE (1825 m), Zuoz, GR (1710 m), Bourg-St-Pierre, VS (1670 m), Rigi, SZ (1640 m), Malbun, FL (1610 m), Ulrichen, VS (1350 m), Adelboden, BE (1350 m) et à la centrale électrique de Klosters (1200 m). La date la plus tardive était début mai pour les stations Corvatsch (2690 m) et, en raison des précipitations répétées sur le versant sud des Alpes, également San Bernardino (1640 m). Pour la plupart des stations situées en dessous de 1500 m, le moment de la teneur en eau la plus élevée se situait entre mi-février et début avril. Aux stations comprises entre 1500 et 1800 m, cette date est intervenue entre mi-février et début mai, et pour les stations situées au-dessus de 1800 m d’altitude, la date de la teneur en eau maximale était comprise entre début mars et début mai.

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Constitution du manteau neigeux et stabilité

 
 

En comparaison avec les 16 derniers hivers (figure 10), le manteau neigeux a été en général mieux consolidé que la moyenne dans les Alpes suisses pendant l’hiver 2012/2013.

Les grosses chutes de neige entre début décembre et mi-janvier au nord et à l’ouest ont garanti un manteau neigeux épais, sans couches fragiles profondes. La structure du manteau neigeux était plus défavorable dans le sud du Valais et dans une grande partie des Grisons, où des avalanches se sont déclenchées dans des couches fragiles profondes jusqu’au printemps.

C’est fin février que la structure du manteau neigeux a été « la plus défavorable » pendant l’hiver 2012/13.

La stabilité du manteau neigeux est une mesure qui indique la qualité de la liaison entre les différentes couches de neige. Les cartes suivantes de stabilité du manteau neigeux présentent les résultats des nombreuses analyses de la couverture neigeuse dans les Alpes suisses. Ces profils d’enneigement ont été évalués selon des critères uniformes et classés en trois catégories représentées sur les cartes par des symboles de profils de couleur verte (bonne stabilité), jaune (stabilité moyenne) et rouge (faible stabilité). Pratiquement tous les profils d’enneigement avec test du bloc glissant ont été relevés sur des pentes ayant une déclivité de 30 à 40°.
Outre ces profils, d’autres informations fournies par les observateurs concernant le manteau neigeux, les départs d’avalanches, etc. interviennent dans la détermination de la stabilité du manteau neigeux.
Deux cartes sont fournies et décrites pour chaque mois, une au début et une en milieu de mois.

Octobre

Au début d’octobre, le manteau neigeux n’était que faiblement consolidé surtout en haute montagne sur la crête principale des Alpes entre le nord du Tessin jusqu’à la région de la Bernina. Ce sont les précipitations importantes de fin septembre qui en sont la cause. Pendant la période de beau temps doux de la deuxième moitié d’octobre, le manteau neigeux a fondu à nouveau complètement sur les pentes exposées au sud jusqu’à 3000 m environ. Sur les versants nord, au-dessus d’environ 2500 m, il est resté un manteau continu dans de nombreuses régions. Dans les endroits à l’ombre, le manteau de neige ancienne a subi une forte métamorphose constructive à grains anguleux pour devenir meuble. La neige de la fin du mois est donc tombée, surtout sur les versants nord au-dessus d’environ 2500 m et en haute montagne, sur un manteau neigeux continu. La couverture neigeuse n’était pas très épaisse, de telle sorte que les irrégularités du sol n’avaient pas encore disparu partout. Là où il restait assez de neige ancienne (notamment dans les couloirs soufflés, sur les terrains peu accidentés et sur les glaciers) ces couches proches du sol étaient susceptibles d’être fragiles. Ce sont surtout les accumulations de neige fraîche soufflée qui pouvaient se décrocher. En outre, les chutes de neige jusqu’à basse altitude ont provoqué des avalanches de glissement surtout dans les régions ayant reçu le plus de neige fraîche.

Novembre

Lors de trois situations de blocage du sud/sud-ouest au début de novembre, il est tombé, surtout sur la crête principale des Alpes au-dessus d’environ de 2500 m, des chutes de neige parfois abondantes. Les couches de neige fraîche et soufflée étaient fragiles. Sur les versants nord de haute altitude, cette neige est tombée sur un manteau ancien fragile (voir octobre). On y a observé aussi, de manière isolée, de grosses avalanches. Par la suite, jusqu’au 25 novembre, il a régné généralement un temps ensoleillé et doux d’arrière-saison. Les versants sud se sont à nouveau découverts ; sur les versants à l’ombre, le manteau a subi une métamorphose constructive, et des couches meubles à grains anguleux se sont formées. C’est ainsi que les chutes de neige abondantes de la fin du mois sont tombées sur un manteau neigeux ancien fragile.

Décembre

 

Trois épisodes de chutes de neige abondantes ont amené dès la mi-décembre un manteau neigeux supérieur à la moyenne au nord et à l’ouest. C’est ainsi que dans la plupart des régions du nord et de l’ouest, la structure du manteau neigeux était favorable et la stabilité du manteau neigeux moyenne à bonne (figure 11, en haut). Des avalanches se sont déclenchées surtout dans les couches de neige fraîche et soufflée proches de la surface, parfois épaisses. À haute altitude, surtout sur les versants nord, la base du manteau neigeux était également parfois encore mal consolidée au nord et à l’ouest. Cependant, l’épaisseur des nouvelles couches a évité que de nouvelles avalanches se déclenchent dans ces couches profondes. Dans le sud du Valais, dans le nord et le centre des Grisons, en Engadine et dans le val Müstair, les couches profondes et moyennes avaient subi une métamorphose constructive à grains anguleux, et elles étaient mal consolidées et généralement recouverte d’une couche peu épaisse. C’est pourquoi des avalanches ont pu s’y déclencher, également dans les couches profondes. Sur le versant sud des Alpes, sans le val Müstair, le manteau neigeux était en général bien consolidé à la mi-décembre.

À la fin du mois, le manteau neigeux était travaillé par le vent, mais aussi par la pluie avant Noël jusqu’au-dessus de 2000 m sur le versant nord des Alpes, dans le Valais et sur le versant sud des Alpes (figure 11, en bas). Les couches profondes et moyennes du manteau neigeux étaient parfois mal consolidées, mais souvent recouvertes de couches solides, de telle sorte que des ruptures se sont produites souvent uniquement dans les couches proches de la surface. Il s’agissait fréquemment de ruptures partielles, pour des surcharges importantes. Dans les autres régions, les couches fragiles ont continué à n’être que peu recouvertes. De nombreuses avalanches se sont déclenchées dans ces couches fragiles, ce que confirmaient les tests de stabilité.

Janvier

 

Sous la neige fraîche de mi-janvier, le manteau neigeux était fortement travaillé par le vent dans la plupart des régions. Les hauteurs de neige étaient supérieures à la moyenne au nord et à l’ouest. Dans les autres régions, les quantités correspondaient à la moyenne de la saison, voire moins. Au nord d’une ligne Rhône-Rhin, les instabilités se situaient à l’interface entre la neige ancienne et la neige fraîche, ou bien dans la neige fraîche, et elles se sont rapidement stabilisées. Au sud de cette ligne, les tests de stabilité ont montré des ruptures surtout dans les couches de neige anciennes plus profondes. Les ruptures dans les couches proches du sol étaient encore possibles surtout dans les régions intra-alpines des Grisons, et surtout aux endroits plutôt faiblement enneigés, ou sur les versants à l’ombre très raides. Sur le versant sud des Alpes, le manteau neigeux était généralement bien structuré, avec une stabilité moyenne à bonne (figure 12, en haut).

Des précipitations abondantes avec par moments des limites de chutes de neige élevées à la fin du mois ont humidifié le manteau neigeux en dessous d’environ 1500 m. En surface, une croûte de regel s’est formée suite à la pluie, à l’ouest en dessous d’environ 2500 m, ailleurs en dessous d’environ 2200 m. Sous cette croûte, la neige est restée meuble et sèche. À plus haute altitude, la surface était généralement travaillée par le vent. Les tests du bloc glissant ont montré des ruptures avec des surcharges parfois faibles dans les couches de neige fraîche et soufflée (figure 12, en bas). Dans le sud du Valais et dans les Grisons, des avalanches se sont déclenchées de manière isolée également dans les couches moyennes du manteau neigeux.

Février

 

Dans la première moitié du mois, le temps est resté froid avec des chutes de neige abondantes. Un vent faible suffisait déjà à transporter la neige. La neige fraîche et soufflée reposait en général sur une croûte de regel, sous laquelle se trouvait souvent une couche ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux. Au nord d’une ligne Rhône-Rhin, ainsi que dans l’ouest du Bas-Valais et dans le Prättigau, la base du manteau neigeux était en général bien consolidée, les tests du bloc glissant ont montré des ruptures dans les couches proches de la surface, parfois également de manière isolée sous cette croûte dans les couches moyennes du manteau neigeux. Dans les autres régions, sauf sur le versant sud des Alpes, le manteau neigeux avait subi une forte transformation constructive avec les températures basses, surtout sur les versants faiblement enneigés à proximité de la limite de la forêt. On y trouvait des couches meubles ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux, ainsi que des croûtes de regel dans les couches moyennes et profondes. Des avalanches se sont déclenchées parfois dans ces couches fragiles (figure 13, en haut).

Sous l’influence croissante des hautes pressions, le temps est devenu plus ensoleillé en deuxième partie de mois, et plus doux en fin de mois. Entre-temps, il a neigé un peu sur la crête principale des Alpes de Saas Fee jusqu’à la vallée de Binn, ainsi que dans l’ouest du Tessin. La neige fraîche est tombée avec peu de vent, mais sur une surface défavorable du manteau neigeux ancien dans le Valais. Le test du bloc glissant a montré des ruptures à l’interface entre l’ancienne et la nouvelle neige, en général avec des surcharges faibles (figure 13, en bas). Au nord d’une ligne Rhône-Rhin, dans l’ouest du Bas-Valais ainsi que dans le Prättigau et le Tessin, le manteau neigeux présentait à la fin février en général une structure favorable. Dans les régions intra-alpines du Valais et des Grisons, des ruptures se sont produites également dans les couches profondes en raison de la structure souvent fragile du manteau. Sur les pentes sud très raides, l’humidification a bien progressé en dessous d’environ 2200 m.

Mars

 

Avec le temps ensoleillé et doux du début mars, l’humidification a continué de progresser, et le manteau neigeux a perdu en solidité. Le refroidissement de la mi-mars a provoqué la formation d’une épaisse croûte de regel en surface aux altitudes moyennes. Sous cette couche, le manteau neigeux était humide en dessous d’environ 2000 m sur les versants est et ouest, et d’environ 2500 m sur les versants sud. Les tests de stabilité et les déclenchements observés ont indiqué que c’était surtout les accumulations de neige fraîche soufflée qui étaient fragiles (figure 14, en haut). Le manteau neigeux ancien était en général de structure favorable. La structure du manteau neigeux était parfois défavorable dans les régions intra-alpines du Valais et des Grisons, dans l’Engadine et dans le val Müstair. Les couches moyennes et profondes du manteau neigeux continuaient de présenter une métamorphose constructive à grains anguleux qui les fragilisait.

La neige fraîche de la fin du mois a entraîné dans les régions avec un manteau neigeux ancien fragile (sud du Valais et une grande partie des Grisons) des ruptures dans les couches profondes (figure 14, en bas). Les avalanches ont parfois entraîné également les couches de neige proches du sol. Le manteau neigeux était plus favorable sur le versant nord des Alpes, dans le nord du Valais, dans le Tessin ainsi que dans les Grisons au nord du Rhin, et dans le Prättigau.

Avril

 

Pendant la première moitié d’avril, les chutes de neige ont repris avec des températures basses. Les couches de neige fraîche et soufflée en surface étaient parfois fragiles. En dessous, le manteau neigeux, à l’exception du sud du Valais et d’une grande partie des Grisons, était en général de structure favorable (figure 15).

En conséquence des températures élevées à la mi-avril, l’humidification du manteau neigeux à haute altitude a progressé rapidement. Sur les versants sud, le manteau neigeux était humide et isotherme en dessous d’environ 3000 m, et sur les versants nord en dessous d’environ 2400 m. En surface, les versants nord étaient humides jusqu’à environ 2700 m. Cette humidification a conduit à une fragilisation marquée du manteau neigeux.

En deuxième partie de mois, l’hiver a fait son retour avec des chutes de neige exceptionnelles pour cette saison. Le manteau neigeux était totalement humide, de telle sorte que des avalanches de neige meuble humide ont souvent entraîné tout le manteau sur leur parcours. Fin avril, le manteau neigeux était totalement humide à toutes les expositions jusqu’en haute altitude.

Mai

En raison des chutes de neige répétées, avec une limite des chutes de neige relativement basse, la situation avalancheuse était hivernale, surtout en haute montagne. Dans les régions concernées par les précipitations principales, des couches de neige fraîche et soufflée épaisses se sont formées. En première partie de mois, elles reposaient en partie sur une croûte de regel lisse.

Avec des chutes de neige jusqu’à basse altitude, la limite de la neige se trouvait à la fin du mois au nord vers 2000 à 2200 m, et au sud un peu plus haut. Les couches de surface étaient sèches, mais en dessous le manteau neigeux était largement humidifié jusqu’en haute montagne, sur les versants nord jusqu’à environ 2600 m. En haute altitude, la neige était encore très abondante.

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Activité avalancheuse

 
 

En raison du manteau neigeux ancien généralement bien consolidé dans les régions où la neige fraîche était tombée en abondance au nord et à l’ouest, ce sont seulement les couches de neige fraîche ou de neige soufflée qui s’y sont décrochées à chaque phase de précipitations. Les avalanches n’ont donc jamais été très grosses, et sont restées généralement dans leurs parcours habituels. L’indice de l’activité avalancheuse (figure 16) montre que lors des phases actives, des valeurs relativement élevées ont été atteintes. La plupart des avalanches de neige sèche sont parties en décembre 2012 et dans la première moitié de février 2103, et ont accompagné dans chaque phase les chutes de neige abondantes. Des températures exceptionnellement élevées mi-avril ont entraîné une phase marquée d’activité d’avalanches de neige humide. Après cet épisode, la plupart des versants étaient déchargés. L’enneigement important, les températures fraîches et la répétition de chutes de neige ont conduit par la suite jusqu’à la fin du printemps à des conditions avalancheuses critiques pour les amateurs des sports de neige, surtout aux altitudes élevées et en haute montagne.

 

Cycles d'avalanches remarquables

Les départs d’avalanches dépendent de différents facteurs: la stabilité du manteau neigeux qui varie au fil du temps, la neige fraîche, le vent, les fluctuations de températures, les surcharges sur le manteau neigeux provoquées par des personnes ou des opérations de minage, etc. Cela explique pourquoi l’activité avalancheuse varie d’un jour à l’autre comme le montre clairement la figure 16. Les périodes les plus remarquables de l’hiver 2012/13 sont numérotées dans la figure 16 et décrites ci-après.

Octobre

En octobre il a neigé d’abord uniquement en haute montagne. Une poussée marquée d’air froid dans la nuit du 14 au 15 octobre a amené de la neige jusqu’à basse altitude. Puis le temps s’est radouci. L’isotherme zéro degré est remontée les 21 et 22 octobre au-dessus de 4000 m. En conséquence, de nombreux glissements humides se sont produits dans la neige fraîche. Le 27 octobre, l’hiver a fait une deuxième irruption. Au-dessus d’environ 2500 m, cette neige fraîche est tombée sur un manteau continu de neige ancienne. Quelques avalanches de plaques ont été signalées. La plupart du temps, les avalanches se sont déclenchées dans la neige fraîche soufflée qui s’était accumulée avec le vent de nord-est parfois tempétueux. Dans les régions où la neige est tombée en abondance, quelques avalanches de glissement se sont déclenchées.

Les 08.10., 14.10., 25.10., 28.10. et 30.10.2012, des bulletins d’avalanches ont été diffusés en raison de la situation.

Novembre

Lors de trois situations de blocage du sud/sud-ouest au début de novembre, il est tombé surtout sur la crête principale des Alpes, au-dessus d’environ 2500 m, des chutes de neige parfois abondantes. Pendant les chutes de neige, des avalanches petites à moyennes se sont décrochées dans les régions concernées par les précipitations principales. En outre, de grosses avalanches ont été observées sur les versants nord d’altitude. Le 12 novembre, un skieur hors-piste a été totalement enseveli sur la Diavolezza (GR) et il est décédé. À partir du milieu du mois, un temps ensoleillé et doux a suivi jusqu’au 25 novembre. Sur les versants à l’ombre, les chutes de neige abondantes de la fin du mois se sont déposées sur un manteau neigeux ancien fragile. Des avalanches spontanées moyennes, et parfois grosses de manière isolée se sont décrochées dans les régions concernées par les précipitations principales.

Les 02.11., 06.11., 09.11., 11.11., 15.11., 19.11., 22.11., et 25.11., des bulletins d’avalanches ont été diffusés en raison de la situation. Le 28.11., la première carte de danger de l’hiver 2012/2013 a été publiée. À partir de cette date, des bulletins d’avalanches sont parus chaque jour.

Décembre

Après un anticyclone temporaire début décembre, les chutes de neige abondantes ont repris. La diffusion quotidienne de l’évaluation matinale a commencé dès le 4 décembre.

Les chutes de neige abondantes, parfois avec une limite élevée des chutes de neige, ont entraîné en décembre quatre phases d’activité avalancheuse importante (1, 2, 3, 4).

(1) Du 06 au 08.12. : Après des chutes de neige abondantes dès la période du 3 au 6/12, surtout dans le Bas-Valais et sur le versant nord des Alpes, l’épisode suivant de fortes chutes de neige a suivi du 7 au 8 sur le versant nord des Alpes. Avec un vent modéré à fort, des couches de neige soufflée se sont formées, et elles se sont mal liées avec la neige fraîche sous-jacente. Sur les versants à l’ombre, le manteau neigeux ancien fragile a été recouvert, de telle sorte que des avalanches se sont déclenchées également dans les couches profondes, pour atteindre des dimensions importantes. Les 7 et 8 décembre, tout à l’ouest et dans certaines parties du versant nord des Alpes, le degré de danger 5 (fort) a été diffusé.

(2) Du 17 au 19.12. : Dans un courant d’ouest, les chutes de neige ont été abondantes surtout dans le Valais et sur l’ouest du versant nord des Alpes. À l’ouest et au nord, quelques avalanches parfois grosses se sont décrochées. Dans la région du Trient, des avalanches ont atteint les vallées. Dans les régions concernées par d’importantes chutes de neige, les couches profondes fragiles ont été largement recouvertes, de telle sorte que « seules » la neige fraîche et la neige soufflée ont provoqué des avalanches. En relation avec les températures douces et la pluie jusqu’à environ 1800 m, on a observé une activité accrue d’avalanches de neige mouillée et de glissement. Les avalanches de glissement se sont décrochées sur les versants sud jusqu’à une altitude supérieure à 2000 m. Les avalanches de neige mouillée se sont décrochées surtout en dessous d’environ 1500 m, où le manteau neigeux était parfois très humidifié par la pluie. Tout à l’ouest, le degré de danger 4 (fort) a été annoncé les 17 et 18 décembre. Un accident d’avalanche fatal a eu lieu le 19/12 à Nendaz (VS).

(3) Du 22 au 24.12. : Dans la nuit du 22 au 23 décembre, des quantités de neige qu’on ne peut pas qualifier d’exceptionnelles (20 à 40 cm) sont tombées, mais avec une limite des chutes de neige remontant parfois au-dessus de 2000 m. Une quantité de chaleur a ainsi été apportée rapidement au manteau neigeux. Sa solidité a donc fortement baissé. De nombreuses avalanches de glissement ou de neige mouillée, parfois grosses, se sont déclenchées. L’indice d’activité avalancheuse est remonté au-dessus de 700. C’est ainsi que le 23.12. a été l’une des deux journées de l’hiver 2012/2013 avec le plus grand nombre d’avalanches signalées. Pratiquement 90 % des avalanches signalées étaient des avalanches de neige mixte ou de neige mouillée. Une personne a perdu la vie dans une avalanche sur le Gamidaurspitz (SG). Dans une partie des Grisons, de l’est du versant nord des Alpes et du Valais, le degré de danger 4 (fort) a été prévu en matinée du 23.12.

(4) Du 27 au 28.12. : avec un vent du nord-ouest tempétueux, et jusqu’à 50 cm de neige fraîche dans les régions concernées par les précipitations principales, de grosses accumulations de neige soufflée se sont formées. Des avalanches pouvaient être déclenchées facilement déjà par une personne seule, voire sont parties spontanément. Dans les régions présentant un manteau neigeux ancien fragile, les avalanches se sont décrochées souvent dans les couches proches du sol. Des déclenchements à distance ont également été signalés.

Janvier

Globalement, l’activité avalancheuse de janvier a été relativement modeste. Trois accidents d’avalanche ont provoqué chacun la mort d’une personne, le 19.01. sur l’Ärmighore (BE), le 24.01. dans le Val dil Guert (GR) et le 29.01. à Teysachaux – Moléson (FR). Une seule phase d’activité avalancheuse accrue a été notée (5).

(5) Du 11 au 12.01. : Avec un vent du nord-ouest modéré, il a neigé par températures basses. Le 11 janvier, des départs de petites avalanches spontanées, parfois moyennes de manière isolée ont été signalés, ainsi que des déclenchements artificiels dans les domaines skiables, en partie par déclenchement à des distances de plus de 100 m. Sur le versant nord des Alpes, la couche glissante se trouvait en général sur une croûte gelée très lisse qui s’était formée avec la pluie des 5 et 6 janvier jusqu’à environ 2200 m. Dans les autres régions, la neige fraîche est tombée sur une surface neigeuse ayant subi une légère métamorphose constructive. La propension au déclenchement a décru très rapidement, et dès le 12 janvier, seuls quelques départs d’avalanches ont été signalés.

Février

Le mois de février a commencé avec de grandes quantités de neige fraîche au nord et à l’ouest. La limite des chutes de neige est remontée par moment à environ 2000 m. Sous l’influence croissante des hautes pressions, le temps est devenu assez ensoleillé à partir de mi-février. Avec un degré de danger 2 (limité), 5 accidents d’avalanche se sont produits dans le sud du Bas-Valais, avec au total 6 morts : le 12 février à la Corne de Sorbois (1 personne), le 13 février au Plan du Fou-Prafleuri (1 personne), également le 13 février au Bec des Etagnes (2 personnes), le 16 février à La Breya (1 personne) et le même jour au Toûno (1 personne).

Une phase d’activité avalancheuse renforcée s’est produite en relation avec les chutes de neige abondantes du début du mois (6).

(6) Du 02 au 04.02. : Avec les précipitations intensives et la limite des chutes de neige parfois élevée, de nombreuses avalanches spontanées se sont décrochées dans les régions les plus à l’ouest du Valais. Dans la région du Trient, certaines avalanches ont dévalé des couloirs raides jusqu’en dessous de la limite de la neige. Le 2 février, le degré de danger 4 (fort) a été annoncé pour une partie du Bas-Valais. Avec le déplacement des précipitations vers les régions de l’est, de nombreuses avalanches petites à moyennes ont été signalées le 4 février surtout sur le versant nord des Alpes et dans le nord des Grisons, elles étaient en partie spontanées, ou se sont déclenchées facilement.

Mars

En mars s’est produit le premier cycle d’avalanches de printemps pour la saison 2012/13 (7) Ensuite, deux irruptions de l’hiver ont été observées peu après le milieu du mois, et en fin de mois, avec pour conséquence une activité accrue d’avalanches de neige sèche (8, 9). Quatre accidents d’avalanche se sont produits avec à chaque fois le décès d’une personne. L’un d’entre eux est survenu en dehors des cycles d’activité avalancheuse accrue décrits ci-après, le 21 mars sur le Péz Gendusas (GR).

(7) Du 02 au 04.03. : Avec le temps ensoleillé de début mars, de nombreuses avalanches de glissement et de neige mouillée petites et moyennes, et de manière isolée grosses, se sont déclenchées. L’altitude des zones de départ est montée d’environ 2200 m jusqu’à 2600 m. La première double carte de l’hiver 2012/13 a été publiée pour le 2 mars. Le danger d’avalanches de glissement et de neige mouillée a été évalué au degré de danger 2 (limité). Pour les 3 et 4 mars, il a été relevé à l’ouest au degré 3 (marqué), car les températures y étaient un peu plus élevées qu’à l’est, et l’activité avalancheuse un peu plus importante. La situation pour les avalanches de neige mouillée et de glissement a été plus favorable pendant toute la période en Engadine, dans les vallées méridionales des Grisons et dans le Tessin : on n’en a pratiquement observé aucune. Le 3 mars, une avalanche de glissement a poussé et détruit un bâtiment dans la région de Grindelwald-First (BE). Le 4 mars, une personne a été ensevelie par une avalanche de glissement dans la région de Calmut-Tschamut (GR) et les sauveteurs n’ont pu la ranimer.

(8) Du 18 au 19.03. : Un vent de sud-ouest fort a entraîné la formation de grosses accumulations de neige soufflée. De nombreuses avalanches moyennes, mais aussi de manière isolée grosses ont été observées. Ces dernières se sont déclenchées surtout la partie la plus occidentale et dans le nord du Valais, là où les quantités les plus importantes de neige fraîche sont tombées. Alors que le 18 mars, la plus grande partie des avalanches sont parties spontanément, le 19 mars, la plupart ont été déclenchées artificiellement (explosions, dameuses et personnes). Un accident d’avalanche mortel est survenu le 19 mars à la Tête de Balme (VS), à la frontière française.

(9) Du 29 au 31.03. : La neige fraîche et la neige soufflée se sont déposées sur des couches de surface ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux, surtout sur le versant nord des Alpes, à l’ouest du Bas-Valais, dans le Tessin et dans le Prättigau. En dessous, le manteau neigeux présentait généralement une structure favorable. Dans ces régions, des ruptures se sont produites à la transition avec le manteau neigeux ancien. Surtout dans les régions de l’ouest où la neige fraîche était tombée en quantité, des avalanches ont été déclenchées artificiellement, d’autres spontanément. Dans les autres régions, des couches ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux étaient présentes dans le manteau neigeux. Des avalanches s’y sont déclenchées à l’interface entre la neige fraîche et soufflée et le manteau ancien, mais aussi dans les couches plus profondes. Un certain nombre d’avalanches de plaques de taille moyenne ont été déclenchées à distance, ou sont parties spontanément. Le 29 mars, un accident d’avalanche est survenu dans le Val da Camp (GR) provoquant la mort de deux personnes.

Avril

La neige a recommencé à tomber dans la première moitié d’avril. En haute montagne, au nord et à l’ouest, le danger d’avalanches de neige sèche a augmenté. Avec les températures élevées de la mi-avril, l’humidification du manteau neigeux a progressé rapidement en altitude. Ceci a conduit à une activité accrue pour les avalanches de neige mouillée et de glissement. Après le milieu du mois, l’hiver a fait son retour.

Le 14 avril, la diffusion de l’évaluation matinale a cessé.


(10) Du 11.04. au 21.04. : Au début de la période, trois accidents avec chaque fois une victime sont survenus en haute montagne, par degré de danger limité (2) et marqué (3) d’avalanches de neige sèche : le 12 avril au Grünhornlücke (VS), le 13 avril au Cervin (VS) et le 14 avril au Trugberg (VS).

Entre le 14 et le 18 avril, avec une isotherme zéro degré située au-dessus de 3000 m, de nombreuses avalanches de neige mouillée de taille moyenne, et de manière isolée également de grande taille, se sont produites. L’activité la plus importante a été observée le 15 avril, l’une des deux journées avec le plus grand nombre d’avalanches signalées de l’hiver 2012/13. Les 17 et 18 avril, de nombreuses avalanches de neige mouillée ont continué à se déclencher. Elles sont également parties de plus en plus sur les versants nord. Puis, comme de nombreuses zones de départs étaient déjà déchargées, l’activité avalancheuse a diminué.

Ensuite une nouvelle irruption de l’hiver a provoqué des chutes de neige exceptionnelles pour cette période de l’année. Surtout sur les versants nord, des avalanches de neige meuble humide ont souvent entraîné sur leur parcours l’ensemble du manteau neigeux humide. Et ceci pas seulement dans les régions intra-alpines, mais aussi sur le versant nord des Alpes et à l’extrême ouest. De nombreuses avalanches spontanées de taille petite ou moyenne, et de manière isolée également de grande taille se sont déclenchées. De multiples coulées de glissement se sont produites aux altitudes moyennes.

Mai

Dans la première moitié du mois, il a neigé surtout au-dessus d’environ 2500 ou 2800 m. Les nouvelles accumulations de neige soufflée étaient en partie fragiles. Seuls des glissements ou de petites avalanches de neige sèche ont été signalés. Quelques avalanches de neige mouillée de surface se sont produites sur les versants nord au-dessus d’environ 2500 m. En raison des chutes de neige répétées avec parfois une limite des chutes de neige plus basse dans la deuxième moitié du mois, la situation avalancheuse était hivernale, surtout au-dessus d’environ 2600 m. Le danger principal y était constitué par les avalanches de neige sèche. Surtout après les chutes de neige plus importantes, les quelques observateurs qui fréquentaient encore les zones de haute altitude ont signalé des avalanches spontanées moyennes à grosses. À la fin du mois, des chutes de neige abondantes se sont produites surtout au nord. Au-dessus d’environ 2600 m, le danger principal était constitué par les couches de neige fraîche et soufflée, avec des départs spontanés ou des déclenchements faciles. En dessous, l’activité des avalanches de neige mouillée a augmenté avec les pluies intensives jusqu’à haute altitude.

Le 5 mai, la parution des bulletins d’avalanches journaliers a été arrêtée. Avant la fin mai, 10 bulletins supplémentaires ont été diffusés en raison de la situation (10.05., 13.05., 15.05., 17.05., 19.05., 21.05., 23.05., 24.05., 27.05. et 30.05.2013).


 

Accidents d'avalanche (octobre 2012 à mai 2013)

Accidents d'avalanche impliquant des personnes

Pendant l’hiver 2012/13, 143 avalanches impliquant 232 personnes ont été signalées au SLF (figure 17). 47 personnes ont été blessées par des avalanches. 22 personnes ont perdu la vie dans 20 accidents d'avalanche (situation au 31.05.2013). Pour l’ensemble de l’année hydrologique, qui dure encore jusqu’au 30 septembre 2013, la moyenne pluriannuelle est de 25 tués par des avalanches.

 

12 personnes sont décédées par degré de danger limité (degré 2), 1 personne par danger faible (degré 1) avec augmentation du danger d’avalanche de neige mouillée en cours de journée jusqu’au degré limité (degré 2), 5 personnes par danger marqué (degré 3) et une personne par fort danger (degré 4). 2 personnes ont perdu la vie dans une avalanche avant le début de la diffusion des degrés de danger. Une personne a été ensevelie par une avalanche, et n’a pas encore pu être retrouvée à ce jour. Les victimes d’avalanches se répartissent comme suit: zones de randonnées: 14 personnes; zones de hors-piste: 7 personnes. 3 accidents avec 3 tués ont eu lieu sur le versant nord des Alpes, 10 accidents avec 11 victimes en Valais et 6 accidents avec 7 victimes dans les Grisons (figure 18). Un nombre particulièrement élevé d’accidents concerne le sud du Valais entre le 12 et le 16 février (5 accidents avec 6 victimes) ainsi que la haute montagne entre le 12 et le 14 avril (3 accidents avec chacun une victime).

 

Avalanches avec dégâts matériels

42 avalanches ont occasionné des dégâts matériels (aux bâtiments, aux infrastructures ou à la forêt) ou ont donné lieu à des opérations de recherche et de dégagement (photo 19). Ce sont tout particulièrement les avalanches de glissement qui ont donné lieu à des dégâts matériels et des opérations de recherche.

 

Le rapport détaillé relatif aux avalanches ayant provoqué des dommages corporels et des dégâts matériels est généralement publié l’année suivante après la saisie et l’exploitation de toutes les données dans la publication „Neige et avalanches dans les Alpes suisses 2012/13“.

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Degrés de danger

 

Comme le montre la figure 20 (en haut), le degré de danger 4 (fort) a été annoncé pour 10 journées: les 07 et 08.12.2012 dans l'extrême ouest ainsi que dans certaines parties du nord du Valais et du versant nord des Alpes, les 17 et 18.12.2012 uniquement dans l'extrême ouest, le 02.02.2013 dans de grandes parties du Bas-Valais ainsi que dans certaines parties du Chablais et des Alpes vaudoises, le 16.04.2013 dans de grandes parties du Valais et de la crête principale des Alpes (avalanches de neige mouillée comme danger principal), les 20 et 21.04.2013 d’abord dans l’ensemble des Alpes suisses sans les Préalpes et sans certaines parties du centre du versant sud des Alpes, puis dans certaines parties de la crête principale des Alpes situées dans le Haut-Valais et du nord du Tessin (à chaque fois avalanches de neige sèche et de neige mouillée comme danger principal) et les 27 et 28.04.2013 dans certaines parties de la crête principale des Alpes situées dans le Haut-Valais et du nord du Tessin (à chaque fois avalanches de neige sèche et de neige mouillée comme danger principal).

Un danger marqué d'avalanche (degré 3) a été annoncé dans 36% des cas et un fort danger d'avalanche (degré 4) dans 1% des cas, ce qui correspond plus ou moins à la moyenne pluriannuelle (figure 21). Un danger limité d'avalanche (degré 2) était plus fréquent que la normale avec 56% des cas, un faible danger d'avalanche (degré 1) moins fréquent avec 7% des cas. Le degré de danger 5 (très fort) n’a jamais été utilisé.

 

En raison des abondantes chutes de neige répétées, la prévision du danger d'avalanche au cours du mois de décembre concernait le plus souvent un degré marqué (degré 3). Le danger limité (degré 2) a été peu utilisé, et le danger faible (degré 1) n’a pratiquement pas été utilisé. Dès le passage à l’année 2013, on a eu affaire à une constitution fragile du manteau neigeux dans le sud du Valais ainsi que dans de grandes parties des Grisons, ce qui était l’une des raisons pour lesquelles le degré de faible danger (degré 1) a été plus rarement utilisé par rapport à la moyenne pluriannuelle. Au cours de la première moitié du mois de janvier, le danger d'avalanche pouvait être qualifié comme faible (degré 1) dans certaines parties du versant nord des Alpes. Un vent soufflant parfois fort ainsi que les chutes de neige de la seconde moitié du mois ont donné lieu à une utilisation fréquente des degrés de danger limité (degré 2) et marqué (degré 3). Les abondantes chutes de neige répétées de début février justifiaient l’utilisation du degré de danger marqué (degré 3) et rendaient impossible un retour au degré du danger limité (degré 2). Dans la seconde moitié du mois de février, la Suisse était placée sous l’influence d’un anticyclone et la situation avalancheuse s’est développée de plus en plus favorablement. Le danger d'avalanche était le plus souvent évalué au degré limité (degré 2) et faible (degré 1). Pendant la première moitié du mois de mars, le danger d'avalanche était le plus souvent soumis à une augmentation en cours de journée. Il y a eu ensuite une brève période de temps froid et quelques faibles chutes de neige qui ont donné lieu à une augmentation du danger d'avalanche jusqu'aux degrés limité (degré 2) et marqué (degré 3). En avril, en l’absence d’une période de beau temps, il n’y a pas eu de situation classique de printemps avec un faible danger d'avalanche le matin et une augmentation du danger en cours de journée pendant plusieurs journées. Cet élément est une raison supplémentaire de l’utilisation plus rare du degré de faible danger (degré 1) en comparaison avec la moyenne pluriannuelle. A haute altitude et en haute montagne, la situation avalancheuse en avril était souvent hivernale avec un danger marqué (degré 3) et un danger limité (degré 2) d’avalanche de neige sèche (figure 20, en haut). De plus, un cycle net d’avalanches de neige mouillée et deux épisodes relativement importants de chutes de neige ont donné lieu à l’utilisation à diverses reprises du degré de fort danger (degré 4) au cours de la seconde moitié du mois d’avril.

 

Comme le montre la répartition des degrés de danger (figures 21 et 22), l'hiver 2012/13 était un peu plus dangereux qu’un hiver correspondant aux moyennes pluriannuelles. L’hiver actuel est du point de vue de la répartition des degrés de danger comparable à l'hiver 2005/06. Cet hiver également était caractérisé par des chutes de neige intensives de décembre à février, par une mauvaise constitution du manteau neigeux dans les régions intra-alpines et par une activité élevée d'avalanches de neige mouillée au printemps.

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Bulletins d'avalanches

Pendant l’année hydrologique 2013, 187 bulletins d’avalanches ont été diffusés. Parmi ceux-ci, 161 étaient des bulletins d’avalanches quotidiens diffusés entre le 27.11.2012 et le 05.05.2013. Les 26 autres bulletins d’avalanches ont été diffusés en fonction de la situation pendant les mois d'octobre 2012 et de mai 2013 ou pendant l'été.

Dates de diffusion des bulletins d’avalanches au cours de l'hiver 2012/13 (situation au 30 septembre 2013).

Type de bulletins d'avalanches Date de diffusion
Bulletins d'avalanches en fonction de la situation à l'automne 2012 (13) 08.10., 14.10., 25.10., 28.10., 30.10., 02.11., 06.11., 09.11., 11.11., 15.11., 19.11., 22.11. und 25.11.2012
Premier bulletin d'avalanches quotidien 27.11.2012
Premières évaluations matinales 04.12.2012
Dernières évaluations matinales 14.04.2013
Dernier bulletin d'avalanches quotidien 05.05.2013
Bulletins d'avalanches en fonction de la situation pendant la fin de l'hiver ainsi qu'en été 2013 (13) 10.05., 13.05., 15.05., 17.05., 19.05., 21.05., 23.05., 24.05., 27.05., 30.05., 01.06., 03.06. und 16.09.2013
 

Renouvellement du bulletin d'avalanches

Le bulletin d'avalanches national est diffusé depuis 1945, et depuis 1997/98, paraissent également le matin des bulletins d'avalanches régionaux. Pour l’hiver 2012/13, les bulletins d'avalanches ont été renouvelés et optimisés pour la diffusion par Internet et sur smartphones.

 

Pyramide de l’information

Comme base de structuration de l’information, il y a la „pyramide de l’information“: Pour un aperçu général, il y a tout d’abord le degré de danger, suivi de la „zone clé“ (altitudes et expositions particulièrement menacées), puis la description du danger ainsi que des informations complémentaires sur le manteau neigeux, la météo et les valeurs de mesure (figure 23).

 

Le bulletin d'avalanches est diffusé à partir de l’hiver 2012/13, deux fois par jour à savoir à 08h00 et à 17h00, systématiquement en quatre langues (allemand, français, italien et anglais), pour l’ensemble des Alpes suisses et dans certains cas également pour le Jura.

Cette diffusion est possible grâce à la traduction automatisée basée sur un catalogue de phrases. La description du danger est ainsi constituée par simple „clic“ sur un set de phrases prédéfinies. Chacune de ces phrases est sauvegardée dans la base de données en français, en italien et en anglais, de sorte que toutes les traductions sont immédiatement disponibles.

Les différentes phrases ne sont pas fixes et se composent de divers éléments pour lesquels il est possible de sélectionner dans une liste les notions prédéfinies (p. ex. „Le danger augmente/diminue jusqu’au degré limité/marqué/fort“). Cette solution permet la formation de plusieurs milliards de phrases différentes. La description du danger est ainsi suffisamment précise dans chaque situation.

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Été (juin à septembre 2013)

 
 

Les périodes neigeuses et avalancheuses significatives de juin à septembre, telles qu'elles sont numérotées sur la figure 24, sont brièvement décrites ci-après:

1: Après une forte fonte de la neige, il a neigé à nouveau fin juin à partir de 2000 m
Les 27 et 28 juin, quelques centimètres de neige sont tombés au-dessus de 2000 m environ sur une grande partie du territoire. Le 29 juin, de 10 à 25 cm de neige sont à nouveau tombés au-dessus de 2500 m environ en Valais et dans le nord des Grisons. La neige fraîche était transportée par un vent modéré à fort de secteur ouest. En haute montagne, la neige soufflée fraîche était susceptible de se décrocher, surtout sur les pentes exposées au nord et à l'est. Avec la montée de l'isotherme zéro degré à 3000 m et au-delà de cette altitude après les chutes de neige, des coulées de neige humide meuble se sont déclenchées sur les pentes raides ensoleillées. Le 30 juin, trois déclenchements d'avalanches entraînant l'ensevelissement partiel d'au moins une cordée ont été signalés dans les hautes montagnes du Valais.

Fin juin, la limite de la neige se situait aux alentours de 2400 m sur le versant nord des Alpes, dans le nord du Valais ainsi que dans le nord et le centre des Grisons et à 2600 m à 2800 m dans le sud du Valais, sur le versant sud des Alpes et en Engadine. A 2500 m, il y avait encore relativement beaucoup de neige dans certaines régions avec des hauteurs de 1 à 2 mètres, surtout sur la crête nord des Alpes et dans toute la région du Gothard.

2: En juillet, le temps était généralement ensoleillé et l'isotherme zéro degré n'est nettement descendue qu'une seule fois en dessous de 4000 m
Au cours du mois de juillet, les températures de plein été ont donné lieu à une fonte intensive de la neige. Le 28 juillet, le passage d'un front froid a donné lieu à une chute des températures de quelque 15 degrés. Des orages parfois violents ont apporté sur une grande partie du territoire de 30 à 50 mm de précipitations et jusqu'à 80 mm dans l'ouest. Dans les parties orientales des Grisons, les pluies étaient les moins abondantes avec 10 à 30 mm. Ce n'est qu'au-dessus de 4000 m environ que les millimètres de pluie correspondaient à des centimètres de neige.

3: Août était généralement ensoleillé et doux avec de la neige au début uniquement en haute montagne
Au cours de la première moitié d'août, l'isotherme zéro degré se situait généralement au-dessus de 4000 m. Du 7 au 9 août, une situation de barrage météorologique côté sud suivie par le passage d'un front froid a donné lieu aux précipitations les plus abondantes avec 80 à 120 mm de pluie sur le versant sud des Alpes sans le Sottoceneri. Les quantités de précipitations diminuaient nettement à mesure que l'on se dirigeait vers le nord. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 3200 m. Ensuite, il y a eu 10 jours de temps sec. Les 19 et 20 août, un nouveau front froid avec une brève phase de barrage météorologique a apporté quelque 50 mm de précipitations dans la région de l'est. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 3000 m.

4: Passage d'un front froid avec de la neige fraîche à partir de 2200 m environ
Le 25 août, un front froid a apporté de 20 à 40 mm de précipitations dans l'ouest des Préalpes, sur l'est du versant nord des Alpes, dans le nord des Grisons ainsi qu'en Engadine. La limite des chutes de neige est descendue temporairement à environ 2200 m. Au-dessus de 3300 m environ, ces précipitations sont entièrement tombées sous forme de neige.

5: De la pluie intensive interrompt la magnifique météo d'automne de début septembre
Après une première semaine de septembre le plus souvent ensoleillée et chaude, il a neigé intensivement dans certaines régions le 8 septembre, et tout particulièrement au cours de la nuit du 8 au 9 septembre. La limite des chutes de neige se situait au début au-dessus de 3000 m et n'est descendue qu'à la fin des précipitations à environ 2400 m. Sur une grande partie du versant sud des Alpes, les précipitations atteignaient de 80 à 100 mm, et elles étaient les plus abondantes avec 150 mm dans la partie la plus occidentale du Tessin. Dans les autres régions, les précipitations étaient nettement plus faibles. Les précipitations ne sont tombées intégralement sous forme de neige qu'au-dessus de 3000 m environ.

6: La plus forte offensive hivernale de l'été 2013Au cours de précipitations parfois intensives, de 50 à 80 mm de neige sont tombés entre le 16 et le 19 septembre sur le centre et l'est des Préalpes. Sur le reste du versant nord des Alpes et dans l'ouest du Bas-Valais, on enregistrait de 30 à 50 mm de précipitations; ailleurs, elles étaient plus faibles. Sous l'influence d'air polaire frais, la limite des chutes de neige est descendue temporairement le 17 septembre en dessous de 1500 m, mais elle est remontée brièvement le 18 septembre à 2700 m et oscillait le 19 septembre aux alentours de 2200 m. Par conséquent, ce n'est qu'au-dessus de 3000 m environ que les précipitations sont tombées intégralement sous forme de neige.Le 16 septembre, un bulletin d'avalanches lié à la situation a été diffusé. A haute altitude, où la neige fraîche s'était déposée sur un sol nu, il mettait en garde tout particulièrement contre un danger d'avalanche de neige humide et en haute montagne, contre un danger d'avalanche de neige sèche.En dépit de plusieurs épisodes de chutes de neige jusqu'à moyenne altitude, ce n'est qu'en haute montagne que le danger d'avalanche était à l'ordre du jour au cours de l'été 2013. En raison des conditions météorologiques douces à la fin de l'année hydrologique, la neige fraîche du mois de septembre s'est à nouveau fortement tassée, y compris en haute montagne, surtout sur les pentes fortement ensoleillées. Sur les pentes à l'ombre, la neige avait en revanche subi de plus en plus une métamorphose constructive à grains anguleux et était meuble.

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Flash hiver (Edition 17 avril 2013)

 

L’hiver a commencé dès le mois d’octobre par deux épisodes de chutes de neige jusqu’à basse altitude. De fin novembre à mi-décembre, il a neigé abondamment à diverses reprises. Dans l’ouest et dans le nord, les hauteurs de neige atteignaient déjà à la mi-décembre deux à trois fois la valeur moyenne pluriannuelle. Les fortes chutes de neige se sont encore poursuivies jusqu’à la mi-janvier. Ensuite, il a fait très froid. En février, il a neigé fréquemment et abondamment, surtout dans le nord. En mars, il n’y a eu que temporairement des avalanches de neige mouillée et des avalanches de glissement, mais il a en revanche neigé à diverses reprises jusqu’à basse altitude des deux côtés des Alpes. Considérées sur l’ensemble de la période examinée, les hauteurs de neige étaient le plus souvent supérieures aux valeurs moyennes dans l’ouest et dans le nord; elles correspondaient à ces valeurs dans le nord et le centre des Grisons, et elles étaient inférieures aux moyennes habituelles en Engadine et sur la façade sud des Alpes.
En moyenne, 25 personnes perdent la vie chaque année dans des avalanches en Suisse. Cette année, on dénombrait à la mi-avril 21 victimes d’avalanche.

 

Evolution de l'hiver

Le mois d’octobre a commencé par un temps assez ensoleillé et doux. Le 7 octobre, il y a eu des précipitations dans le nord. Globalement, on enregistrait sur une grande partie du territoire du versant nord des Alpes de 50 à 100 mm de précipitations du 7 au 11 octobre. Ce n’est qu’en haute montagne que ces précipitations sont tombées sous forme de neige. Par la suite, la nébulosité était variable. Avec une forte poussée d’air froid au cours de la nuit du 14 au 15 octobre, la limite des chutes de neige est descendue aux alentours de 600 m. Ceci constituait la première offensive hivernale de l’année hydrologique 2013. L’apport de neige était le plus important sur le centre de la crête principale des Alpes avec 50 à 70 cm, et il n’était que de 20 cm environ dans le nord. Par la suite, le temps est redevenu plus doux. Les 21 et 22 octobre, l'isotherme zéro degré est montée à plus de 4000 m. La deuxième offensive hivernale a eu lieu le 27 octobre. Avec de forts courants de secteur nord-ouest, la limite des chutes de neige est descendue rapidement jusqu’à basse altitude. Le 29 octobre, l’apport de neige atteignait de 30 à 50 cm dans certaines parties du versant nord des Alpes, dans le sud du Haut-Valais et sur la crête principale des Alpes depuis le Rhin postérieur jusqu’en Haute-Engadine. Ensuite, le temps était généralement ensoleillé mais froid. Le 31 octobre, il a commencé à neiger dans le sud.

Les précipitations de la fin octobre ont duré jusqu’au 2 novembre. Sur la crête principale des Alpes et au sud de celle-ci, on enregistrait de 15 à 30 cm de neige fraîche au-dessus de 2000 m environ. La deuxième situation de barrage météorologique avec des vents de secteur sud-ouest a eu lieu dès le 3 au 6 novembre. Quelque 20 à 40 cm de neige sont tombés sur une grande partie du territoire au-dessus de 2500 m environ. Ensuite, le temps était partiellement ensoleillé jusqu’au 9 novembre et il faisait plus chaud d’environ 10 degrés que les jours précédents. Les 10 et 11 novembre, près d’un demi-mètre de neige est tombé au-dessus de 2500 m environ sur la crête principale des Alpes depuis le Mont Rose jusqu’à la région de la Bernina et au sud de ces régions. Des départs spontanés d'avalanches ont été observés localement à partir de pentes exposées au nord à des altitudes élevées. Pendant les deux semaines qui ont suivi jusqu’au 25 novembre, on a eu affaire à un temps généralement ensoleillé et doux de fin d’automne. Ces conditions ont permis progressivement la fonte totale de la neige sur les pentes exposées au sud. Sur les pentes exposées au nord, le manteau neigeux se métamorphosait donnant lieu à la formation de cristaux de neige anguleux. Ces conditions ont créé un mauvais substrat pour les nouvelles chutes de neige qui sont intervenues le 26 novembre et se sont poursuivies jusqu’au 30 novembre. Il a d’abord neigé abondamment sur la crête principale des Alpes et au sud de celle-ci avec des quantités de 80 à 140 cm de neige. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 1800 m. Par la suite, le vent s’est orienté au nord et il a également neigé sur le versant nord des Alpes où l’on enregistrait quelque 20 à 40 cm de neige fraîche jusqu’à basse altitude. Des avalanches spontanées d’ampleur moyenne, mais localement aussi de grande ampleur, se sont déclenchées dans les régions touchées par les précipitations les plus abondantes. Pour la première carte de danger de l’hiver 2012/13 diffusée pour le 28 novembre, il était déjà fait mention d’un degré de danger 4 (fort) dans les principales régions touchées par les précipitations.

Après la brève influence d’une crête anticyclonique début décembre, il y a eu du 3 au 6 décembre des chutes de neige généralement jusqu’à basse altitude et accompagnées de vents soufflant en tempête. Dans le Bas-Valais, dans le nord du Valais et sur le versant nord des Alpes, on enregistrait de 80 à 120 cm de neige fraîche, et dans le sud du Haut-Valais, dans la région du Gothard ainsi que dans le Prättigau, de 40 à 80 cm. Les 6 et 7 décembre, il y a eu une pause „prolongée“ dans les précipitations avant de nouvelles chutes de neige. Le matin du 12 décembre, l’apport de neige atteignait de 80 à 160 cm sur le versant nord des Alpes, et de 20 à 40 cm en Valais. Le vent était généralement modéré à fort de secteur nord. Il a donné lieu à la formation de couches de neige soufflée qui se liaient mal à la neige fraîche sous-jacente. Sur les pentes à l’ombre, un manteau neigeux fragile a été recouvert de neige fraîche, de sorte que les avalanches se décrochaient également dans les couches profondes et atteignaient une grande ampleur. Sur une grande partie du territoire, le danger d'avalanche a été évalué au degré 3 (marqué) les 7 et 8 décembre dans l'extrême ouest et dans certaines parties du versant nord des Alpes, et le 10 décembre, le danger d’avalanche a même été évalué au degré 4 (fort) dans certaines parties du centre du versant nord des Alpes. A la mi-décembre, les hauteurs de neige à 2000 m atteignaient avec 120 à 200 cm déjà deux à trois fois la moyenne pluriannuelle. Sur le Plateau central également – par exemple à St-Gall avec 48 cm – il y avait un manteau neigeux imposant.
Le 15 décembre, il a à nouveau commencé à neiger. Le 19 décembre, les plus grandes quantités de neige fraîche tombées au-dessus de 1800 m environ atteignaient de 100 à 140 cm dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais et dans le nord du Valais. Sur l’ouest et le versant nord des Alpes, dans le reste du Valais ainsi que dans la région du Gothard et dans la région de la Bernina, l’apport de neige était de 30 à 80 cm. Dans l'ouest et dans le nord, plusieurs avalanches spontanées parfois de grande ampleur se sont produites. Dans la région de Trient, les avalanches sont descendues jusque dans les vallées. Les 17 et 18 décembre, le degré de danger 4 (fort) prévalait dans l'extrême ouest. Du 19 au 22 décembre, le temps était ensuite partiellement ensoleillé. Au cours de la nuit du 22 au 23 décembre, de 20 à 40 cm de neige sont tombés sur une grande partie du territoire. Avec une limite des chutes de neige élevée, il a cependant plu jusqu’à plus de 2000 m d’altitude. De nombreuses avalanches de neige mouillée et avalanches de glissement parfois de grande ampleur se sont produites. Le 23 décembre était la journée la plus avalancheuse de l’hiver 2012/13 (photo 1). Dans certaines parties des Grisons et du Valais, le degré de danger 4 (fort) prévalait le matin.
Sous l’influence du foehn, le temps s’est brièvement adouci et est resté sec pendant les journées de Noël. Le 26 décembre, il a à nouveau commencé à neiger dans l'ouest et dans le sud. Le 27 décembre, les précipitations se sont également déplacées vers l’est. Le 28 décembre, l’apport de neige atteignait de 30 à 50 cm dans l'extrême ouest, sur la crête nord des Alpes, dans le nord des Grisons ainsi qu'en Basse-Engadine. A la fin de l’année, le temps était ensuite très ensoleillé.

 

Le mois de janvier était d’abord couvert de nuages dans le nord, mais par la suite le temps était assez ensoleillé dans toutes les régions. Le 4 janvier, a commencé une phase de vent fort de secteur nord transportant la neige ancienne meuble. Des accumulations moyennes de neige soufflée se sont formées plus particulièrement le long de la crête principale des Alpes. Le danger d’avalanche a par conséquent été évalué brièvement au degré 3 (marqué) en altitude. Le 10 janvier, un front froid a mis un terme au temps beau et doux des jours précédents. Aux premières heures de la matinée du 12 janvier, on enregistrait de 30 à 50 cm de neige fraîche et localement jusqu’à 70 cm sur le versant nord des Alpes et dans certaines parties du Valais. La limite des chutes de neige se situait aux alentours de 800 m. En cours de journée, le temps est devenu ensoleillé partout, et on n'a pratiquement pas signalé de déclenchements d’avalanches en dépit des quantités relativement importantes de neige fraîche.
Du 13 au 17 janvier, le temps était déterminé par une dépression. Il faisait froid et il neigeait constamment, parfois avec une intensité très élevée: en l’espace de sept heures, près de 40 cm de neige sont par exemple tombés à la station IMIS „Schilthorn“ (BE). Le 19 janvier, le vent s’est orienté au secteur sud-ouest et une puissante situation de foehn de secteur sud s’est installée. En l’espace de deux jours, les températures à la mi-journée ont augmenté de quelque 20 degrés dans le nord. Le 22 janvier, le foehn de secteur sud et les précipitations dans le sud ont pris fin. Globalement, on enregistrait de 30 à 50 cm de neige fraîche dans l'est du Tessin, dans le Valle Calanca et dans le Misox, dans le Rheinwald ainsi que dans le Valle Bregaglia et la vallée de Poschiavo. Les quantités de neige fraîche diminuaient nettement à mesure que l’on se dirigeait vers le nord. Par la suite, le temps était généralement ensoleillé. Le 24 janvier, le brouillard élevé a envahi les vallées suisses à partir du nord avec une limite supérieure aux alentours de 2000 m. Au-dessus de ce brouillard, le soleil régnait sans partage jusqu’au 27 janvier.
Au cours de la nuit du 27 au 28 janvier, de 10 à 25 cm de neige sont tombés jusqu’à basse altitude dans le nord et dans l'extrême ouest. La neige fraîche et la neige soufflée se sont déposées sur une surface de neige ancienne ayant souvent subi une métamorphose constructive à grains anguleux, surtout dans les zones à l’ombre. C’est la raison pour laquelle peu de neige fraîche suffisait pour faire augmenter le danger d'avalanche au degré 3 (marqué). Après une journée généralement ensoleillée le 28 janvier, de nouveaux nuages ont envahi le ciel le 29 janvier. De faibles précipitations sont tombées dans toutes les régions, sauf dans le sud. Sur une grande partie du territoire, la limite des chutes de neige se situait au-dessus de 2000 m. La pluie a donné lieu à des avalanches et des coulées de neige humide ou mouillée. A partir du 29 janvier, un vent de secteur ouest soufflait parfois en tempête en haute montagne. Sur une grande partie du territoire, le danger d'avalanche était évalué au degré 3 (marqué).

Le mois de février a commencé avec beaucoup de neige fraîche. De 60 à 80 cm de neige sont tombés au-dessus de 2000 m environ sur le versant nord des Alpes, dans le Bas-Valais et dans le nord du Valais. Ces précipitations intensives ont donné lieu à de nombreuses avalanches spontanées, tout particulièrement dans les régions les plus occidentales du Valais où le danger d’avalanche était évalué au degré 4 (fort) le 2 février. Le 3 février était temporairement ensoleillé. Au cours de la nuit du 3 au 4 février, il y a eu de nouvelles chutes de neige à partir du nord-ouest. Le 5 février, l’apport de neige était le plus important sur le centre et l’est du versant nord des Alpes, où l’on enregistrait parfois jusqu’à un demi-mètre de neige fraîche. Après une accalmie météorologique, il a à nouveau neigé dans le nord du 6 au 10 février. Dans les Préalpes, jusqu’à 140 cm de neige sont tombés en l’espace de quatre jours. Les températures avaient sensiblement diminué. Il faisait le plus froid au cours de la nuit du 9 au 10 février, sur la Glattalp dans le Muotatal (1850 m) avec -40 °C. En raison du froid, la neige ne se tassait que lentement. Un vent faible de secteur ouest suffisait pour transporter la neige très meuble. Dans les régions touchées par les précipitations les plus abondantes, le danger d'avalanche se situait au niveau supérieur du degré 3 (marqué). Sous l’influence croissante d’un anticyclone, le temps est devenu assez ensoleillé à partir du 16 février, si l’on ne tient pas compte de la présence du brouillard élevé sur le versant nord des Alpes avec une limite supérieure aux alentours de 1800 m. Ce brouillard a donné lieu temporairement à des chutes de neige, celles-ci étant les plus importantes dans les Préalpes avec localement jusqu’à 40 cm de neige fraîche.
Entre le 24 et le 26 février, quelque 50 à 70 cm de neige sont tombés dans le Mendrisiotto et dans la région du Simplon. Sur le reste de la crête principale des Alpes depuis Saas Fee jusque dans le Binntal ainsi que dans l’ouest du Tessin, l’apport de neige était de 20 à 30 cm. Les chutes de neige étaient accompagnées d’un vent faible, mais en Valais la neige s’est déposée sur une surface de neige ancienne défavorable.
A partir du 26 février, le temps est devenu ensoleillé et plus doux au-dessus du brouillard élevé dans le nord et également dans les autres régions. Dans les régions du Valais touchées par les précipitations les plus abondantes, le danger d'avalanche n’a diminué que lentement en raison d’un manteau fragile de neige ancienne. Dans les autres régions, les conditions de randonnées étaient de plus en plus favorables.

Au-dessus du brouillard élevé sur le versant nord des Alpes, le mois de mars a commencé par un temps ensoleillé. Sous l’effet de l’ensoleillement, le danger d’avalanche de neige mouillée et d’avalanche de glissement a augmenté. Le 2 mars a eu lieu la première diffusion d’une double carte de l’hiver 2012/13, et les 3 et 4 mars, un degré de danger 3 (marqué) d'avalanche de neige mouillée était annoncé dans certaines régions. Sur une grande partie du territoire, le danger d'avalanche de neige sèche était évalué au degré 1 (faible). Le 9 mars, de faibles pluies et une nuit couverte ont donné lieu dès la matinée à de nombreuses avalanches de neige mouillée et avalanches de glissement. Cette fois-ci, cela concernait également les pentes exposées au nord en dessous de 2000 m environ. Sous l’effet du refroidissement qui a suivi, le manteau neigeux s’est stabilisé à nouveau à partir du 10 mars. Le danger d’avalanche de neige sèche est resté favorable jusqu’au 14 mars. Quelque 30 cm de neige sont ensuite tombés dans le nord jusqu’au 15 mars. Le 16 mars, le temps était généralement ensoleillé et nettement moins froid. Du 17 au 19 mars, des chutes de neige accompagnées de vents tempétueux de secteur sud-ouest ont apporté environ 50 cm de neige fraîche sur l’ouest du versant nord des Alpes, dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais ainsi que dans le nord du Valais, sur le versant sud des Alpes et en Haute-Engadine. Sur une grande partie du territoire, le danger d’avalanche était évalué au degré 3 (marqué). Outre de nombreux déclenchements par des personnes, un grand nombre de départs spontanés d'avalanches ont été signalés, surtout dans les régions du Valais où la neige fraîche était abondante.
A partir du 19 mars, le temps est devenu variable avec des vents de secteur ouest. Le 21 mars, l’apport de neige atteignait de 10 à 20 cm. Le 22 mars, il a fait temporairement doux. Sous l’effet du premier réchauffement de la neige fraîche, la situation avalancheuse était délicate sur une grande partie du territoire. Par la suite, les conditions étaient de plus en plus favorables, sauf dans le sud du Valais et dans de grandes parties des Grisons. Dans ces régions, les couches de neige fraîche et de neige soufflée recouvraient un manteau fragile de neige ancienne et étaient dès lors plus longtemps susceptibles de se décrocher.
A la fin du mois, il a à nouveau neigé du 28 au 31 mars. De 30 à 60 cm de neige sont tombés au-dessus de 1600 m environ dans l'extrême ouest, dans le nord du Valais et sur le versant nord des Alpes, et de 10 à 30 cm dans les autres régions. Dans les régions avec beaucoup de neige fraîche, les opérations de déclenchement artificiel d’avalanches ont été couronnées de succès. On a cependant aussi signalé de nombreux déclenchements par des personnes, surtout dans les régions avec un manteau fragile de neige ancienne.

Dans les montagnes, le début du mois d'avril était le plus souvent ensoleillé. En raison des températures relativement „froides“, des avalanches de neige mouillée ou de glissement n'ont été signalées que localement. La situation avalancheuse a été évaluée comme étant de plus en plus favorable. Le 5 avril, il a neigé faiblement dans le sud. Par la suite, le ciel était généralement très nuageux dans le nord avec une couverture neigeuse montant jusqu'à haute altitude. Dans le sud, le temps était assez ensoleillé. Du 8 au 10 avril, de 20 à 40 cm de neige sont tombés au-dessus de 1600 m environ sur le versant nord des Alpes à l'ouest de la Reuss ainsi que dans le Bas-Valais; ailleurs, l'apport de neige était plus faible. Comme les chutes de neige étaient accompagnées d'un vent fort de secteur sud-ouest, elles ont donné lieu à la formation d'accumulations fragiles de neige soufflée. Dans les régions avec des quantités importantes de neige fraîche, le danger d'avalanche a été évalué au degré 3 (marqué). On avait affaire à des conditions de plein hiver.
A partir du 11 avril, les températures ont augmenté nettement. Aux altitudes supérieures à 2400 m environ, la première humidification de la neige de l'hiver 2012/13 était en vue. Au cours des journées qui ont suivi, il fallait s'attendre à une activité accrue d'avalanches de neige mouillée et d'avalanches de glissement. A la mi-avril, avec 200 à 300 cm de neige dans le nord et dans l'extrême ouest, il y avait nettement plus de neige que la moyenne pluriannuelle. Dans les Grisons, les hauteurs de neige correspondaient largement aux valeurs moyennes et dans le Tessin, elles étaient légèrement inférieures aux données moyennes.

 

Classification climatique

Sur la base de mesures effectuées dans toute la Suisse aux stations de MétéoSuisse, l’hiver dernier (novembre 2012 – mars 2013) était légèrement trop froid. Seul le mois de novembre était plus chaud que la normale. Les quantités de précipitations étaient supérieures à la normale surtout sur le Plateau central, et elles étaient légèrement inférieures aux données moyennes dans les Alpes. En raison des températures relativement froides, les quantités de neige fraîche étaient, elles aussi, supérieures aux valeurs moyennes en de nombreux endroits de la façade nord des Alpes. Sur le Plateau central entre Genève, Bâle, Zurich et St-Gall, elles atteignaient même le double des quantités normales. Dans le Tessin, en Engadine et dans le centre des Grisons, les quantités de neige fraîche étaient en revanche légèrement inférieures à la moyenne. Ce ne sont cependant pas les quantités de neige fraîche qui étaient vraiment inhabituelles, mais au contraire le grand nombre de jours avec de la neige fraîche. Pour de nombreuses stations du Plateau central suisse, il faut remonter l’hiver 1986/87 pour trouver davantage de journées avec de la neige fraîche. En dessous de 1000 m, il a neigé environ un jour sur quatre ou sur six entre décembre et mars, et au-dessus de cette altitude, la fréquence des chutes de neige était même d’un jour sur deux à un jour sur trois. Compte tenu de cette fréquence élevée de chutes de neige, il ne restait plus beaucoup de journées au cours desquelles le soleil pouvait se manifester. Il n’est dès lors pas étonnant qu’au cours de la période examinée, les stations de MétéoSuisse aient enregistré une durée d’ensoleillement nettement plus faible que la normale. Sur une grande partie du Plateau central, les nombreux jours avec de la neige fraîche se sont traduits, à la mi-décembre, par un manteau neigeux d’une épaisseur de 30 à 50 cm, égalant ainsi parfois les hauteurs de neige de décembre 1999 et donnant même lieu dans certains cas à de nouvelles valeurs maximales aux stations de l’ouest situées à une altitude relativement élevée. La période suivante, aux alentours de Noël, était ensuite caractérisée par une météo de fonte de neige si marquée que ce n’est qu’au-dessus de 800 m que la neige a pu persister. Les chutes de neige relativement importantes dans l'ouest ont eu pour conséquence que les hauteurs de neige au-dessus de 1000 m à toutes les stations à l’ouest de la région de Gothard sont restées constamment supérieures aux valeurs moyennes de début décembre à fin mars. En revanche, les hauteurs de neige dans le nord et le centre des Grisons correspondaient seulement aux valeurs moyennes, et en Engadine ainsi que sur le versant sud des Alpes, elles étaient dans la plupart des cas inférieures aux données moyennes.

 

Danger d'avalanche, manteau neigeux et activité avalancheuse

Au cours de l’hiver 2012/13, le danger d’avalanche a été évalué comme suit: (entre parenthèses: moyenne des 15 dernières années, à chaque fois de décembre à avril, cf. figure 2): degré de danger 1 (faible): 6% (16%), degré de danger 2 (limité): 56% (48%), degré de danger 3 (marqué): 37% (34%), degré de danger 4 (fort): 1% (2%), degré de danger 5 (très fort): 0% (0,2%).

 

La répartition des prévisions de degré de danger au cours de l'hiver 2012/13, correspondait plus ou moins aux moyennes pluriannuelles. Le degré de danger 1 (faible) a prévalu plus rarement et les degrés de danger 2 (limité) et 3 (marqué) ont prévalu un peu plus souvent que la moyenne des 15 dernières années. Le degré de danger 4 (fort) a été utilisé pour 5 jours lors de l’évaluation de la soirée. Cela concernait surtout le versant nord des Alpes et le Bas-Valais.
Compte tenu des grandes quantités de neige fraîche, la constitution du manteau neigeux était bonne sur une grande partie du nord et de l'extrême ouest, de sorte que „seules“ les couches de neige fraîche et de neige soufflée pouvaient généralement se décrocher sous forme d’avalanches. En revanche, dans les régions intra-alpines ainsi que dans les régions méridionales du Valais et des Grisons, le manteau neigeux avait subi une forte métamorphose constructive et était mou, tout particulièrement aux endroits peu enneigés et dans le voisinage de la limite de la forêt. Il renfermait diverses croûtes durcies de regel. C’est la raison pour laquelle, dans certains cas, des avalanches se décrochaient aussi au niveau des couches plus profondes.

 

Accidents d'avalanche et dégâts matériels

Au 15.04.2013, 135 avalanches impliquant 212 personnes avaient été signalées au SLF pour l’hiver 2012/13. 44 personnes ont été blessées dans des avalanches et 21 personnes ont perdu la vie dans 19 accidents d'avalanche. 12 personnes sont mortes par degré de danger d'avalanche 2 (limité), 1 personne par degré 1 (faible) avec une augmentation du danger d'avalanche de neige mouillée pendant la journée jusqu’au degré 2 (limité), 5 personnes par degré 3 (marqué) et 1 personne par degré 4 (fort). 2 personnes sont mortes dans une avalanche avant la diffusion des degrés de danger. Une personne a été ensevelie par une avalanche et n'a jusqu'à présent pas encore pu être retrouvée.
Les victimes d’avalanches pratiquaient les activités suivantes: randonnée: 14 personnes; hors-piste: 7 personnes. 3 accidents avec au total 3 tués sont survenus sur le versant nord des Alpes, 10 accidents avec au total 11 tués ont eu lieu en Valais et 6 accidents avec au total 7 tués se sont produits dans les Grisons. Un nombre particulièrement élevé d’accidents mortels se sont produits dans le sud du Valais entre le 12 et le 16.02.2013 (5 accidents avec au total 6 tués).
Le total de 21 victimes au 15.04.2013 correspond à la moyenne pluriannuelle. Pour l’ensemble de l’année hydrologique, qui se termine le 30 septembre 2013, la moyenne pluriannuelle est de 25 victimes d’avalanches.
38 avalanches ont donné lieu à des dégâts matériels (touchant des bâtiments, des infrastructures ou la forêt) ou à des opérations de recherche et le dégagement.

 

Bulletins d'avalanches

La diffusion du bulletin d'avalanches quotidien a commencé le 27 novembre 2012. Cette date marque également le lancement du niveau bulletin d'avalanches avec la carte interactive du danger d'avalanche. Une évaluation matinale du danger a été diffusée du 4 décembre 2012 au 14 avril 2013. Le Jura a fait l’objet d’une évaluation pour 10 jours avec un degré de danger 3 (marqué).
Le bulletin d'avalanches avec la prévision de danger d'avalanche et des informations générales sur la situation neigeuse dans les Alpes suisses est diffusé jusqu’à nouvel ordre quotidiennement. Il peut être consulté via www.slf.ch et l’application „White Risk“ du SLF. Il est en outre possible de s’abonner à un service RSS ou SMS pour être averti au cours des premier et dernier mois de la saison hivernale ainsi que pendant l’été de la diffusion d’un bulletin d'avalanches (activation par envoi d’un SMS avec comme texte „START SLF SOMMER“ au 9234; désactivation par envoi d’un SMS avec comme texte „STOP SLF SOMMER“ au 9234. Le coût est de 0.20 CHF/SMS).
Nous renvoyons par ailleurs au bulletin spécifique pour les Alpes de MétéoSuisse sous: www.meteoschweiz.admin.ch, fax au 0900 162 338 (2.00 CHF/Min.) ou téléphone au 0900 162 138 (1.20 CHF/Min.).
La diffusion du bulletin d'avalanches par télétexte, MMS, WAP ainsi que le numéro abrégé 187 ont été arrêtés en novembre 2012. Les données des stations automatiques restent disponibles jusqu’à fin avril 2013 via le numéro abrégé 187.

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